19.09.2013 - UNESCOPRESS

L’éducation influence le développement selon de nouvelles données de l’UNESCO

• Si tous les enfants bénéficiaient d’un accès égal à l’éducation, le revenu par habitant augmenterait de 23 % au cours des 40 prochaines années

• Si toutes les femmes avaient accès à l’éducation primaire, les mariages d’enfants et la mortalité infantile pourraient être réduits d’un sixième et les décès maternels de deux tiers

@World Bank - Shehzad Noorani
Girl writing on slate board in a Primary Education school in Bangladesh

L’éducation a une capacité sans égale à réduire l’extrême pauvreté et à stimuler la réalisation d’objectifs de développement plus ambitieux. C’est notamment ce que révèlent des observations extraites du prochain Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous de l’UNESCO. L’analyse est publiée avant les débats de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’agenda du développement post-2015. Ces résultats donnent de nouvelles preuves qu’investir dans l’éducation, notamment dans l’éducation des filles, réduit l’extrême pauvreté en procurant des avantages significatifs en termes de santé et de productivité, mais aussi de participation démocratique et d’autonomisation des femmes. Cependant, pour démultiplier le pouvoir transformateur de l’éducation, les nouveaux objectifs du développement doivent aller plus loin et veiller à ce que tous les enfants bénéficient non seulement d’une éducation primaire mais aussi d’une scolarisation de bonne qualité dans le secondaire. 

 « Les données publiées aujourd’hui confirment encore plus clairement que par le passé que l’éducation peut transformer les vies et les sociétés d’une manière positive », a déclaré Irina Bokova, la Directrice générale de l’UNESCO. « Cependant, les objectifs mondiaux en matière d’éducation sont loin d’être atteints. Ces nouveaux résultats doivent nous donner l’énergie nécessaire pour tenir les engagements que nous avons pris. »

La nouvelle analyse de l’UNESCO établit que :

L’éducation autonomise les femmes. Les filles et les jeunes femmes éduquées sont plus susceptibles de connaître leurs droits et d’avoir confiance en elles-mêmes pour les faire respecter.

  • En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et de l’Est, près de trois millions de filles sont mariées à 15 ans – soit un âge inférieur à l’âge légal dans la plupart des pays. Si toutes les jeunes femmes achevaient des études primaires, le nombre de très jeunes épouses pourrait être réduit de près de 500 000. L’achèvement des études secondaires pourrait réduire ce nombre de deux millions.
  • Dans ces régions, 3,4 millions de jeunes femmes donnent naissance à un enfant dès l’âge de 17 ans. Si toutes les jeunes femmes achevaient des études primaires, cela se traduirait par une réduction de 340 000 du nombre des naissances précoces, et si toutes les jeunes femmes achevaient des études secondaires, la réduction atteindrait deux millions.

L’éducation promeut la tolérance : L’éducation aide les personnes à comprendre la démocratie, promeut la tolérance et la confiance qui la sous-tend, et incite les personnes à participer à la vie politique de leurs sociétés. Dans 18 pays de l’Afrique subsaharienne, les personnes en âge de voter ayant suivi des études primaires sont 1,5 fois plus susceptibles d’exprimer leur soutien en faveur de la démocratie que celles qui n’ont pas d’éducation, et ce chiffre est multiplié par deux parmi les personnes qui ont achevé des études secondaires. Les résultats démontrent également qu’après le primaire, l’enseignement secondaire fait augmenter la tolérance des personnes à l’égard d’une religion différente ou des personnes s’exprimant dans une langue différente.

L’accès de tous les enfants à l’éducation améliore les opportunités d’emploi et augmente la croissance économique : Si tous les enfants, quel que soit leur contexte ou les circonstances, bénéficiaient d’un accès égal à l’éducation, les gains de productivité stimuleraient la croissance économique. Au cours des 40 prochaines années, le revenu par habitant augmenterait de 23 % dans les pays où les enfants auraient tous accès à l’éducation.

L’éducation fait partie de la solution aux problèmes environnementaux. Les personnes mieux éduquées sont plus susceptibles d’utiliser l’énergie et l’eau d’une façon plus efficace et de recycler les déchets ménagers. Dans 29 pays majoritairement développés, 25 % des personnes qui n’ont pas achevé un cycle d’études secondaires se sont déclaré préoccupées par l’environnement, contre 37 % des personnes ayant achevé des études secondaires et 46 % des personnes ayant suivi des études supérieures. Ces préoccupations se traduisent par des actions concrètes en faveur de l’environnement : en Allemagne, 46 % des personnes ayant suivi des études supérieures avaient signé une pétition ou participé à une manifestation en rapport avec l’environnement au cours des cinq dernières années, contre 12 % parmi les personnes qui n’avaient pas achevé leurs études secondaires.

L’éducation sauve la vie de mères. Dans certains pays, de nombreuses femmes meurent encore en raison de complications liées à une grossesse ou un accouchement.  L’éducation peut empêcher ces décès en aidant les femmes à reconnaître les signes de danger, à rechercher des soins et à s’assurer que des professionnels de la santé qualifiés sont présents lors des accouchements. Si toutes les femmes achevaient ne serait-ce que des études primaires, les décès pourraient être réduits des deux tiers, ce qui sauverait la vie à 189 000 femmes par an.

Certaines maladies infantiles peuvent être évitées grâce à l’éducation. Des solutions simples, telles que les moustiquaires contre le paludisme et l’eau propre, peuvent empêcher certaines des pires maladies infantiles, mais seulement si les mères ont appris à les adopter. La pneumonie, cause la plus fréquente de décès infantile, pourrait reculer de 14 % si les femmes bénéficiaient d’une année d’études supplémentaire. Les diarrhées, troisième cause la plus fréquente de décès infantile, pourraient reculer de 8 % si toutes les mères achevaient leurs études primaires, ou de 30 % si elles suivaient des études secondaires.

L’éducation sauve la vie d’enfants. L’éducation aide les femmes à détecter les signes précurseurs des maladies, à obtenir des conseils et à réagir. Si toutes les femmes des pays pauvres achevaient leurs études primaires, la mortalité infantile diminuerait d’un sixième, ce qui sauverait la vie de près d’un million d’enfants par an. Si toutes ces femmes suivaient des études secondaires, la mortalité infantile serait réduite de moitié, ce qui sauverait la vie de trois millions d’enfants.

L’éducation lutte contre la faim. Grâce à l’éducation, l’effet dévastateur de la malnutrition sur la vie des enfants est évitable. Si toutes les femmes suivaient des études secondaires, elles connaîtraient les nutriments dont les enfants ont besoin ainsi que les règles d’hygiène qu’il convient de suivre et elles seraient également davantage en mesure de se faire entendre au sein des ménages pour apporter des soins appropriés. Ceci permettrait d’éviter à plus de 12 millions d’enfants de souffrir d’une croissance ralentie – signe d’une malnutrition pendant les premières années de la vie.

Pauline Rose, directrice du Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous, a déclaré : « Les donateurs et les responsables de l’élaboration des politiques ne perçoivent pas toujours les énormes avantages d’une éducation de qualité et il est fréquent que l’éducation ne figure pas à l’ordre du jour international. L’analyse publiée aujourd’hui démontre de façon indéniable que cette situation doit changer. Si lors de leur réunion à New York la semaine prochaine, les dirigeants de la planète veulent voir se réaliser les objectifs du développement post-2015, ils doivent prendre acte du rôle central de l’éducation. »

La publication est assortie d’une campagne d’action appelant les dirigeants du monde entier à accorder la priorité à une éducation de qualité et accessible à tous dans le nouvel agenda du développement post-2015. L’intégralité de l’analyse sera disponible lors de la publication du Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous, en janvier 2014. 



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