21.11.2012 - UNESCO Office in Dakar

Education en Afrique : meilleurs progrès jamais réalisés

Participants à la conférence sur l'Education pour tous © Samuel Fernández Diekert

Jamais l’Afrique n’a réalisé d’avancées aussi importantes en éducation dans une période aussi courte. Mais l'écart entre ceux qui ont l'accès à l'éducation et ceux qui n'ont pas reste trop important.

Les gouvernements en sont fiers et à juste titre. Telle est la conclusion du Rapport 2012 sur l’Education Pour Tous en Afrique subsaharienne qui sera présenté à Paris le 21 novembre 2012 lors de la Conférence mondiale sur l'EPT.

Ce rapport est le résultat de discussions organisées Durant la Conférence régionale EPT pour l’Afrique tenue du 16 au 19 octobre 2012 à Johannesbourg, Afrique du Sud.

"Il est généralement admis en Afrique que la dernière décennie la région a connu des progrès sans précédents dans le domaine de l’éducation”, indique Zulmira Rodrigues, Coordonnatrice Education au Bureau régional de l’UNESCO à Dakar.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

  • Le taux net de scolarisation au primaire est passé de 58% en 1999 à 76% en 2010 tandis que l’index de parité en matière de genre a progressé de 0.85 à 0.93 au cours de la même période.
  • L’accès à l’enseignement secondaire a plus que doublé passant 20.8 millions à 43.7 millions grâce aux efforts d’Education Pour Tous de la décennie.

Peu de pays atteindront les objectifs

Cependant, en dépit de ces réalisations remarquables au niveau global, très peu de pays en Afrique subsaharienne atteindront les objectifs d’Education Pour Tous 2015 fixés par la Communauté internationale lors du Forum mondial sur l’Education tenu à Dakar en 2000.

Bien que les perspectives soient positives en ce qui concerne l’Enseignement Primaire Universel et l’égalité genre, les défis demeurent lourds au niveau des autres 4 objectifs à savoir l’Education et la Protection de la Petite enfance, les compétences des jeunes et des adultes, l’alphabétisation des adultes et la question de qualité.

Ici aussi les chiffres sont explicites:

  • 31 millions d’enfants hors du système éducatif
  • 35% de jeunes n’ont pas accès au secondaire ou à une formation technique qualifiante
  • 163 millions d’adultes sont analphabètes

 

En termes de qualité, la situation est préoccupante:

  • 36% des enfants en Afrique de l’Est et Afrique Australe atteignent le niveau minimum requis en compétences mathématiques contre 43% en Afrique du Centre et de l’Ouest
  • A la fin du primaire, 35% des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre acquièrent le minimum requis en lecture contre 64% en Afrique de l’Est et Afrique Australe.

Disparités régionales

“Les écarts sont trop grands et avec une assistance internationale à l’éducation en baisse, les ressources disponibles sont tout simplement insuffisantes pour les combler » commente Rodrigues. “Une action urgente est nécessaire pour améliorer la qualité de l’éducation en Afrique subsaharienne".

La conférence de Johannesbourg a permis à environ 150 participants de 34 pays africains rassemblés, de réfléchir sur les réalisations, de discuter sur les défis et d’engager un processus d’identification des domaines d’intervention possibles au cours de trois années restant avant l’échéance.

Ils ont aussi entamé une réflexion sur les implications de l’agenda post 2015.

Par ailleurs, ajoute Rodrigues, ce fût l’opportunité aussi de constater la diversité existante au niveau des régions et en leur sein.

"Nous ne pouvons pas continuer à considérer l’Afrique comme un tout uniforme. Pour l’Afrique, Il est nécessaire d’avoir un agenda éducatif à objectifs diversifiés pour prendre en compte les spécificités » dit elle. 

Priorités pour accélérer les progrès

Les participants ont convenu que des efforts additionnels sont nécessaires d’ici l’échéance de 2015 et ont identifié les priorités suivantes pour accélérer ce mouvement:

  1. Tous les pays ont choisi la qualité comme étant un des domaines d’intervention pour les trois années et la majorité d’entre eux ont souligné la nécessité de se focaliser sur les enseignants.
  2. Les différentes régions ont déterminé des priorités spécifiques : Pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe il s’agit de l’Education et de la Protection de la Petite enfance tandis que l’Afrique de l’Ouest et du Centre a choisi d’intervenir de centrer ses efforts sur l’objectif toujours non atteint de l’Enseignement Primaire Universel.

Concernant la définition de l’agenda éducatif post 2015, les pays Africains ont retenu les priorités globales suivantes:

  • Tous les pays considèrent la qualité comme étant la priorité majeure pour l’Agenda post 2015.
  • La plupart d'entre eux se placent dans un contexte d'une vision élargie de l'éducation de base pour tous qui devrait partir d'une année de la maternelle au cycle de l'enseignement secondaire inférieur.
  • Un bon nombre de pays place le développement de compétences des jeunes, orienté vers le monde du travail, comme la priorité suivante pour le développement de l'éducation pour le moyen et le long terme.
  • Et enfin, compte tenu de leur situation actuelle, les pays de l'Afrique Central accordent aussi une grande importance à l'amélioration de l'accès.

 

 

Des ressources en baisse

Il a été recommandé la mise en place de comités multipartites régionaux et sous-régionaux de coordination EPT en consonance avec les structures éducatives intergouvernementales de l’Union Africaine et des Communautés Economiques Régionales (CER) aux niveaux continental et régional.

A cet égard, l’alignement de la Seconde Décennie de l’Education en Afrique avec les objectifs EPT est vivement souhaitée.

"Il est nécessaire de mettre davantage de ressources à la disposition des pays pour soutenir leur effort vers l’EPT 2015" ajoute Rodrigues.

Les Ministres Africains de l’éducation ont accueilli positivement l’initiative du Secrétaire Général des Nations Unies « L’Education avant tout ».

Ils ont toutefois noté la baisse de l’aide extérieure à l’éducation dans le sillage de l’actuelle récession économique. Ils ont appelé les partenaires au développement à respecter les engagements de la Communauté internationale à soutenir l’EPT.




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