» Forces de sécurité et médias : échanges sur l'amélioration du cadre de collaboration
08.12.2016 - UNESCO Office in Dakar

Forces de sécurité et médias : échanges sur l'amélioration du cadre de collaboration

Le Sergent de Police Kaly Diakité est responsable de la cellule de communication de la Direction Générale de la Police Nationale du Mali. Il est titulaire d'une maitrise en droit et d’un diplôme en journalisme et communication. Avant d’être policier, il était journaliste-reporter-animateur à la radio Bamakan, la première radio libre du pays. Il est aussi cofondateur du journal le Flambeau, un hebdomadaire d'informations générales. Dans le cadre de la mise-en-œuvre du plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, le Sergent Diakité a été participant puis assistant formateur lors des formations organisées par UNESCO au Mali pour les forces de sécurité sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes.

Quel est le travail des journalistes ? Quelles sont leurs attentes et que doivent faire les forces de sécurité pour collaborer avec eux ? Les réponses à ces questions m’ont fait comprendre à quel point le rôle des journalistes est important au sein de notre société mais aussi dans quelle mesure il est nécessaire de collaborer avec eux. Cet échange entre journalistes et forces de sécurité, sur le thème : « Promouvoir la liberté de la presse », à travers « la formation des forces de sécurité sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes » nous a permis de créer un dialogue avec les journalistes de manière à ce qu’ils puissent travailler librement et en toute sécurité pour garantir aux citoyens le droit à la liberté d’expression et d’information. Tous ces éléments nous ont été fournis par le commandant de police canadien, Ian Lafrenière, expert de l’UNESCO et son collègue de l’EUCAP Sahel-Mali, Philipe Perez, qui nous ont également expliqué la différence entre propagande, militantisme et journalisme.

Mme Sasha Rubel Diamanka, Conseillère Régionale pour la Communication et l’Information de Bureau Régional de l’UNESCO pour Afrique de l’Ouest, a par la suite présenté UNESCO, ses missions, et ses domaines d’intervention en ce qui concerne la promotion de la liberté de la presse et la liberté d’expression. Elle nous a aussi fait part des accomplissements de l’organisation dans le monde en ce qui concerne la promotion de la sécurité des journalistes à travers le Plan d'Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité. Elle a également présenté, les différents organes judiciaires africains tels que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Les journalistes et forces de l’ordre doivent apprendre à travailler ensemble sur le terrain. Nous avons donc demandé aux médias d’être plus patients pendant les enquêtes et eux ont demandé, au contraire, plus de réactivité de la part des forces de sécurité lors du recoupement d’informations. Nous leur avons rappelé les teneurs du secret professionnel et leur avons demandé de traiter de manière plus approfondie certains sujets pour éviter le sensationnalisme.

Nous avons finalement conclu que tout passe par le respect mutuel, et la compréhension des questions de défense et de sécurité. Cette amélioration des relations entre les deux parties requiert donc un certain nombre d’exigences telles que l’honnêteté, la volonté de transparence, la disponibilité, l’humilité, l’écoute et la crédibilité.

Grâce à l’atelier de juin à Bamako, j’ai approfondi mes connaissances sur la question de la sécurité des journalistes. J'ai ainsi compris quels étaient leurs objectifs et suis reparti riche de tous ces échanges avec les participants et les formateurs. Suite à cet atelier, je suis devenu moi-même formateur assistant pour la session de novembre. J’ai ainsi partagé mon expérience aussi bien en tant que journaliste, grâce à mon expérience de 6 ans en tant que journaliste-reporter, qu’en tant que membre des forces de l'ordre. En tant que responsable de la cellule de communication à la Direction Générale de la Police Nationale j'ai en effet expliqué aux participants quel est son fonctionnement et quelles sont ses missions. A travers cette formation j'ai pu démontrer aux participants l’importance de la collaboration avec les médias.

Les débats entre les forces de sécurité et les journalistes pendant l’atelier ont été fructueux et j’espère que cet espace d’échanges ne sera que le début d’une série de formations entre les deux. J’appuie les organisateurs dans leur efforts de voir l’école de maintien de la paix et les écoles de formation de forces de l’ordre adopter le curricula de formation des forces de l’ordre sur la sécurité des journalistes et la liberté d’expression à l’intérieur du cursus national.

Les formations, organisées par le bureau de l’UNESCO à l’École de maintien de la paix de Bamako, en partenariat avec EUCAP Sahel-Mali, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile et l’Organisation Internationale de la Francophonie ont été vivement saluées et appréciées par les participants.

Sergent Kaly Diakité

Cellule de Communication

Direction Générale de la Police Nationale




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