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19.09.2016 - Communication & Information Sector

Rapport 2016 de la Commission sur la large bande : plus de la moitié de la population mondiale n’est pas connectée et la fracture de genre se creuse

La publication du rapport « The State of Broadband 2016: Broadband Catalyzing Sustainable Development » a été annoncée le 15 septembre 2016 par la Commission « Le large bande au service du développement durable ». D’après le rapport, la connexion au haut débit est en forte croissance, avec 300 millions d’utilisateurs de plus connectés en 2016 par rapport à 2015, le nombre total d’utilisateurs atteignant les 3,5 milliards fin 2016. Néanmoins, plus de la moitié de la population mondiale (environ 3,9 milliards) n’est toujours pas connectée. Le rapport souligne que les populations non connectées, que l’on trouve désormais dans les zones rurales les plus reculées, sont majoritairement les plus pauvres, les minorités, les moins instruits et souvent les femmes.

Le rapport retrace les progrès accomplis pour atteindre les objectifs de la Commission sur le large bande. Les progrès sont mitigés. On constate des avancées sensibles pour le premier objectif relatif aux plans nationaux pour le large bande et la politique dans ce domaine, ainsi que pour l’accessibilité économique du haut débit (deuxième objectif). L’objectif 3 sur l’accès à Internet des ménages et l’objectif 4 sur l’accès à Internet dans les pays les moins avancés (PMA) ne seront pas atteints dans les délais prévus. On constate malheureusement une régression en ce qui concerne le cinquième objectif sur l’égalité hommes-femmes en matière d’accès au haut débit. La fracture de genre à l’échelle mondiale a augmenté de 1 % entre 2013 et 2016 et le nombre de femmes possédant un téléphone mobile est encore inférieur de 202 millions à celui des hommes en 2016. 

Pour le rapport de cette année, l’UNESCO a apporté sa contribution avec un chapitre sur les villes du savoir, dans le contexte de Habitat III, la conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable qui se tiendra en octobre 2016 à Quito (Equateur). Ce chapitre étudie les implications des processus d’« intelligence urbaine ». La connexion au haut débit et les TIC ont le potentiel de transformer nos vies urbaines en générant une plus grande efficacité en matière économique, énergétique, de gouvernance et de mobilité dans nos villes.

Comme l’a souligné Frank La Rue, Sous-Directeur général pour la communication et l’information de l’UNESCO : « ‘Les processus d’“intelligence urbaine” peuvent également représenter une étape cruciale dans la construction des villes du savoir en favorisant les processus démocratiques, en utilisant les TIC au service de l’intégration et de la participation démocratique, en offrant une éducation de qualité pour tous, en autonomisant les femmes et les filles, en encourageant la diversité culturelle et la créativité. Le haut débit et les TIC sont des moteurs efficaces, mais nous devons placer les êtres humains au cœur de nos préoccupations. Nous devons tirer parti des technologies pour réaliser les droits de l’homme, notamment la liberté d’expression. »

Le rapport se penche également sur les nouvelles applications très prometteuses des TIC pour le développement, comme les mobiles, les satellites, l’Internet des objets, la connectivité machine-machine et les réseaux de capteurs sans fil. Ces nouvelles utilisations nous rappellent que les nouvelles technologies et le haut débit peuvent jouer un rôle fondamental pour atteindre les Objectifs de développement durable. Mais cela ne pourra se faire que si les conditions requises pour permettre un accès à Internet universel et abordable sont réunies et si les composantes humaines sont présentes, comme le développement des compétences, le contenu dans les langues locales, les politiques participatives et inclusives, la responsabilité et la transparence institutionnelle. Le rapport propose également des recommandations concrètes pour utiliser le haut débit comme catalyseur du développement durable. 

De manière générale, le rapport est un rappel urgent et un appel à l’action pour que les personnes déconnectées disposent des moyens et des contenus leur permettant d’utiliser Internet pour améliorer leur vie et atteindre le développement durable. Le rapport sera un des documents présentés à la 14ème réunion annuelle de la Commission sur le large bande, qui se tiendra le 18 septembre 2016 à New York (Etats-Unis).




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