» Défendre le patrimoine culturel et la diversité – Défendre une humanité commune
01.12.2016 - ODG

Défendre le patrimoine culturel et la diversité – Défendre une humanité commune

© UNESCO

Le 30 novembre, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a donné la conférence européenne MacCormick 2016 à la Royal Society of Edinburgh sur le thème : « Le nettoyage culturel ou l’impératif de protéger le patrimoine culturel et la diversité ». La manifestation était placée sous l’autorité de Dame Jocelyn Bell Burnell, Présidente de la Royal Society of Edinburgh.

La mission de la Royal Society of Edinburgh consiste à « tenir un rôle de premier plan dans une version moderne des Lumières qui permettra à l’Écosse de contribuer à relever les défis mondiaux auxquels est confrontée l’humanité au XXIe siècle ». Elle est l’aboutissement de la longue histoire de la Royal Society of Edinburgh en tant qu’Académie écossaise des sciences et des lettres, incarnation de l’esprit des Lumières en Écosse.

« Depuis toujours la culture a été victime de la guerre et en a subi les dommages collatéraux », a déclaré la Directrice générale. « Mais nous assistons aujourd’hui à un phénomène nouveau, tant par son échelle que sa nature, et c’est pourquoi j’ai parlé à son propos de « nettoyage culturel ». »

La Directrice générale a ajouté que désormais la coercition ne suffisait plus et qu’il fallait utiliser le pouvoir de la persuasion pour construire une paix durable. « … Nous avons besoin d’éducation, de liberté d’expression, de dialogue interculturel », a-t-elle affirmé en appelant à de nouvelles politiques et une nouvelle solidarité.

« Le patrimoine mondial incarne l’idée humaniste révolutionnaire selon laquelle les peuples de toutes cultures peuvent s’unir autour du patrimoine. C’est pourquoi quand un site de ce patrimoine est détruit, où que ce soit dans le monde, nous souffrons tous, nous sommes tous affectés », a déclaré Irina Bokova en soulignant que les extrémistes violents s’attaquaient à la culture parce qu’ils rejetaient le message de dialogue dont elle est porteuse.

« La culture ne se limite pas à des bâtiments et de vieilles pierres, elle nous parle d’identité et de sentiment d’appartenance. Elle est résilience et source de force pour affronter l’adversité et reconstruire », a expliqué la Directrice générale. « C’est pourquoi je suis convaincue que sauvegarder le patrimoine culturel est aujourd’hui une impératif de sécurité au service de la construction de la paix, une urgence vitale pour restaurer la confiance, renouer le dialogue et redonner l’espoir. [...] La destruction du patrimoine culturel est une question qui relève des droits humains. »

« Quand des extrémistes violents prônent la peur et la division, nous devons répondre par des aptitudes à exercer une pensée critique, par des possibilités d’engagement civique, par des compétences pour le dialogue interculturel », a poursuivi Mme Bokova, en offrant un aperçu de l’action menée par l’UNESCO au service des progrès de l’éducation à la citoyenneté mondiale et de l’investissement dans l’éducation pour la prévention de l’extrémisme violent. À cet égard, la Directrice générale a également déclaré que la culture avait le pouvoir de transformer les mentalités et d’autonomiser les esprits. Elle a ensuite rappelé la liste des actions menées par l’UNESCO pour reconstruire le patrimoine en Nubie, en Égypte, à Mostar en Bosnie-Herzégovine, à Tombouctou, au Mali...

La Directrice générale a souligné l’importance de l’Écosse dans tout cela :

« Les grandes figures écossaises des Lumières – David Hume, Adam Smith, Robert Burns et beaucoup d’autres encore – ont allumé le flambeau de l’humanisme moderne et inspiré une croyance profonde dans le pouvoir de la raison et le changement positif, dans l’impérieuse nécessité de produire et de partager des savoirs. »

La ville d’Édimbourg est une illustration éclatante de cet esprit – ville inscrite au patrimoine mondial, mais aussi Ville créative de l’UNESCO pour la littérature et lieu d’accueil de l’un des plus grands festivals au monde. Cette même énergie bouillonne dans toute l’Écosse – à Dundee, Ville créative de l’UNESCO pour le design, à Glasgow Ville créative de l’UNESCO pour la musique, dans les deux réserves de biosphère qu’abrite la région, dans les deux géoparcs mondiaux de l’UNESCO, et les trois chaires universitaires de l’UNESCO, notamment la dernière d’entre elles, la Chaire UNESCO pour l’intégration des réfugiés par la langue et les arts, à l’Université de Glasgow, dont la titulaire est Alison Phipps, membre de la Royal Society d’Édimbourg. 

Dans un récent rapport, la Commission nationale du Royaume-Uni pour l’UNESCO a estimé que les projets de l’UNESCO en Écosse avait permis de générer quelque 11 millions de livres de revenus entre avril 2014 et mars 2015.

À cette occasion, Irina Bokova a eu l’honneur d’assister au dévoilement d’un nouveau buste de Sir Neil MacCormick, en présence de son épouse.

« La culture, partout et chaque fois qu’elle renaît, permet aux peuples de s’élever avec elle, a déclaré Irina Bokova. Cette conception mondiale de la culture, nous devons la promouvoir ensemble aujourd’hui, parce qu’elle nous offre du sens ainsi que la force de vivre le présent et de contempler l’avenir. »

 




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