30.04.2014

Voix du jazz et droits de l’homme

© Keith Tsuji/Getty Images pour le Thelonious Monk Institute of Jazz - Earl Klugh (centre) tient un atelier de guitare lors des activités éducatives organisées pour la Journée internationale du jazz 2014 à l'École de musique d’Osaka

Pour la troisième édition de la Journée internationale du jazz, l’UNESCO et le Thelonious Monk Institute for Jazz ont organisé le 30 avril 2014 à Osaka (Japon), en prélude du grand concert du soir, une série d’activités éducatives. Ces tables rondes, master-classes, ateliers, projections et performances, destinés à promouvoir la culture du jazz auprès des jeunes et des communautés passionnées du genre, se sont déroulés à l’École de musique d’Osaka (OSM).

Né dans la communauté afro-américaine, le jazz appartient aujourd’hui au monde entier. Comme l’a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, « le jazz incarne l’esprit de l’UNESCO. Il nous rassemble et favorise la paix, la tolérance et la compréhension. C’est la bande originale des grands changements de société, du combat contre le racisme à la lutte pour la démocratie. »

Les musiciens, parmi lesquels Marcus Miller, Herbie Hancock et Terumasa Hino, ont animé des sessions  éducatives  à l’OSM, hôte de cette journée culturelle où ont résonné l’énergie et la philosophie du jazz. L’une des conférences a porté sur le jazz et les droits de l’homme et a été donnée par la chanteuse de jazz américaine, lauréate de trois Grammy Awards, Dee Dee Bridgewater. Elle a rendu hommage à trois icônes du jazz : Billie Holiday (1915-1959), Nina Simone (1933-2003), et Abbey Lincoln (1930-2010). En partageant ses réflexions sur leurs chansons, la digne héritière de ces divas a choisi d’évoquer leur rôle dans l’adoption du Civil Rights Act en 1964, la  loi interdisant toute forme de ségrégation dans les lieux publics, dont les États-Unis célèbrent cette année les 50 ans.

© Keith Tsuji/Getty Images pour le Thelonious Monk Institute of Jazz - Herbie Hancock (gauche) et Marcus Miller (droite) en pleine discussion lors d'une des activités éducatives organisées pour la Journée internationale du jazz 2014 à l'École de musique d’Osaka

Chacune de ces artistes a témoigné, en son temps, par son répertoire. Trois chansons ont été présentées par Dee Dee Bridgewater comme particulièrement emblématiques pour l’émancipation et les droits civiques des Afro-Américains : “Strange Fruit” pour Billie Holiday, “Mississipi Goddam” pour Nina Simone, et “We Insist, Freedom Now” pour Abbey Lincoln.  Elles ont interpelé la grande famille de l’humanité sur les droits de l'homme, en appelant à la dignité et à la tolérance par une musique forgée dans l'injustice, et appartiennent désormais au patrimoine du jazz du monde entier. Herbie Hancock, le jazzman Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO dira : « Le jazz répond à l'oppression autrement qu’avec les armes et le sang. Il est l'expression de l'espoir et de la liberté. »

Les sujets liés au jazz présentés lors de ces activités ont plaidé pour l’étude et la diffusion de ce style musical : certains sujets dynamiques, comme l’atelier de danse jazz animé par Hinton Battle, d’autres plus graves comme les défis posés aux femmes artistes de jazz, avec la participation de Esperanza Spalding, Toshiko Akiyoshi et Roberta Gambarini. D’autres ateliers fascinants ont également été tenus concernant le pouvoir guérisseur de la musique lors des désastres naturels, ou encore l’influence de la physique quantique sur l’inspiration de Wayne Shorter. Une bonne dose d’improvisation bien sûr, sans laquelle une journée de jazz n’en serait pas une, a couronné la journée grâce à la performance musicale interculturelle entre les étudiants du Thelonious Monk Institute et ceux de l’École de musique d’Osaka.

La culture du jazz est le fruit de l’histoire des peuples. Pour Irina Bokova, « c’est un style de vie, un outil de dialogue et même de changement social. » Les artistes sont les témoins privilégiés de leurs temps et ont la responsabilité de sensibiliser, par leur créativité, à la tolérance, à la réconciliation et au dialogue. La diversité thématique ainsi que la portée philosophique des seize activités éducatives du jour en sont la preuve.

Revivez le concert de la Journée internationale du jazz à Osaka avec 35 des plus grands artistes de jazz internationaux!

 

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