» Les journalistes égyptiens débattent d’un projet de création d’un organisme d’autorégulation
16.10.2012 - Secteur de la Communication et de l'information

Les journalistes égyptiens débattent d’un projet de création d’un organisme d’autorégulation

Des journalistes et des experts des médias égyptiens se sont rassemblés au début du mois au Caire pour débattre de la création d’un organisme d’autorégulation des médias en Égypte. La conférence s’est tenue dans les locaux du Syndicat des journalistes égyptiens, avec le soutien du Bureau de l’UNESCO au Caire.

La conférence s’est ouverte sur une allocution de bienvenue de Marius Lukosiunas, conseiller pour la communication et l’information de l’UNESCO. Celui-ci a rappelé que l’UNESCO soutient et favorise des systèmes d’autorégulation des médias dans de nombreux pays, y compris dans le monde arabe.

Ragaie El-Merghani, journaliste et militant de la liberté d’expression éminent, a ensuite présenté un rapport intitulé « Création d’un organisme national indépendant d’autorégulation des médias : objectifs, fonctions, cadre réglementaire et législatif ».

M. Merghani a souligné en quoi un tel organisme d’autorégulation était nécessaire, en rappelant aux participants le combat politique que doivent mener les médias en Égypte, qu’ils soient publics ou privés. Il a affirmé que la période actuelle était particulièrement propice à l’établissement d’une instance d’autorégulation dans le pays.

« Les médias égyptiens sont malades, ils ont besoin d’être soignés. Le meilleur traitement est une indépendance totale », a déclaré M. Merghani.

Le rapport de M. Merghani présente l’idée d’un organisme d’autorégulation indépendant et transparent, créé volontairement et visant à renforcer l’indépendance éditoriale, à juger les litiges, à contacter les médias au sujet de préoccupations et de questions publiques, et de consulter le gouvernement et le pouvoir législatif. Cet organisme de régulation conférerait aux journalistes la capacité de fixer et de faire respecter leurs propres règles, droits et responsabilités.

L’organisme d’autorégulation devrait être composé de juristes, d’éditeurs, de journalistes, de propriétaires d’entreprises de médias et de représentants de la société civile militant en faveur de la liberté de la presse. Le rapport recommande que l’organisme compte 12 membres, qui se verraient chargés de définir les principes de base de l’éthique professionnelle du secteur des médias.

Nombre de personnalités et de journalistes égyptiens renommés ont contribué au débat sur l’organisme d’autorégulation : parmi eux, Anwar Al-Sayed, conseiller du président égyptien ; Mohamed El-Sawy, membre de l’assemblée constituante ; Mamdouh Al-Waly, président du Syndicat des journalistes égyptiens et également membre de l’assemblée constituante ; et Gamal Eid, directeur du Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme (ANHRI).

La conférence s’est conclue par la création d’un comité directeur des principaux acteurs des médias égyptiens, dans le but de préparer un document-cadre d’orientation sur l’organisme d’autorégulation proposé.

La conférence a été retransmise à la télévision égyptienne.




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