» Tête à tête … avec Malamine Koné au 8e Forum des Jeunes de l’UNESCO
09.11.2013 - Secteur des sciences sociales et humaines

Tête à tête … avec Malamine Koné au 8e Forum des Jeunes de l’UNESCO

Malamine Koné © UNESCO / C. Bailleul

Lauréat de plusieurs prix pour l’excellence entrepreneuriale, Malamine Koné était l’un des jeunes « leaders » invités à témoigner à l’ouverture du 8e Forum des jeunes de l’UNESCO. Arrivé en France du Mali à l’âge de 10 ans, ne sachant ni lire, ni écrire et ne parlant pas un mot de français, il y découvrira l’école et y suivra une scolarité normale jusqu’à obtenir une licence en droit. Parallèlement, il se passionnera pour la boxe anglaise et deviendra double champion de France amateur dans la catégorie des poids moyens. Suite à un accident de la route en 1995, ses rêves de médaille seront brisés, mais il se relèvera et créera « Airness », qui deviendra, en l’espace 10 ans, la première marque de vêtements de sport française.

Nous lui avons posé quelques questions à l’occasion de sa participation au 8e Forum des jeunes de l’UNESCO…

Pourquoi pensez-vous qu'il est important pour l'UNESCO de toucher les jeunes et de les faire se sentir plus impliqués dans ce que nous faisons ?

Tout d’abord, je tiens à féliciter Madame Irina Bokova et toute son équipe pour cette fabuleuse initiative qu’est le Forum des Jeunes de l’UNESCO. Permettre à la jeunesse du monde de faire entendre leurs voix en soumettant leurs recommandations aux représentants des 195 États membres de l’UNESCO est pour moi une excellente idée. Une idée qui a du sens car la jeunesse c’est l’avenir du monde.

Par ailleurs, je pense que personne n’est mieux placé que la jeunesse elle-même pour parler des problèmes, des ambitions et des rêves des jeunes. Dès lors, il est essentiel de les écouter et de les inclure dans tous les débats et dans toutes les décisions qui les concernent de près ou de loin.

Vous avez eu à surmonter d'assez grands obstacles en grandissant, arrivé en France à l'âge de 10 ans sans aucune éducation formelle et plus tard en souffrant d’un accident grave.

Qu'est-ce qui vous a incité à continuer d'essayer de réaliser vos rêves ? Et quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui peuvent être confrontés à leurs propres adversités ?

Effectivement, depuis mon plus jeune âge ma vie est synonyme de combat au sens propre comme au sens figuré. Ce qui me donne toujours et même encore aujourd’hui la force de me battre et d’aller jusqu’au bout de mes rêves ce sont les valeurs inculquées par mes parents conjuguées aux valeurs du sport telles que le goût de l’effort, la combativité et le dépassement de soi. Par ailleurs, je suis de nature optimiste et je n’accepte aucune forme de fatalité. Je ne considère jamais que je ne puisse pas faire aussi bien que les autres… Je refuse tout simplement de conclure avant d’avoir essayé et ce quels que soient les obstacles qui se dressent devant moi.

S’agissant de mon message à la jeunesse et comme j’ai eu à le dire lors du Forum des Jeunes de l’UNESCO, je voudrais que les jeunes sachent que la réussite n’a pas d’âge, n’a pas d’origine et n’a pas de couleur. Je profite de toutes mes rencontres avec les jeunes pour leurs rappeler qu’ils doivent croire en eux, en leurs talents et leurs idées et surtout se donner les moyens de leurs ambitions.

La jeunesse ne doit pas rêver de réussite mais elle doit se lever et se battre pour réaliser ses rêves car s’il y a bien une chose dont je suis convaincu c’est que tout ne tient qu’à un seul mot : le travail. C’est mon expérience personnelle qui me fait dire cela. J’ai moi-même énormément travaillé car lorsqu’on ne possède aucun moyen technique, ni financier pour réaliser son rêve, c’est notre force de travail associée à notre persévérance qui fait la différence. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi une panthère comme logo pour symboliser la combativité car nous vivons dans une société où la vie est un combat de tous les jours, il faut se battre sans relâche pour gagner sa place.

Vous avez toujours été fortement impliqué pour aider les jeunes en Afrique. Quelle est la meilleure façon dont nous pouvons aider les jeunes en Afrique aujourd'hui ?

Effectivement, depuis quelques années j’ai pris un engagement, celui de me battre main dans la main avec cette nouvelle jeunesse, cette nouvelle société civile africaine qui a décidé de créer une nouvelle Afrique. Une Afrique dynamique, combative et ambitieuse. 

Quant à la meilleure façon d’aider les jeunes, je pense que cela passe nécessairement par la création d’emplois et le soutien à l’entreprenariat. C’est d’ailleurs en ce sens que depuis plusieurs années, je soutiens les jeunes qui ont des projets notamment à travers diverses donations, mes conseils et mon accompagnement personnel.

Quel rôle peut jouer le sport pour les jeunes qui cherchent un moyen de sortir de la pauvreté et la misère ?

Je dirai plutôt que le sport est un instrument extrêmement efficace pour l’inclusion sociale qui constitue une étape majeure de la lutte contre la pauvreté.

Le sport est indiscutablement un outil d’intégration privilégié parce qu’il porte naturellement en lui les valeurs de respect, de tolérance et d’effort. Il a également le pouvoir d’unir les peuples et les cultures, de briser les classes sociales et les barrières raciales et de vaincre la discrimination et les préjugés.

Le sport peut et doit même être davantage utilisé par les jeunes comme un moteur d’intégration et un moyen de lutte contre toutes formes d’exclusion sociale.




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