» Irina Bokova plaide en faveur de la liberté d’expression lors de la Semaine d’Almedalen (Suède)
07.07.2016 - ODG

Irina Bokova plaide en faveur de la liberté d’expression lors de la Semaine d’Almedalen (Suède)

© UNESCO

Le 7 juillet 2016, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a prononcé l’allocution inaugurale d’une manifestation intitulée « Qui prendra la responsabilité politique de protéger la liberté d’expression ? », organisée par Radio suédoise lors de la Semaine d’Almedalen (Suède).

Cette manifestation a accueilli S. E. Mme Alice Bah Kuhnke, Ministre de la culture et de la démocratie, ainsi que plusieurs autres invités : Mme Maria Persson Löfgren, ancienne correspondante de Radio suédoise, M. Jonathan Lundqvist, de Reporters sans frontières Suède, et M. Thomas Mattsson, Rédacteur en chef du Expressen. La manifestation a débuté par un entretien avec la lauréate 2016 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, Mme Khadija Ismayilova.

La Semaine d’Almedalen est le plus grand rassemblement politique annuel de Suède, où se réunissent partis politiques, responsables gouvernementaux et politiques, et représentants des médias. La Semaine comprend plus d’un millier de manifestations et accueille plusieurs dizaines de milliers de participants.

Mme Bokova a remercié Radio suédoise et tout particulièrement sa Directrice générale, Mme Cilla Benkö, de son invitation, qui souligne à quel point la Suède est attachée à la défense de la liberté d’expression et de l’accès à l’information.

« La liberté d’expression est le fondement de toutes les autres libertés », a déclaré la Directrice générale. « Elle est la pierre angulaire d’une société démocratique, d’une bonne gouvernance, de l’état de droit, de la transparence et de la responsabilité. Fondamentalement, je crois qu’elle est au cœur de la définition même de l’humanité. »

Elle a évoqué les paradoxes auxquels la liberté d’expression est aujourd’hui confrontée, à une époque où la création et l’échange de connaissances n’ont jamais été aussi exempts de frontières mais où d’importants défis d’un genre nouveau se font jour – absence de pluralisme, mécanismes juridiques et règlementaires de contrôle, législations nationales sur les médias et la liberté d’information qui ne répondent pas aux normes internationales.

« Le plus tragique, c’est que 825 journalistes ont perdu la vie au cours de la décennie écoulée », a-t-elle rappelé. « La plupart d’entre eux sont non pas des correspondants de guerre, mais des journalistes locaux traitant de problèmes de corruption et de criminalité. Pire : moins de si 6 % des assassinats ont été élucidés. »

La Directrice générale a souligné le rôle de chef de file de l’UNESCO en tant qu’institution des Nations Unies aux avant-postes de la défense de la liberté d’expression dans le monde, en vue de renforcer la sécurité des journalistes et de soutenir le développement des médias.

Ainsi, l’Organisation est l’initiatrice du Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité et collabore avec les gouvernements et les associations professionnelles pour mettre en place des comités de veille médiatique, créer des mécanismes nationaux, former les journalistes.

« Au Mexique, au Paraguay, en Uruguay, au Chili, en Tunisie, nous travaillons main dans la main avec les établissements de formation, le Ministère de la justice et les forces de sécurité afin de former les juges et d’améliorer l’action de la police. »

Elle a mis en avant les initiatives de l’UNESCO visant à faire progresser l’égalité entre les sexes dans et ‎par les médias et à lutter contre l’impunité et défendre les droits et libertés en ligne, sur l’Internet.

« La Suède joue un rôle de premier plan à tous ces égards », a-t-elle déclaré. « Je remercie le Gouvernement suédois de montrer la voie à suivre aux défenseurs de ces causes et de soutenir l’UNESCO, précisément par le biais de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement. »

La Directrice générale a attiré l’attention sur le succès de projets soutenus par la Suède dans la région des États arabes, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, les liant aux initiatives destinées à faire progresser le Programme de développement durable à l'horizon 2030, notamment la cible 10 de l’ODD 16 : « Garantir l’accès public à l’information et protéger les libertés fondamentales, conformément à la législation nationale et aux accords internationaux ».

« Les droits et libertés sont des fins en soi. Ce sont aussi des vecteurs de changement positif à tous les niveaux », a-t-elle précisé.

Dans son intervention, Mme Alice Bah Kuhnke, Ministre de la culture et de la démocratie, a évoqué l’engagement et les actions de la Suède en matière de défense de la liberté d’expression, y compris par le biais de l’importante plate-forme qu’offre l’UNESCO.

Ensuite, un débat de groupe a eu lieu avec M. Thomas Mattsson, M. Jonathan Lundqvist et Mme Maria Persson Löfgren sur leur expérience du terrain.




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