20.06.2016

Journée mondiale des réfugiés

© Shutterstock
Syrian refugee boys in Suruc, Turkey.

Message de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova

Les réfugiés ont des droits, à commencer par le droit à l'éducation.

Le Sommet humanitaire mondial tenu récemment à Istanbul a montré que la communauté internationale échoue à faire respecter ce droit, et rappelé la nécessité d'agir d'urgence pour combler une lacune dangereuse dont les répercussions se font sentir génération après génération.

C’est une situation d'urgence humanitaire et un impératif de développement.

Selon des estimations, seulement 50% des enfants réfugiés fréquentent l'école primaire, et 25% dans le secondaire. Les filles sont les plus susceptibles d'être exclues, ce qui renforce leur marginalisation et leur vulnérabilité. Les enfants et les adolescents réfugiés sont cinq fois plus susceptibles de ne pas être scolarisés que leurs pairs non-réfugiés.

Ce sont les conclusions du rapport " Plus d’Excuses", publié par l’équipe du Rapport mondial de suivi sur l’éducation et par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Ces conclusions témoignent d’une négligence à une grande échelle.

Nous ne pouvons pas construire la paix sur cette exclusion.

Ces enfants et ces jeunes ont été déplacés principalement à cause du conflit. Ils ont vécu des expériences navrantes, la séparation et la perte. L’an dernier, le monde a témoigné quasi tous les jours du déploiement massif et tragique de de la migration massive.

Nous n’avons pas assez investi dans la seule réponse qui puisse apporter l’espoir et l’opportunité : l'éducation. En étant simplement à l'école, les enfants sont mieux protégés contre les trafics, l'adoption illégale, le mariage précoce, l'exploitation sexuelle et le travail forcé. Ils acquièrent un sentiment d'appartenance, de stabilité.

 

Je l'ai vu il y a quelques semaines, dans le sud-est de la Turquie, à Gaziantep, une ville qui abrite quelque 300.000 réfugiés, dont la majorité d’entre eux a moins de 17 ans. Dans l'une des écoles qui abrite1400 élèves syriens, 400 étaient orphelins. J’ai pu observer ce phénomène partout dans le monde, dans les écoles en Jordanie, à la frontière avec la Syrie, au Liban, dans le camp Baharka en Irak.

Les filles m’ont exprimées leurs ambitions de devenir enseignantes, scientifiques et médecins. La tragédie n'a pas détruit leurs rêves, et l'éducation renforce leur courage et leurs aspirations.

C’est un aperçu du défi plus global auquel sont confrontés des pays en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et au-delà. Des mesures exceptionnelles sont nécessaires pour répondre aux besoins des enfants réfugiés partout dans le monde.

Le lancement du Fonds l’Education ne peut attendre à Istanbul le mois dernier témoigne de la prise de conscience mondiale du besoin urgent de passer à l’action. Il est de notre responsabilité collective de fournir des compétences de qualité, même dans les circonstances les plus défavorables.

Tel est le sens du programme mondial pour le développement durable d’ici 2030, que personne ne soit laissé pour compte.

En cette Journée mondiale des réfugiées, j’invite les gouvernements, la société civile, le secteur privé et la communauté internationale à prendre toutes les mesures pour mobiliser les ressources et trouver des solutions intelligentes dans l’espoir de garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants et adolescents réfugiés. Il s’agit d’une responsabilité morale et d’une condition indispensable pour diffuser la paix qui permet de construire un avenir plus sûr pour tous.

Irina Bokova



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