» Cinq pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre réunis pour répondre à la violence de genre en milieu scolaire
27.02.2017 - UNESCO Office in Dakar

Cinq pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre réunis pour répondre à la violence de genre en milieu scolaire

©UNESCO

Phénomène qui concerne des millions d’enfants partout dans le monde, les violences de genre en milieu scolaires (VGMS) sont l’un des principaux obstacles à l’égalité filles-garçons dans l’éducation. C’est pourquoi l’UNESCO, en partenariat avec l’Ambassade de France, UNICEF et Plan International, ont organisé un atelier de renforcement de capacités et de planification en réponse aux VGMS, pour une quarantaine de responsables des ministères de l’éducation du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et du Togo. Ces journées visaient à trouver des solutions concrètes aux violences qui nuisent au développement physique et psychologique des enfants en milieu scolaire. L’atelier, qui s’est tenu à Dakar au Sénégal, du 14 au 17 février 2017, a également été l’occasion de lancer les Orientation mondiales sur la lutte contre la violence de genre en milieu scolaire.

« Oui, ils m’ont attrapée sans ménagement et m’ont poussée de tous les côtés. J’avais des bleus sur les bras. En fait, les garçons se moquent des filles et les insultent. Parfois, l’un d’entre eux pousse une fille, puis un autre, ce qui fait rire tout le monde. Mais ce n’est pas drôle pour une fille. » Le témoignage poignant de cette jeune fille relate ce qu’un grand nombre d’enfants subissent chaque jour dans le monde.

246 millions, c’est le nombre d’élèves pouvant faire l’objet de harcèlement ou d’agressions et 99 millions, celui de filles et de garçons subissant des abus sexuels sur le chemin ou dans l’enceinte de l’école chaque année, selon le Rapport mondial de suivi sur l’Education (2016). Ces données témoignent de l’omniprésence des violences de genre à l’école.

L’Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) est la région du monde où les filles sont les plus désavantagées en termes d’éducation. Les VGMS expliquent en partie la différence entre filles et garçons dans l’achèvement de l’enseignement primaire et secondaire. Le contexte d’inégalité de normes de genres et des relations de pouvoir joue en la défaveur des femmes et des filles, qui sont plus assujetties aux abus physiques, au harcèlement sexuel, aux attouchements non consentis et autres formes d’agressions sexuelles à l’école et dans les alentours. Malgré les inégalités de genre les VGMS affectent également les garçons qui sont plus souvent confrontés aux châtiments corporels que les filles, et sont censés réagir « en hommes ».

Les conséquences des VGMS sont nombreuses. Par exemples elles augmentent la vulnérabilité des jeunes aux infections sexuellement transmissibles dont le virus de l’immunodéficience humaine, et aux grossesses précoces et non désirées. Tous ces éléments entravent le plein exercice du droit à une éducation sûre, inclusive et de qualité pour les enfants et les jeunes.

L’UNESCO soutient les réponses nationales aux VGMS par des interventions à plusieurs niveaux : programmes scolaires, formation des enseignants, renforcement de la règlementation du système éducatif, modification des politiques sectorielles, implication de la communauté, et renforcement des liens avec les services de protection des enfants et de justice.

La rencontre de Dakar s’est déroulée en prélude au projet de réponse aux VGMS au Cameroun, au Sénégal et au Togo. Il s’agissait d’un atelier technique de partage et de renforcement des capacités avec les acteurs clés du secteur de l’éducation desdits pays, ainsi que de la Côte d’Ivoire et du Mali. L’occasion était de mieux comprendre ces problématiques et leurs conséquences, d’analyser les données disponibles sur ces questions, pour permettre aux institutions éducatives d’y faire face, de protéger les enfants et de faire de l’école un espace plus sûr.

A la suite de l’atelier, les ministères de l’éducation de plusieurs pays en AOC sont mieux préparés pour faire face aux VGMS. En créant des environnements scolaires plus sains et plus sûrs, ils créeront de meilleures conditions pour atteindre l’objectif de développement durable sur l’éducation : « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».




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