» Haïti fait le pari du patrimoine et de la culture avec l’UNESCO
17.09.2013 - ODG

Haïti fait le pari du patrimoine et de la culture avec l’UNESCO

© Micheline Laflamme -La citadelle Henri, Haïti

© Micheline Laflamme -La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, s'est rendue à la Citadelle Henry, avec la Très Honorable Michaëlle Jean, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. Haïti, septembre 2013.

La Directrice générale a entamé sa visite officielle en Haïti le 16 septembre en se rendant à la Citadelle Henri, site emblématique de la quête pour la liberté de ce pays qui conquit son indépendance en 1804 après quatorze ans de lutte des esclaves noirs, et à propos duquel le poète Aime Césaire écrivit qu’ « à ce peuple qu’on voulut à genoux, il fallait un monument qui le mît debout.»

Cela faisait plus de trente ans qu’un Directeur général n’avait pas visité ce site,  inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial en 1982, et qui comprend, outre la Citadelle qui s’élève comme la proue d’un navire à plus de 970 mètres, le majestueux Palais Sans Souci et les édifices des Ramiers.

Accompagnée de la Très Honorable Michaëlle Jean, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, et de Madame Sandra Honoré,  Représentante spéciale du Secrétaire-général des Nations Unies en Haïti, et de son Excellence Vanessa Matignon, ambassadrice d’Haïti en France et déléguée permanente auprès de l’UNESCO, la Directrice générale a constaté les défis de la sauvegarde d’un site à l’accès difficile, menacé par l’humidité, les infiltrations d’eau, l’érosion et la végétation tropicale sauvage. A titre d’exemple, l’ingénieur de monument Jean-Hérold Pérard montra des étais installés pour soutenir toute une série de voûtes fissurées, représentant un travail sur plus de dix mois. « Je suis dans la logique de transmettre le savoir et le savoir faire. C’est pour cela que nous formons des jeunes au pratiques de la restauration – à fabrication de briques et tuiles, charpenterie, badigeons, enduits  et chaux à la méthode artisanale».

L’enjeu est aussi de promouvoir ce lieu chargé d’histoire et de culture. Pour la Directrice générale de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), Mme Monique Rocourt, « la Citadelle est un phare duquel les visiteurs peuvent se rappeler, se poser des questions sur le pourquoi, comment et où allons nous. »  Car la mise en valeur du site s’intègre aussi dans l’effort global de reconstruction du pays après le séisme de janvier 2010 qui coûta la vie à plus de 250,000 personnes. Les résultats sont déjà visibles : salle audiovisuelle, sanitaires, signalisation, début d’aménagement du quartier des officiers, maquette du site et des kiosques en bois pour la vente d’artisanat local – peintures, masques, sculptures, colliers et vannerie.

L’UNESCO intervient à chaque étape de ce gigantesque chantier, pour l’évaluation de la structure, la formation d’experts, de guides, de gardiens et les travaux de restauration et de mise en valeur. La Directrice générale a salué la détermination des autorités à protéger et partager la valeur universelle de ce site. « Nous devons préserver cet héritage et la valeur universelle et exceptionnelle de ce parc si important pour la dignité, l'identité et l'avenir du peuple haïtien » a souligné Madame Bokova, saluant aussi les efforts de tous les acteurs, en particulier l’engagement des maires des communes de Milot et Dindon situées dans le parc, et soulignant l’implication des populations locales et l'importance de la mise en place d'un plan de gestion durable.

Sur la route du retour, Madame Bokova et sa délégation ont visité le Campus Henri-Christophe à Limonade, don de la République Dominicaine au lendemain du séisme de 2010.  Le Campus, qui fait partie de l’Université d’Etat Haïti, aspire à devenir un pôle d’excellence de la région du Grand Nord, en pleine revitalisation économique. Accueilli par le professeur Jean-Marie Théodat, la Directrice générale a affirmé que « par sa position au cœur des Caraïbes, par la qualité de ses infrastructures, ce campus peut devenir une plateforme des échanges culturels, scientifiques et technologiques de la région », en affirmant que l’UNESCO allait mettre à disposition le réseau de ses chaires et Instituts pour renforcer la coopération et accélérer le partage des connaissances.

De retour à Port-au-Prince, la Directrice-générale a rencontré des personnalités du monde de la culture au Musée du Panthéon National Haïtien, occasion de réaffirmer l’engagement de l’UNESCO auprès de Haïti à mobiliser le potentiel de la culture, des industries culturelles et de la créativité pour accélérer le  redressement et le développement du pays.




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