25.04.2014

Le printemps du jazz à Osaka

© Chris Gladis / CC BY-ND 3.0 - Château d'Osaka

Après Paris et Istanbul, c’est Osaka (Japon) qui a été choisie comme ville hôte pour la troisième édition de la Journée internationale du jazz le 30 avril 2014. Beaucoup plus qu’un genre musical, le jazz est un témoin et un acteur de l’histoire moderne.

Pour Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, « c’est un style de vie, un outil de dialogue et même de changement social. » Initiée  en partenariat avec le Thelonious Monk Institute of Jazz, cette Journée a été adoptée en 2011 par les États membres de l’UNESCO sur une proposition de l’Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, Herbie Hancock, afin de jeter des ponts entre les cultures et les sociétés par le dialogue et la compréhension mutuelle.

Né dans la communauté afro-américaine, le jazz appartient aujourd’hui au monde entier.  Les années 1920 et 1930 ont vu le succès fulgurant du jazz à travers les États-Unis, notamment grâce à Louis Armstrong, natif de La Nouvelle-Orléans, berceau du jazz. C’est à cette période que le jazz a gagné les autres continents. « Les influences culturelles et les interactions musicales tissent entre les cultures des liens qui dépassent les frontières et l’océan, » a expliqué la Directrice générale dans son message dédié à la Journée internationale du jazz.

C’est notamment à Osaka que le premier jazz café japonais a ouvert ses portes en 1933. Dans un contexte d’ouverture progressive vers l’Occident, ce genre musical s’est infiltré dans les grandes villes japonaises, sans pour autant détrôner Osaka, la « Mecque du jazz ». Alors que Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Frank Sinatra se partageaient le répertoire américain de la chanson, des artistes japonais reprenaient des chansons américaines, tout en les adaptant à leur propre langue et culture. L’improvisation – clé de voûte de l’art du jazz – encourage le métissage des musiques, faisant du jazz un langage commun fédérant les peuples.

La musique est, en effet, une porte vers l’universel : plusieurs milliers de langues sont parlées dans le monde, mais seules sept notes sont à la base de toutes les compositions musicales. Outre la trentaine d’artistes internationaux présents pour le concert – retransmis en direct sur le site de l’UNESCO –, seize activités musicales et éducatives auront lieu pendant la journée du 30 avril à la Osaka School of Music, dont une conférence sur l’histoire unique du jazz à Osaka, de même qu’une discussion sur les valeurs du jazz – particulièrement en temps de guerre.

Juan Guivin, organisateur d’un événement en République dominicaine, partage cet avis : « Nous célébrons cette Journée car nous avons la responsabilité de montrer à notre communauté la beauté de ce genre musical ainsi que son message d’unité et de paix. La musique est le meilleur moyen pour se rapprocher des autres. » En effet, la culture incarne les valeurs et l’identité des peuples.

Hannibal Saad, qui prépare quant à lui un  événement intitulé « Jazz for Syria » avec trois concerts simultanés au Liban, en Jordanie et aux Pays-Bas, ajoute : « le jazz est un langage qui ne connaît aucune limite. […] J’espère que ce rassemblement international à travers cette superbe forme d’art apportera plus de joie et de paix aux gens dans le monde. La participation collective apporte plus d’énergie à la défense d’une bonne cause. » La culture protège, répare, régénère.

Nelson Gonzales met en place un événement dans son café aux Philippines et rappelle l’aspiration universelle à la liberté, dont le jazz serait synonyme. L’intervention du légendaire saxophoniste Wayne Shorter à ce sujet sera également retransmise en direct sur notre site. Selon lui, la musique tire sa richesse de sa transversalité : littérature, concepts philosophiques, physique quantique, astrophysique et autres sujets inspirent sa vision de la musique et des arts.

Les 195 États membres de l’UNESCO se joindront à la célébration. Le Thelonious Monk Institute of Jazz œuvre pour la troisième année consécutive avec l'UNESCO et ses bureaux hors Siège, ses commissions nationales, ses réseaux, les écoles associées, les universités et les instituts, les radios et télévisions publiques ainsi qu'avec les ONG, et ce, pour s'assurer de l'engagement de ces entités envers la Journée internationale du jazz 2014.

 

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