» Des villes s’unissent pour le développement urbain inclusif à Habitat III
19.10.2016 - Secteur des sciences sociales et humaines

Des villes s’unissent pour le développement urbain inclusif à Habitat III

© UNESCO / Thomas Croll-knight

L’inclusion, la participation et la coopération mondiale sont apparus comme des thèmes clés lors du panel de la Coalition internationale des villes inclusives et durables de l'UNESCO à la Conférence Habitat III à Quito, en Équateur, le 17 octobre 2016. Le nouvel agenda urbain, adopté à Habitat III, transpose l'ambitieux Agenda 2030 dans le contexte des villes et des établissements humains à travers le monde, et énonce une vision pour le développement urbain durable avec comme thèmes transversaux l'inclusion, les droits humains et l’absence de toute forme de discrimination dans les villes. La Coalition internationale des villes inclusives et durables (ICCAR), une plate-forme mondiale qui rassemble les différents acteurs de la ville afin de les sensibiliser et de favoriser les échanges et la coopération, s’est engagée à transformer cette vision en action.

Les discussions interactives qui ont eu lieu lors du panel international, organisé par l'UNESCO et la Commission canadienne pour l'UNESCO, avec le soutien des municipalités de Quito (Équateur) et Montevideo (Uruguay), ont présenté les perspectives des maires d’ICCAR et des acteurs de la ville issus de divers contextes urbains du monde entier. Ils ont tous abordé des questions clés, telles que la promotion de la diversité culturelle, l'inclusion des migrants et des peuples autochtones dans les villes, ou encore le rôle des jeunes dans la promotion du développement urbain inclusif.

Les maires des villes membres de la Coalition internationale des villes inclusives et durables de l'UNESCO (ICCAR), qui inclut Montevideo (Uruguay), la commune Tevragh-Zeinah de Nouakchott (Mauritanie), Birmingham (Grande-Bretagne), Alabama (États-Unis d'Amérique), et la municipalité de New Lucena (Philippines) récemment proclamé membre - se sont réunis pour partager leurs stratégies et leurs expériences dans la lutte contre la discrimination et pour promouvoir des approches inclusives et participatives de développement urbain. Ces approches des gouvernements des villes ont été enrichies par les perspectives de la recherche et des jeunes acteurs de la société civile.

Le dialogue avec les citoyens au niveau local est devenu un mécanisme efficace pour développer des politiques responsables fondées sur les besoins et une prestation de services qui responsabilise tous les membres de la société. Les villes placent l'innovation sociale au centre de leur gouvernance, incluant divers mécanismes de participation des citoyens et une appropriation communautaire des programmes locaux. À Montréal, une communauté, qui accueille des populations locales parlant 140 langues différentes, organise des réunions mensuelles avec ses citoyens. Des réunions régulières en face-à-face avec le maire et des conseillers sont organisées à Nouakchott. Cette approche est répétée aux Philippines, où les conseils de jeunesse font entendre les voix des jeunes et les font participer même au niveau administratif le plus bas de la prise de décision dans les villages, également appelé « Barangay ». La ville de Birmingham propose un « plan de ville » global et inclusif. Selon son maire William A. Bell Sr. « la participation, c’est avoir des citoyens impliqués tout au long du processus ». Et à Saskatoon (Canada), des cadres de responsabilisation sont développés pour assurer une véritable participation des groupes autochtones dans la gouvernance de la ville.

Daniel Martinez, le maire de Montevideo – la ville chef de file de la Coalition des villes d'Amérique latine et des Caraïbes contre le racisme, la discrimination et la xénophobie – souligne l'importance du respect de la diversité et du rôle de la société civile dans la réalisation du développement urbain durable. Un exemple est la « marche de la diversité » de la ville qui réunit tous les citoyens pour célébrer les droits des différents mouvements et groupes sociaux, y compris les femmes, les jeunes, les communautés LGBT, les personnes handicapées et les peuples autochtones. Nathalie Simon, maire de Châteaugay à Montréal, ajoute que « l’inclusion appelle au dialogue avec les autres », et que « la plus grande innovation sociale est de tous bien s’entendre afin de faire des progrès ».

Une jeune militante libanaise, Elza Seferian, souligne le pouvoir de transformation des actions de la société civile menées par des jeunes dans ce processus. Elle souligne l'importance croissante des médias sociaux dans la sensibilisation tant locale qu’internationale, citant plusieurs initiatives allant de l'inclusion des réfugiés et des migrants à la gestion durable des déchets dans les villes. Le Professeur Jovchelovitch de la London School of Economics attire l'attention sur le rôle clé du milieu universitaire dans la réalisation du développement inclusif et durable dans les villes, faisant valoir que « la recherche peut offrir à la société civile, aux militants et aux gouvernements une base de connaissances fiable pour l'innovation sociale ».

A travers ces exemples, ce panel a mis en évidence le potentiel de la plate-forme ICCAR pour réunir les différents acteurs de la ville et pour créer des partenariats entre les différents secteurs autour de l'objectif commun du développement urbain inclusif.




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