19.06.2017 - Secteur des sciences sociales et humaines

Pour les réfugiés, c’est plus qu’un simple vélo

« Quand j’étais à l’université, je me suis porté volontaire pour être le tuteur d’Adam. Adam était un jeune demandeur d’asile du Darfour, qui avait fait une demande pour rester au Royaume-Uni. Je n’ai pas mis longtemps à remarquer les problèmes que son absence de mobilité causait donc, quand mon frère m’a donné un vieux vélo, je l’ai réparé et je le lui ai donné, » explique Jem Stein, le jeune fondateur et créateur de The Bike Project (le « Projet Vélo »).

« Cela a fait une telle différence dans sa vie que, lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j’ai commencé à collectionner les vélos, à les rénover pendant mon temps libre et à les donner à d’autres réfugiés et demandeurs d’asile. »

L’idée a eu tellement de succès que, il y a quatre ans, Jem l’a transformée en une initiative sociale à temps plein, travaillant dans un atelier situé dans le Sud-Est de Londres.

« Les demandeurs d’asile arrivent dans ce pays sans rien et beaucoup d’entre eux ont fait face à la persécution et à la torture dans leur pays d’origine. Lorsqu’ils arrivent, on les empêche de trouver un emploi et on leur donne de minuscules allocations pour vivre. Londres est une ville riche en opportunités, mais les trouver peut s’avérer éprouvant et c’est la raison pour laquelle un vélo peut faire toute la différence – permettant aux gens d’avoir accès aux différentes associations caritatives qui fournissent de la nourriture, des avocats pouvant aider avec les demandes d’asile, aux rendez-vous au Ministère de l’Intérieur, aux soins médicaux, à l’éducation et bien plus.

Les femmes réfugiées, en particulier, ne savent souvent pas faire du vélo, car il se peut que ce ne soit pas encouragé dans leur pays d’origine. Du coup, nous gérons également un projet réservé aux femmes à travers lequel elles peuvent apprendre à en faire dans un environnement chaleureux et solidaire. »

Mais ce ne sont pas seulement des vélos que The Bike Project fournit (bien qu’ils aient fait des dons de près de 1000 vélos l’an dernier), mais un sentiment de confiance et d’indépendance. « Ce qui est bien, c’est que beaucoup de personnes qui viennent au Projet pour un vélo gratuit finissent par se faire de nouveaux amis et reviennent pour être bénévoles. C’est génial d’être à l’atelier les jeudi soirs quand ça bourdonne de conversations et que des gens venus d’Erythrée, d’Afghanistan, de Londres et de Guinée-Bissau font connaissance autour d’un peu de graisse et d’une boîte à outils ! »

Le travail de l’UNESCO pour la jeunesse à travers tous ses programmes a pour but de donner aux jeunes femmes et hommes, semblables à Jem, les compétences dont ils ont besoin en tant qu’acteurs et leaders d’initiatives sociales dans leurs communautés.

« Quand j’ai commencé The Bike Project, je n’avais pas conscience à quel point ça dominerait ma vie, » dit Jem. « Mais j’ai énormément progressé en termes de confiance et de compétences à tous points de vue et, plus important, le Projet continue à se consolider. ».




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