» Huit nouveaux éléments inscrits sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente
24.11.2011 - UNESCOPRESS

Huit nouveaux éléments inscrits sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

Au cours de la session qui s’est tenue aujourd’hui, le Comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel réuni à Bali (Indonésie) du 22 au 29 novembre, a inscrit aujourd’hui huit éléments du Brésil, d’Indonésie, d’Iran, du Mali, de Mauritanie, de Mongolie et du Viet Nam sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

Le Yaokwa, rituel du peuple Enawene Nawe pour le maintien de l’ordre social et cosmique (Brésil) : Les Enawene Nawe qui vivent dans la forêt pluviale du sud de l’Amazonie accomplissent le rituel du Yãkwa tous les ans durant les sept mois de la saison sèche afin d’honorer les esprits Yakairiti et maintenir ainsi l’ordre social et cosmique. Les différents clans assument des responsabilités en alternance : un clan se lance dans des expéditions de pêche dans toute la région, pendant qu’un autre prépare des offrandes de sel gemme, de poissons et de mets rituels pour les esprits, joue de la musique et danse. Le Yãkwa et la biodiversité locale qu’il célèbre représentent un écosystème extrêmement délicat et fragile, dont la continuité dépend directement de la conservation de ce dernier.

La danse Saman (Indonésie) : Des garçons et des jeunes hommes des Gayo de la province d’Aceh à Sumatra interprètent la danse Saman assis sur leurs talons ou agenouillés en rangs serrés. Les danseurs tapent dans leurs mains, se martèlent la poitrine et les cuisses, frappent le sol, claquent des doigts, balancent et tournent leur corps et leur tête en suivant un rythme changeant. Les vers qu’ils chantent dispensent des conseils et peuvent être de nature religieuse, romantique ou humoristique. Le Saman est exécuté lors de fêtes nationales et religieuses pour cimenter les relations entre les villages.

Les compétences traditionnelles de construction et de navigation des bateaux iraniens Lenj dans le golfe Persique : Par tradition, les lenjes iraniens sont construits manuellement avec du bois et sont utilisés par les habitants de la côte nord du golfe Persique pour les voyages en mer, le commerce, la pêche et la plongée pour récolter les huîtres perlières. Les savoirs traditionnels associés aux lenjes comprennent la littérature orale, les arts du spectacle et les festivals, en plus de la navigation et ses techniques, la terminologie, les prévisions météorologiques, et les compétences requises pour construire des bateaux en bois. Aujourd’hui, les lenjes en bois sont remplacés par des bateaux en fibre de verre et la philosophie, la culture et le savoir traditionnel liés à la navigation dans le golfe Persique s’estompent peu à peu.

Le Naqqāli, narration dramatique iranienne : Le Naqqāli, représentation théâtrale, a longtemps joué un rôle important dans la société iranienne, aussi bien dans les cours que dans les villages. Le conteur - le Naqqāl - raconte des histoires en vers ou en prose tout en faisant des gestes et des mouvements. Parfois aussi, son récit s’accompagne d’une musique instrumentale et est illustré par des rouleaux de toile peints. En tant qu’artistes et détenteurs de la littérature et de la culture persanes, les Naqqāls doivent connaître les expressions culturelles, les langues, les dialectes ainsi que la musique traditionnelle de leur région. Le Naqqāli requiert un talent immense, une très bonne mémoire et un don d’improvisation pour captiver le public.

La société secrète des Kôrêdugaw, rite de sagesse du Mali : Pour les communautés bambara, malinké, senoufo et samogo du Mali, la société secrète des Kôrêdugaw est un rite de sagesse qui est célébré dans les fêtes et à de nombreuses autres occasions. Les initiés suscitent l’hilarité par leur comportement glouton, leur humour caustique et leur esprit, mais ils font aussi preuve d’une grande intelligence et de sagesse. La société éduque, forme et prépare les enfants à affronter les épreuves de la vie et à gérer des problèmes sociaux. Les Kôrêdugaw incarnent la générosité, la tolérance, l’inoffensivité et la maîtrise du savoir, et appliquent les règles de conduite qu’ils préconisent aux autres.

L’épopée maure T’heydinne (Mauritanie) : L’épopée T’heydinne se compose de dizaines de poèmes dans la langue hassaniya, célébrant les glorieux exploits des émirs et des sultans maures et préservant la mémoire collective de la société. Chantés par les griots et accompagnés par des instruments à cordes traditionnels comme le luth et la harpe, ainsi que par des timbales, les poèmes sont transmis de père en fils, les jeunes griots apprenant d’abord à jouer de ces instruments avant d’être initiés à la tradition poétique. Ces spectacles sont l’occasion de réunions tribales régionales ou familiales qui renforcent les liens sociaux et encouragent une culture de la paix sociale et de l’entraide.

La technique d’interprétation du chant long des joueurs de flûte limbe – la respiration circulaire (Mongolie) : La flûte limbe est une flûte traversière en bois de feuillu ou en bambou traditionnellement utilisée pour les chants longs populaires mongols. Grâce à la technique de la respiration circulaire, les joueurs de flûte limbe peuvent produire les mélodies continues caractéristiques de ce chant long. La flûte limbe se caractérise par les mélodies euphoniques, le mélisme et les airs cachés qu’elle produit, ainsi que par les mouvements adroits et délicats de la langue et des doigts requis pour sa pratique. Le petit nombre d’interpètes qualifiés est devenu préoccupant puisqu’il ne reste plus que quatorze joueurs de flûte limbe.

Le chant Xoan de la Province de Phú Thọ (Viet Nam) : Les chants Xoan sont interprétés dans la province de Phú Thọ, au Viet Nam, les deux premiers mois du calendrier lunaire. Par tradition, les chanteurs des clubs de Xoan se produisaient dans des lieux sacrés comme les temples, les sanctuaires et les maisons communales lors des fêtes de printemps. Des danses et des instruments tels que des cliquettes et différents tambours accompagnent le chant Xoan. La connaissance de la pratique, des coutumes associées, des techniques de chant, des percussions et des danses sont traditionnellement transmises oralement par le chef de la guilde. Ces dernières années d’autres formations et clubs ont repris le flambeau.

Au total, 18 dossiers proposés pour inscriptions sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Le Yimakan, les récits oraux des Hezhen (Chine) a été inscrit hier sur cette Liste.

Le Comité examinera aussi 39 éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel, huit propositions de programmes pour le Registre des meilleures pratiques de sauvegarde et quatre demandes d’assistance internationale.

La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en 2003 et compte désormais 139 Etats parties. Seuls les pays qui l’ont ratifiée peuvent présenter des éléments à l’inscription sur les Listes du patrimoine culturel immatériel.

Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est composé de 24 représentants des Etats membres de l’UNESCO. Ses membres sont élus pour un mandat de quatre ans. La moitié des membres sont renouvelés tous les deux ans.

 

Les médias peuvent suivre l’intégralité de la session du Comité par webcast à l’adresse suivante : http://www.unesco.org/culture/ich/fr/6COM/.

Galerie photo : http://www.unesco.org/new/fr/media-services/multimedia/photos/ith2011/

Il est également possible de suivre la réunion via http://twitter.com/#!/UNESCO_fr et http://www.facebook.com/UNESCOfr

Des vidéos seront disponibles pour les télévisions à l’adresse suivante: http://www.unesco.org/new/fr/media-services/multimedia/news-videos/b-roll/.

Contacts médias

A Bali :

Rasul Samadov

r.samadov(at)unesco.org; +62 (0)81 246 578 947

Pierre Beaulne

pr.beaulne(at)unesco.org

A Paris :

Isabelle Le Fournis

i.le-fournis(at)unesco.org; <a name="clickToCallLink" class="clickToCallPhoneNumber">+33 (0) 1 45 68 17 48</a>

Médias audiovisuels : Carole Darmouni

c.darmouni@unesco.org; +33 (0) 1 45 68 17 38

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