24.09.2013

L'Arche du Retour

©UN Photo/Paulo Filgueiras - De gauche à droite : S.E. John W. Ashe, Président de la 68e Assemblée générale; Rodney Leon, lauréat du concours international pour un mémorial en l'honneur des victimes de traite des esclave ; le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon et la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

La structure de marbre blanc, située à un jet de pierres de l'East River à Manhattan, sera un lieu spirituel  dédié au souvenir. "Face à l'est, nous pouvons nous souvenir d’où nous venons », a déclaré Rodney Leon, architecte d’origine haïtienne installé à New york et auteur de l'Arche du Retour, le projet ayant remporté le concours international pour le Mémorial permanent en l’honneur des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. 

Le travail de M. Leon, également designer et architecte de l’African Burial Ground National Monument situé à Manhattan, a été choisi parmi 310 propositions de design de 83 pays dans un concours lancé il y a deux ans par l'UNESCO, avec le soutien du Département de l'information du public de l'ONU, et les États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et de l'Union africaine. Le Premier ministre Portia Simpson Miller de la Jamaïque, les autres chefs de gouvernement, des ministres des Affaires étrangères, ainsi que le réalisateur Lee Daniels, ont assisté à la remise du prix le 23 septembre 2013.

© Rodney Leon - La maquette du Mémorial, une salle de 9m de haut

Rodney Leon a expliqué que l'œuvre est « un objet et un espace spirituel symbolique avec lequel on peut interagir. C'est un lieu de reconnaissance, de contemplation, de méditation, de réflexion, de guérison, d'éducation et de transformation ».

"Le Mémorial constitue un symbole de lutte des millions d'Africains qui, au cours de quatre siècles, ont été violemment arrachés de leurs patries, impitoyablement maltraités et dépouillés de leur dignité», a déclaré le Secrétaire général Ban ki-moon, qui a ajouté: "Ce monument nous rappellera la bravoure de ces esclaves, abolitionnistes et héros méconnus qui ont réussi à s'élever contre un système oppressif, se battre pour leur liberté et mettre fin à cette pratique."

« Les personnes d'ascendance africaine ont besoin d'apprendre l'histoire d’une manière dénuée de honte et plutôt remplie de fierté », a déclaré Leon, ajoutant que cette histoire dépasse les gens d'ascendance africaine, «C'est une expérience humaine partagée. »

"La traite des esclaves n'est pas simplement un événement du passé – ce phénomène a façonné le monde dans lequel nous vivons, il a façonné le visage de nos sociétés modernes, créant des liens indissolubles entre les peuples, la transformation irréversible des économies, des cultures et des coutumes à travers le monde», a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. "La traite des esclaves ne concerne pas seulement les personnes d'ascendance africaine, mais l'humanité tout entière.

«Je reviens de Haïti, où le souvenir de l'esclavage et de la traite négrière revêt une importance particulière, comme c'est le cas pour beaucoup de gens des Caraïbes», a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. « Haïti nous rappelle que l'histoire de l'esclavage n’est pas uniquement souffrance et injustice - c'est un combat victorieux de l'oppression à la liberté, une quête pour les droits humains universels, guidée par la croyance dans la dignité humaine, dans l'égalité des femmes et des hommes. Ce sont les principes fondateurs de l'Organisation des Nations Unies, et nous devons saisir chaque occasion de renouveler notre engagement envers ces idéaux ».

“La traite des esclaves ne concerne pas seulement les personnes d'ascendance africaine, mais l'humanité tout entière.“ a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

"Nous sommes réunis ici aujourd'hui pour nous remémorer collectivement que l'ère tragique de la traite des esclaves a marqué une période traumatisante  et douloureuse d’abord pour les peuples d’ascendance africaine. Cette horrible période de l'histoire humaine parle de  l'avidité, de l'ignorance et des préjugés raciaux qui existaient à l'époque et qui perdurent, malheureusement encore, dans de nombreux lieux aujourd'hui, quoique sous des formes quelque peu différentes », a déclaré S.E. l’Ambassadeur John W. Ashe, Président de la 68e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Notant que 2013 marque le 206e anniversaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves, a-t-il ajouté, "nous ne devons pas oublier que la dignité humaine, le courage et l'ingéniosité ont conduit à la rupture des chaînes de l'esclavage et du poids de l’intégrisme."
Son épouse, Galia Austin-Leon et leurs filles, Alexandria, 12 ans  et Saniyah, 9 ans ont accompagné Rodney Leon.

«Nous ne voulons pas oublier ce que nous avons dû traverser aussi bien que ce que nous avons accompli." a dit Mme Austin-Leon.  "Très sympa", c'est ainsi que Saniyah a qualifié l’Arche du retour.



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