» Irina Bokova à la LSE – Un nouveau multilatéralisme pour le XXIe siècle
12.10.2016 - ODG

Irina Bokova à la LSE – Un nouveau multilatéralisme pour le XXIe siècle

UNESCO

Le 12 octobre, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a donné une conférence à la London School of Economics and Political Science (LSE) sur le thème du « Renforcement de la gouvernance mondiale au XXIe siècle », au cours de laquelle elle s’est penchée sur les défis d’un monde de plus en plus troublé et sur le rôle des organisations internationales dans la création et le maintien d’un ordre international basé sur des règles et dans la consolidation d’une gouvernance mondiale efficace.

Cette manifestation était présidée par M. Michael Cox, Chef du Programme de relations transatlantiques et Directeur de LSE IDEAS, et s’est tenue au sein de la Bibliothèque historique Shaw, où les participants étaient entourés par les portraits des anciens présidents de la LSE.

« Notre époque se caractérise par des changements extraordinaires », a déclaré Mme Bokova devant une salle comble, soulignant que « la mondialisation, l’approfondissement des échanges et la révolution technologique ouvrent un vaste champ de possibilités nouvelles pour le commerce et la prospérité, pour la coopération et le dialogue ».

Parallèlement, elle a évoqué les effets croissants du changement climatique sur toutes les sociétés, la persistance de la pauvreté et des conflits, l’augmentation du nombre des attaques terroristes et la montée de l’extrémisme violent, et la plus grande crise des réfugiés et personnes déplacées de notre époque.

« Nous vivons dans un monde de plus en plus fragmenté », a-t-elle déclaré. « Selon les estimations, 1,5 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des régions touchées par les conflits ».

« La coercition ne suffit pas pour instaurer la paix ; le pouvoir de persuasion est également nécessaire […] l’éducation, la liberté d’expression, le dialogue interculturel […] », a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que « nous devons regarder la gouvernance mondiale sous le bon angle, à la lumière de la demande partout croissance en faveur d’une action mondiale, des droits, de la dignité et de la paix ».

« Sous cet angle, pour les femmes et les hommes du monde entier, la complexité des défis d’aujourd’hui appelle davantage de diplomatie, davantage de multilatéralisme », a indiqué la Directrice générale, mettant en exergue les accords historiques de 2015 – le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

« Ces accords montrent qu’il existe aujourd’hui une soif de diplomatie multilatérale, à l’égard de toutes les composantes du système des Nations Unies, qui demeure la seule plate-forme universelle où les idées nouvelles peuvent se transformer en normes, où de nouveaux programmes d’action collective peuvent être élaborés », a ajouté la Directrice générale.

« J’y vois le nouveau multilatéralisme du XXIe siècle ; il est complexe, est constitué de plusieurs strates, se joue des frontières et va au-delà des gouvernements – et c’est précisément la raison pour laquelle il peut réussir ».

La Directrice générale a souligné que plusieurs éléments étaient nécessaires pour qu’il fonctionne : une capacité d’adaptation, de nouvelles façons de penser, de nouveaux partenariats, une nouvelle ouverture à la société civile et au secteur privé. Toutes les composantes du système des Nations Unies doivent désormais mettre l’accent sur la prévention – c’est le cas, par exemple, de l’UNESCO, qui mène des actions en matière de prévention de l’extrémisme violent.

La Directrice générale a également appelé de ses vœux une plus grande cohérence de toutes les initiatives d’appui à la paix, en vue de créer une chaîne ininterrompue d’actions efficaces, allant des initiatives humanitaires et de l’appui à la paix à la reconstruction et au développement
– l’éducation et la culture, notamment, étant intégrées de manière transversale.

« Oui, les temps sont durs pour la gouvernance mondiale », a déclaré Mme Bokova. « Mais nous avons créé de nouveaux cadres d’action multilatérale. À présent, nous devons les rendre opérationnels et, pour cela, je crois que les principes d’inclusion, d’ouverture et d’appropriation doivent nous guider ».

Dans ce contexte, Mme Bokova a souligné l’importance de l’Objectif de développement durable 16 du Programme 2030, qui vise à promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives, à assurer l’accès de tous à la justice et à mettre en place des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous. Elle a fait observer la pertinence de l’action de l’UNESCO au regard de tous les ODD pour autonomiser chacun et ne laisser personne pour compte.

Un vaste débat s’est ensuivi concernant la défense du patrimoine culturel, les actions de lutte contre la pauvreté et les initiatives de l’UNESCO pour affronter les conséquences du changement climatique.




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