» Les policiers afghans améliorent leur qualité de vie grâce à un projet d’alphabétisation de l’UNESCO
16.08.2016 - Education Sector

Les policiers afghans améliorent leur qualité de vie grâce à un projet d’alphabétisation de l’UNESCO

© UNESCO

Deux policiers afghans ont pu changer de vie grâce au Programme de l’UNESCO pour le renforcement de l’alphabétisation de la police afghane (LEAP).

Mme Aziza a dû devenir le soutien de la famille lorsqu’elle a découvert que son nouveau mari était héroïnomane.

« J’ai épousé un jeune homme conformément aux souhaits de mes parents, mais je ne savais pas qu’il était toxicomane. J’ai vécu beaucoup de journées et de nuits très difficiles à cause de cela », a expliqué cette mère de deux enfants, qui travaille comme agent de patrouille au service de police de Faryab.

Elle est allée à l’école mais seulement jusqu’au cinquième niveau, et le manque de moyens financiers l’a empêchée de poursuivre sa scolarité. Quand elle a réalisé qu’elle devrait subvenir aux besoins de sa famille, elle a postulé pour un emploi d’agent de patrouille.

Afin d’améliorer ses perspectives, elle s’est inscrite à un cours du programme LEAP dirigé par l’UNESCO. Depuis son lancement, ce programme financé par le Gouvernement japonais, qui fait partie du programme global de renforcement de l’alphabétisation en Afghanistan (ELA), a permis à 600 000 jeunes et adultes (dont 60 % de femmes) d’obtenir un diplôme.

Après avoir beaucoup étudié, elle a passé son examen final avec succès et a été recrutée à son poste actuel en tant que caporal au Service de police de la province de Faryab. « J’ai l’intention de poursuivre mes études qui, je le sais, me permettront de renforcer mon profil professionnel », a-t-elle dit.

Des centaines de problèmes résolus

Gul Rahman, agent de patrouille à l’unité pour la sécurité de la prison de la province de Paktya, a considérablement amélioré sa capacité à assumer les fonctions de policier suite à ses cours d’alphabétisation. Il est marié et est l’unique source de revenus pour les 12 membres de sa famille.

« L’Afghanistan a subi près de quarante années de guerres et d’insurrections dévastatrices, et à cause de ces troubles, je n’ai pas pu réaliser mon  rêve de savoir lire et écrire », a-t-il dit.

Lorsque l’opportunité s’est présentée de participer au cours LEAP organisé par la prison, il l’a saisie. Il explique que le fait d’être capable de lire, d’écrire et de compter a « résolu des centaines de problèmes ».

Il a notamment appris à répondre efficacement aux besoins des prisonniers. « Avant, les prisonniers analphabètes me demandaient d’écrire des listes de choses dont ils avaient besoin pour les transmettre à leurs visiteurs, mais je ne pouvais pas les aider. Maintenant, je peux même lire des lettres et des notes officielles. Je peux aussi aider mon superviseur à préparer les plannings de travail des agents de patrouille », dit-il.

« Dans ma  vie de tous les jours , je suis capable de reporter mes dépenses quotidiennes dans un carnet pour estimer et contrôler mes dépenses sur un mois. Et quand je vais faire mes courses au marché, je peux lire les dates d’expiration des produits ».

Maintenant, Gul prévoit de poursuivre ses cours jusqu’au niveau du diplôme du secondaire, afin de pouvoir devenir fonctionnaire de police.

Les statistiques du Ministère de l’intérieur afghan indiquent qu’en 2010, environ 70 % des 155 000 policiers étaient analphabètes du point de vue fonctionnel. L’UNESCO a lancé le premier programme LEAP en 2011 dans 19 des 34 provinces afghanes, avec le soutien financier du Gouvernement japonais.

La phase I du programme LEAP a mis en place et formé un réseau de 500 policiers bénévoles jouant le rôle d’animateurs en alphabétisation, ainsi qu’une équipe auprès de l’Unité pour l’alphabétisation au sein du Ministère de l’intérieur. La seconde phase a été lancée en octobre 2013 avec pour objectif de renforcer le cadre existant.

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