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04.09.2017 - Education Sector

« Déchiffrer le code » pour mettre fin aux disparités dans les STEM : la Directrice générale de l’UNESCO ouvre le colloque international

© UNESCO/W.Field

Un nouveau rapport mondial sur les inégalités de genre dans l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) a été lancé lors d’un événement de trois jours visant à lever les obstacles au développement, qui se tient actuellement à Bangkok.

Les filles et les femmes sont largement sous-représentées dans les professions du domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) à travers le monde, une fracture ancrée dès le début de la socialisation et de la scolarisation des filles, à laquelle un colloque international de l’UNESCO qui s’ouvre aujourd’hui entend remédier.

« La science est une vocation qui commence par un rêve, par une aspiration. Aujourd’hui, un trop grand nombre de filles ne sont pas encouragées à poursuivre ce rêve », a dit la Directrice générale, Irina Bokova, dans son discours d’ouverture du Colloque international et du Forum politique de l’UNESCO « Déchiffrer le code : l’éducation des filles en STEM » organisés sur trois jours.

« [Les inégalités de genre dans les STEM] marginalisent les filles et les femmes et jettent une ombre sur des sociétés entières, en freinant les progrès accomplis en vue du développement durable. Dans cette nouvelle ère de restrictions, où chaque pays recherche de nouvelles sources de dynamisme, personne ne peut se permettre d’ignorer 50 % de sa créativité, 50 % de son innovation. »

Mme Bokova a officiellement lancé le nouveau rapport mondial novateur de l’UNESCO intitulé Cracking the code: Girls’ and women’s education in STEM (Déchiffrer le code : l’éducation des filles et des femmes en STEM), qui se penche sur les obstacles qui freinent l’engagement et la contribution des filles et les femmes dans le domaine des STEM, ainsi que sur les solutions concrètes pour y remédier.

La publication Cracking the code met en lumière les obstacles systémiques auxquels les filles font face à chaque étape de leur parcours scolaire, qui les détournent de ces domaines. L’étude montre qu’à partir de l’enseignement supérieur, à l’échelle mondiale, les filles représentent seulement 35 % de l’ensemble des étudiants inscrits dans les domaines d’études relatifs aux STEM. Les processus de socialisation et d’apprentissage qui perpétuent le faux stéréotype selon lequel « les matières STEM sont pour les garçons » ont une influence pernicieuse.

Le rapport reconnaît la nature multidimensionnelle du défi et propose une réponse globale, incluant des changements dans la formation des enseignants, les contenus, supports et matériels d’apprentissage, les méthodes et outils d’évaluation ainsi que l’environnement d’apprentissage et le processus de socialisation à l’école dans leur ensemble.

Lutter contre les obstacles au développement

Le colloque rassemble plus de 300 participants, allant de responsables du plus haut niveau de l’élaboration des politiques de l’éducation et d’experts réputés dans ce domaine, à des pionniers en matière d’égalité des genres dans l’éducation dans des contextes culturels divers et à des modèles féminins de premier plan qui ont excellé dans leurs domaines respectifs.

Les participants se pencheront sur quatre thèmes : une éducation STEM de qualité tenant compte du genre ; lutter contre les stéréotypes et les préjugés entravant la participation des filles ; aller vers, engager et autonomiser les filles et les femmes ; partenariats, apprentissage intersectoriel et coopération.

Comme l’indique le nouveau rapport, les filles ont besoin de modèles féminins positifs dans le domaine des STEM. Le colloque UNESCO réunit quelques-uns de ces modèles, notamment l’oratrice Aditi Prasad, directrice de Robotix Learning Solutions, qui conduit l’initiative Indian Girls Code (IGC) visant à offrir un enseignement gratuit en robotique et en code aux filles défavorisées.

Mme Prasad a évoqué le lancement de l’initiative dans un orphelinat de la petite ville de Trichi dans le sud de l’Inde, où le cycle de vie traditionnel d’une fille consisterait à « terminer l’école publique gratuite, rejoindre un atelier de confection local, se marier et envoyer ses enfants au même orphelinat ». IGC a cherché à rompre ce cycle en donnant aux filles de nouvelles compétences. « Notre rêve est de voir ces filles […] obtenir un diplôme universitaire et avoir un travail qui modifie leurs perspectives, ainsi que les perspectives et les projets de toute leur famille », a dit Mme Prasad. « C’est là que commence notre travail. Avec une jeune fille et les opportunités que nous pouvons lui offrir ».

Dans son allocution d’ouverture, le vice-ministre de l’éducation thaïlandais, le Dr Sophon Napathorn, a dit que la pleine réalisation du potentiel de chaque citoyen, notamment des filles et des femmes, était essentielle au développement national et mondial – à la fois pour le plan de son pays « Thailand 4.0 » et pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030. « L’éducation STEM est en cours d’intégration et sera élargie à toutes les écoles du pays. La Thaïlande a également créé un réseau d’éducation STEM pour s’assurer que ces matières soient accessibles au plus grand nombre dans tout le pays », a dit le Dr Sophon à l’ouverture de la conférence. « Je suis convaincu que le succès [du forum] donnera aux pays des idées innovantes pour introduire l’éducation STEM ».

Durant les trois prochains jours, les participants exploreront les inégalités de genre qui persistent dans l’éducation STEM, mais aussi les solutions innovantes pour autonomiser les filles et les femmes dans le monde, ainsi que les moyens de les partager et de les reproduire. L’objectif est d’avoir un impact concret sur la situation des filles bien après la fin du colloque.

« J’envisage le Programme 2030 comme une jeune adolescente », a dit Mme Bokova lors du lancement de la publication « Cracking the code », « qui va à l’école, qui n’est pas forcée à se marier ou à travailler, qui a la possibilité d’étudier les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques – encouragée par sa famille et sa communauté à devenir tout ce dont elle rêve…ingénieure, chercheuse, médecin. Sans cela, aucune société ne pourra prospérer. »

À l’occasion de sa troisième visite en Thaïlande et la première depuis 2012, la Directrice générale signera également le mémorandum d’accord officiel établissant le Centre international de formation en astronomie, un centre de catégorie 2 placé sous l’égide de l’UNESCO et hébergé par l’Institut national de recherche astronomique de la Thaïlande.

Regardez cette vidéo et joignez-vous aux efforts de l’UNESCO pour aider les filles à « déchiffrer le code » (#GirlsCrackTheCode).




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