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21.02.2017 - UNESCO Office in Dakar

UNESCO célèbre la Journée Mondiale de La Radio en Afrique de l’Ouest : « Liberté d’expression : regards croisés entre journalistes et artistes »

©UNESCO

« Liberté d’expression : regards croisés entre journalistes et artistes », tel a été le thème choisi pour l’enregistrement et la diffusion d’une émission de radio consacrée à la Journée Mondiale de la Radio par le Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO à Dakar, en partenariat avec la WADR (West Africa Democracy Radio). Rassemblant une dizaine d’artistes et journalistes sénégalais, burkinabés et maliens pour échanger sur les thèmes de la diversité des medias, la liberté d’expression, la liberté artistique, et la promotion de contenus culturels numériques locaux transparaissant dans la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l’émission a été diffusée sur les radios d’onze pays d’Afrique de l’Ouest, partenaires de la WADR.

Ces dernières années, au développement spectaculaire des domaines de l’information et de la communication, s’est accompagné une plus grande attention à la diversité des expressions culturelles et diversité des médias.

La Convention de 2005 s’attache à souligner l’importance de la diffusion de contenus diversifiés dans les médias et les réseaux d’information globaux. Ainsi, afin de mettre cette Convention en œuvre, l’UNESCO, avec le soutien du gouvernement suédois, mène des activités visant, entre autres, à favoriser et renforcer la liberté fondamentales et la diversité des médias.

Ces questions, entre autres, se trouvent refléter dans les Rapports périodiques (RPQ) que les Etats Partis soumettent tous les 4 ans. Le Sénégal a soumis son 1er rapport en Avril 2016, quant au Burkina Faso, la soumission de son 2nd rapport est prévue pour le mois d’avril 2017. Chacun de ces pays a pu bénéficier du soutien du gouvernement Suédois dans le cadre du projet « Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles ».

Les médias sont parties prenantes de ce processus en tant que garant de la liberté d’expression mais également acteurs de la Convention. Dans ce cadre, des formations spécifiques ont été dispensés aux professionnels des médias. L’objectif étant de leur assurer une meilleure compréhension de la Convention et de partager davantage de connaissances et d’expertise avec les équipes en charge de la rédaction des RPQ sur les questions liées à la diversité des média, la liberté d’expression et la diversité des expressions culturelles tout en mettant en exergue le rôle central que jouent les Indicateurs de développement des médias élaborés par UNESCO dans l’élaboration du rapport.

Certains interlocuteurs de l’émission ont été impliqués directement dans la rédaction des Rapports Périodiques. A l’image de Kalidou Kasse qui, dans l’émission, s’est exprimé à propos de la liberté d’expression à travers l’une de ses œuvres s’intitulant « La paix vaut mieux que la guerre [..,] Une très grande peinture à l’huile également déclinée en tapisserie et en copies d’éditions limitées distribuées à des leaders d’opinions». Alioune Diop, journaliste culturel s’efforce aussi, à travers son métier, sa voix, de « fusionner les cultures, faciliter le brassage » permettant « à d’autres de venir expliquer la base de leur culture, la base de leur art ». Pour lui, « la liberté d’expression abouti à la conscientisation des peuples ».

La Convention de 2005 travaille à la mise en œuvre d’activités visant à promouvoir et protéger la liberté d’expression artistique comme faisant partie du système plus large de droits fondamentaux. L’UNESCO estime donc que cette liberté d’expression artistique est un fondement de la démocratie au même titre que la liberté d’expression, la liberté de la presse et la liberté d'information issues de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces droits sont des conditions préalables pour la protection et la promotion de tous les autres droits de l’homme.

C’est pour cette raison que, dans le cadre de son mandat visant à promouvoir « la libre circulation des idées par le mot et par l’image », l’UNESCO entend favoriser la mise en place de médias libres, divers, indépendants et pluralistes sous format imprimé, diffusé ou en ligne. Le développement des médias encourage la liberté d’expression et contribue au renforcement de la paix, du développement durable, des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté.

Sanmalmé Aristide Dabiré, Secrétaire Générale de la Commission Nationale pour l’UNESCO au Burkina Faso l’a bien souligné dans l’émission: « Nous nous référons à la charte même des Droits de l’Homme. L’UNESCO a très bien compris que pour nos jeunes démocraties, il est très important que la liberté d’expression soit exprimée au niveau des bases, des communautés, au niveau local». Et à XUMAN, du journal rappé, d’ajouter que dans certains pays « les artistes ont du mal à dire ce qu’ils pensent, on a encore des barrières qu’on ne peut pas franchir, on s’est battu pour cette liberté d’expression, pour imposer beaucoup plus de respect, de dignité, pour que nos droits soient respectés, pour le droit à l’expression, à l’information ».

Accessibilité, dynamisme, réactivité, attractivité, plus de choix et de contenus diversifiés, d’opportunités à l’expression culturelle et au dialogue, tels sont les avantages qu’offre la radio qui ne cesse de s’adapter aux changements du XXIe siècle. Changements que ne connaissaient pas encore Cheick Oumar Sissoko, cinéaste et ancien ministre de la culture du Mali. Aujourd’hui, dit-il « on peut dire qu’on ne connait pas ce problème de censure sur un projet cinématographique mais il faut toujours s’attendre à ce qu’un cinéaste soit bloqué dans son initiative: tout dépend des histoires que nous voulons raconter ». L’une de ces histoires, relatée dans son film« Finzan » en 1988, dénonce des sujets encore tabous comme l’excision. Encore aujourd’hui, des associations féministes s’en servent pour continuer leur combat dans les villes et dans les zones rurales.

Le thème de l’édition 2017 de la Journée Mondiale de la Radio, « La radio c’est vous », encourage l’idée qu’un secteur radio sain devrait représenter les opinions et la diversité de ses auditeurs. Ces derniers devraient être des contributeurs centraux et des mécanismes devraient être mis en place afin de permettre aux gens de participer à tous les niveaux, faisant la promotion de la liberté d’expression des journalistes et de la liberté artistique.

En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de « regards croisés » entre journalistes et artistes, mais bien d’une réelle coopération allant dans le sens de la promotion des droits fondamentaux.

Accédez à l’émission « Liberté d’expression : regards croisés entre journalistes et artistes » via Sound Cloud : https://soundcloud.com/westafricademocracyradio/mag-lundi-13-fev-liberte-expression-5218

Accédez au message de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova : http://unesdoc.unesco.org/images/0024/002470/247073f.pdf

Accédez au site-web de la WADR : http://www.wadr.org/

Accédez au site web de la Journée mondiale de la radio : http://www.diamundialradio.org/

Accédez à l’article sur le processus d’élaboration du RPQ au Sénégal: http://www.unesco.org/new/fr/dakar/about-this-office/single-view/news/promoting_media_pluralism_and_the_diversity_of_cultural_expr/

Accédez à l’article sur le processus d’élaboration du RPQ au Burkina Faso: http://www.unesco.org/new/fr/dakar/about-this-office/single-view/news/les_politiques_pour_la_creativite_a_lhonneur_au_burkina/

Accédez au site web de la Convention 2005 : https://fr.unesco.org/creativity/




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