29.08.2013

« Arrêtez les destructions ! », exhorte la Directrice générale de l’UNESCO

Des experts se sont réunis pour coordonner l’action visant à sauvegarder le patrimoine culturel syrien

© UNESCO / Professor Maamoun Abdul Karim,
The Al-Omari Mosque

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a appelé aujourd’hui toutes les parties prenantes au conflit en Syrie à sauvegarder le patrimoine culturel du pays et à prendre les mesures qui s’imposent afin d’éviter d’autres destructions. L’appel de la Directrice générale fait suite à une réunion d’experts qui s’est tenue aujourd’hui au siège de l’Organisation dont l’objectif était d’explorer les différentes pistes afin d’éviter des pertes supplémentaires et réparer les dégâts quand ce sera possible et dans les zones où ce sera possible.

« L’UNESCO est prête à utiliser son expertise et ses réseaux pour aider le peuple syrien à préserver son patrimoine culturel exceptionnel », a déclaré la Directrice générale. « La protection du patrimoine est indissociable de la protection des populations, car le patrimoine véhicule les valeurs et les identités d’un peuple ».

« Il a été question aujourd’hui des dégâts importants déjà infligés au patrimoine en Syrie. La destruction de sites comme le souk historique d’Alep, qui a fait la « une »  des médias du monde entier, reflète l’inquiétude et la désolation des gens partout dans le monde. »

« J’exhorte toutes les parties en présence à prendre les mesures nécessaires pour éviter que des dommages supplémentaires soit infligés à ce patrimoine qui compte parmi les plus précieux du monde islamique ».

La réunion qui s’est tenue aujourd’hui, présidée par Irina Bokova, rassemblait notamment Lakhdar Brahimi, Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie ; Stefano de Caro, Directeur général du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM) ; Hannah Pennock, Directrice générale par intérim du Conseil international des musées (ICOM) ; Philippe Allard, Directeur général du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) ainsi que des représentants d’Interpol, la plus grande organisation internationale de police au monde, de l’Organisation mondiale des douanes, de l’Union européenne et des experts de l’UNESCO.

« Le passé de la Syrie est menacé, au même titre que son présent et son avenir », a déclaré Lakhdar Brahimi. « Je peux en témoigner et me faire l’écho de votre message auprès des dirigeants que je rencontre ».

Ils ont approuvé l’action continue de l’UNESCO pour attirer l’attention et partager l’information relative au statut du patrimoine syrien, notamment les six sites du pays inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, les sites archéologiques importants, le patrimoine mobilier, présents notamment dans les musées et dans d’autres collections.

L’UNESCO a organisé des formations à destination des professionnels du patrimoine syriens et de la région en vue de protéger les biens culturels et les collections de la destruction, du pillage et du trafic illégal. L’Organisation a également communiqué l’information dont elle disposait sur les dégâts causés à tous les types de patrimoine afin d’alerter les services des douanes et les marchands d’art sur le patrimoine volé et permettre le respect de l’interdiction internationale du commerce des biens pillés (Convention de 1970) concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels et la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et son premier protocole).

Au cours de cette réunion, l’UNESCO a rappelé son expérience en matière de coordination des actions destinées à préserver le patrimoine en période de conflit, comme ce fut le cas récemment au Mali, en Libye et en Iraq.

« Il n’y a pas de culture sans peuple, ni de société sans culture », a déclaré la Directrice générale en clôture de la réunion.



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