16.11.2009 -

Message d'entrée en fonction d'Irina Bokova

Mesdames et Messieurs,

 

Le 15 novembre 2009, j’ai pris officiellement mes fonctions de Directrice générale de l’UNESCO, agence spécialisée des Nations Unies dont la mission est de construire la paix par l’éducation, la science et la culture. Dans ce but, je me réjouis d’établir des relations de coopération dynamiques avec toute la famille des Nations Unies.

Mes fonctions me confèrent une immense responsabilité, surtout en ces temps complexes que nous vivons. Notre époque est d’une part marquée par la globalisation, avec ses effets positifs d’ouverture sur le monde, mais aussi avec les risques d’uniformisation qu’elle fait courir. Notre époque est aussi marquée par une crise multiforme, qui nous montre la nécessité de remettre en question les modes selon lesquels nous fonctionnons. J’ai la conviction que les valeurs humanistes sont au cœur des réponses à apporter : ce sont la tolérance, le respect de la diversité culturelle et le dialogue entre les cultures, qui sont les chemins que je vais prendre et dans lesquels l’UNESCO va pleinement s’investir. Je suis également convaincue du rôle central que doit jouer l’éducation : c’est, pour moi, la priorité des priorités. L’éducation est la base fondamentale sur laquelle une société plus juste peut être bâtie.

Je suis profondément consciente des très grandes disparités de destins au cœur de notre humanité. Je me sens entièrement concernée par les immenses détresses qui entachent notre monde. C’est pourquoi je prends la résolution de mettre toutes mes forces à activer le potentiel de l’UNESCO au service de l’humanité. Je vais faire en sorte que toute l’expérience et les moyens intellectuels dont dispose l’UNESCO soient totalement déployés vers le concret, c’est-à-dire vers les projets que nous mettons en place dans le monde. Nous serons au plus près des Etats membres, au plus près de leurs besoins, avec comme priorités absolues l’Afrique, les petits Etats insulaires en développement, les pays en situation de post-conflit et l’égalité des sexes.

J’ai l’intention de multiplier les partenariats qui nous permettront de mener l’UNESCO hors-les-murs. Je m’emploierai aussi à disséminer notre message, pour que chacun ait une compréhension juste de ce qu’accomplit l’UNESCO. Je vais adopter une communication directe et dynamique avec les médias, pour faire mieux connaître notre Organisation, et sensibiliser l’opinion publique aux immenses défis de notre temps. La pauvreté et l’illettrisme, le déclin de la diversité et le changement climatique, le problème des ressources en eau ou la disparition des langues sont des questions qui nous concernent tous, et qui requièrent un engagement solidaire.

En tant que Directrice générale de l’UNESCO, je vais mettre en pratique les valeurs au cœur du nouvel humanisme que je prône : la solidarité et le partage. Mon but est de conduire le monde vers une nouvelle ère de paix. Je veux démontrer, par l’action et par des résultats tangibles, que la solidarité internationale est un état beaucoup plus satisfaisant, pour l’humanité tout entière, que l’indifférence. Il n’existe pas de ligne géographique pour séparer le bonheur du malheur, ni pour séparer la force de la faiblesse. Nous allons convaincre les plus forts d’aider les plus faibles. Nous sommes tous liés par notre appartenance à notre planète.

L’UNESCO est un laboratoire d’idées, la « conscience de l’humanité » selon le grand humaniste Jawaharlal Nehru. Je vais ouvrir les portes de l’UNESCO aux intellectuels, aux scientifiques et aux artistes, pour que s’élaborent dans notre grande maison les réponses possibles aux grands défis de notre époque.

A toutes les femmes, tous les enfants, à tous les jeunes, tous les hommes, je dis : l’UNESCO va se donner une nouvelle vigueur et les moyens de vous aider à vivre mieux, forte de son mandat spécifique qui englobe l’éducation, la science, la culture et la communication. Forte des hauts moments de son histoire et de son expérience, l’UNESCO s’engage, à vos côtés, à lutter contre l’exclusion : l’illettrisme est une exclusion, la misère est une exclusion. L’UNESCO va se concentrer sur les programmes les plus urgents. Nous allons nous montrer vigilants, présents et efficaces. Je veillerai à ce que nos domaines d’expertise trouvent leur place, fondamentale, dans tout projet de développement et d’aide internationale. Et je relancerai le débat sur la culture et le développement durable.

Aujourd’hui, je prends l’engagement de servir toutes les nations et leurs peuples. J’espère que vous serez nombreux à recevoir ce message d’amitié et d’appel à la solidarité. Bien sûr, je compte sur vous, car ensemble, et grâce à la coopération multilatérale, nous sommes plus forts pour accomplir notre mission. Chacun de nous doit s’impliquer.




<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page