» Un monde sans mots? - Célébration de la Journée internationale de la langue maternelle
20.02.2012 - UNESCOPRESS

Un monde sans mots? - Célébration de la Journée internationale de la langue maternelle

© Xinhua - Elève étudiant la langue tibétaine dans une école primaire dans la Région autonome du Tibet

Avez-vous déjà entendu parler du Kalkoti ? Il s’agit d’une langue en péril identifiée en 2011 par l'Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde. Cette langue est uniquement parlée par environ 4 000 personnes dans un village situé sur la frontière nord-ouest du Pakistan. On estime que près de la moitié des quelque 6 000 langues parlées dans le monde pourraient disparaître d'ici la fin du siècle, avec 96 % de ces langues parlées par seulement 4 % de la population mondiale. «Les langues sont qui nous sommes. En les protégeant, nous nous protégeons » , - a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, dans son message à l'occasion de la Journée internationale.

La diversité linguistique et culturelle sont d'une importance stratégique pour les peuples du monde entier pour le renforcement de l'unité et la cohésion des sociétés. La Conférence générale de l'UNESCO a proclamé la Journée internationale de la langue maternelle (JILM) en Novembre 1999 afin de reconnaître l'importance de la diversité linguistique. La Journée internationale a depuis été célébrée le 21 Février de chaque année partout dans le monde pour promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que l'éducation multilingue.  Elle vise à aider à développer une meilleure connaissance des traditions linguistiques et culturelles basées sur la compréhension, la tolérance et le dialogue.

«Le multilinguisme est notre allié pour assurer une éducation de qualité pour tous, promouvoir l'inclusion et la lutte contre les discriminations. La construction d’un véritable dialogue doit commencer par le respect des langues. [...] La diversité linguistique est notre patrimoine commun, et il est fragile. [...] Le multilinguisme est une ressource pour la vie – à nous de l'utiliser pour le bénéfice de tous », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Les langues participent d’une prise de conscience croissante qu’elles jouent un rôle vital dans le développement, en veillant à la diversité culturelle et au dialogue interculturel, mais aussi dans le renforcement de la coopération, la construction de sociétés du savoir inclusives, la préservation du patrimoine culturel et l’accès à une éducation de qualité pour tous. La célébration de l’année 2012 est dédiée au multilinguisme pour l'éducation inclusive : «Apprendre dans une langue qu'ils peuvent comprendre est indispensable pour que les enfants jouissent de leur droit à une éducation de qualité. La langue maternelle et l'éducation multilingue sont essentielles pour réduire les discriminations, promouvoir l'inclusion et améliorer les résultats d'apprentissage pour tous ».

L'UNESCO travaille chaque jour pour protéger la diversité linguistique et culturelle et pour promouvoir l'égalité, le développement et l’inclusion sociale. En République de Corée, et suite à l’intégration du Jeju dans le groupe  des langues en danger Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde, en 2010, plusieurs projets permettent aux habitants de l'île de Jeju de préserver la vitalité et à long terme la survie leur langue. Dans les Îles Salomon, l'UNESCO contribue à créer une encyclopédie de l'environnement dans la langue locale Marovo, préservant ainsi la langue et les savoirs de l'île en revitalisant les communautés indigènes locales. Au Nicaragua, les systèmes de savoir locaux et autochtones (LINKS)  de l’UNESCO travaillent avec les communautés autochtones mayangna de la réserve de biosphère des Bosawas pour renforcer la transmission de la langue, des savoirs et de la culture mayangna. Avec le soutien de la Norvège, l'UNESCO a publié un livre en 2 volumes dans la langue des Mayangna portant sur leurs savoirs traditionnels qu’ils ont de la nature. Aujourd'hui, une équipe mayangna travaille avec le ministère de l'Éducation pour élaborer des manuels de l'enseignant pilotes et des cahiers d'exercices qui sont testés dans les classes rurales à travers la Réserve de biosphère des Bosawas.




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