» La Directrice générale dresse un bilan d’étape de la feuille de route
12.07.2012 -

La Directrice générale dresse un bilan d’étape de la feuille de route

Les Etats membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO se sont réunis mardi 10 juillet 2012 pour une deuxième réunion d’information depuis la dernière session du Conseil exécutif au mois de février.

Deux grands sujets étaient à l’ordre du jour :

  • Informations actualisées sur la situation financière et progrès réalisés dans la mise en œuvre de réforme de l’UNESCO.
  • Résultats et enseignements de Rio + 20 et impacts éventuels sur la préparation des propositions préliminaires de la Directrice générale pour la Stratégie à moyen terme.

Lire le discours

La Directrice générale et son équipe ont répondu à une trentaine de questions posées par les Etats Membres en amont de lé réunion, avant d’engager le débat avec la salle.

Dans son allocution d’ouverture et tout au long de la journée, la Directrice générale a rappelé que la réforme actuelle a deux composantes, à court et à long terme : «Il s’agit, pour une part, de résorber le déficit budgétaire, mais il s’agit également et surtout à mon avis de mieux positionner l’UNESCO, de mieux définir notre valeur ajoutée ».

La Directrice générale a souhaité remettre les difficultés actuelles de l’Organisation en perspective, montrant les résultats des efforts de positionnement entrepris depuis plus d’un an : initiative globale du Secrétaire général des Nations Unies sur l’éducation (où l’UNESCO joue un rôle de premier plan), Conseil consultatif scientifique, pacte mondial sur les océans, ouverture d’un nouveau bureau en Libye, etc.

La Directrice générale est revenue sur le détail de la situation financière et des mesures prises pour y faire face, dans 3 directions : réduction massive des coûts, accélération de la réforme sur la base de l’Evaluation externe indépendante, levée de fonds supplémentaires.

« Les données du problèmes sont claires » a-t-elle souligné. L’UNESCO subit « une réduction de 29% des ressources du programme ordinaire, et j’ai fixé cette somme comme plafond (…). Au cours des 5 premiers mois, nous avons déjà réduit le niveau de nos dépenses de 13% par rapport au dernier biennium, et selon nos prévisions actuelles, nous devrions atteindre 18% de réduction sur l’ensemble du biennium. En 5 mois, c’est déjà considérable. Nous avançons vers l’objectif. »

Expliquant aux Etats membres les dernières mesures prises – réduction des frais de missions, fusion de tous les bureaux administratifs des services centraux dans une seule unité, gel de 100% des postes vacants sauf rares exceptions – Irina Bokova en a détaillé l’impact sur les objectifs de la feuille de route : plans de travail déjà été réduits de 17%, ratio entre le personnel hors Siège et au Siège en voie d’amélioration, réduction de 35% des postes administratifs dans les services centraux. Répondant aux questions posées notamment par le Royaume Uni, Sainte Lucie les Pays-Bas ou le Danemark, elle est également revenue en détail sur les obstacles rencontrés, notamment sur le taux de mise en œuvre ou le niveau de décentralisation.

En effet, en dépit d’avancées réelles, la Directrice générale a clairement souligné la difficulté de la tâche. « Cette situation n’est pas viable sur le long terme », et se traduit par la suspension ou le report de nombreux programmes, dont elle a présenté une liste. « Nous sommes conscients que la réforme des procédures et des services administratifs ne suffit pas – diagnostic également partagé par l’Egypte. Il y a des limites à ce que l’UNESCO peut couper sans risquer de se perdre, et aujourd’hui, nous arrivons à cette limite », appelant à une réflexion concertée sur les priorités de l’UNESCO et le recentrage des activités.

Dans l’immédiat, la Directrice générale a donné le détail des sommes du Fonds d’Urgence créé pour financer les priorités du C5. Elle a ainsi vivement remercié l’Arabie Saoudite pour l’annonce d’une contribution de 20 millions de dollars. En réponse aux délégations du Pérou et du Mexique et prenant l’exemple du nouvel organe subsidiaire pour la Convention de 1970, la Directrice générale a clairement manifesté son intention de réunir les Etats parties dès 2013 afin de maintenir la pression sur ce sujet central, quitte à puiser dans les ressources du Fonds.

La Directrice Générale a aussi présenté aux Pays Membres sa vision du bilan de la conférence des Nations Unies sur le Développement Durable qui s'est tenue à Rio du 20 au 22 Juin 2012.

« En dépit de tous les désaccords et les difficultés », a-t-elle dit, « cette conférence a rassemblé le monde entier - pour faire le point des problèmes, identifier les domaines possibles d'action et lancer leur mise en œuvre. En cela, cette conférence a été un succès ».

La Directrice Générale a souligné la mobilisation de l'UNESCO à la conférence Rio+20 – depuis le forum sur la science, la technologie et l’innovation pour le développement durable, qui s’est tenu juste en amont de la Conférence,  à l'organisation de trois événements parallèles sur l'Education au service du développement durable, sur l'Océan, et sur l'Année internationale de la coopération sur l'eau en 2013.

Le document final de Rio+20 a placé la durabilité au centre des enjeux mondiaux, accompagnée de messages forts de l'UNESCO sur l'éducation pour le développement durable, sur le rôle de la science de la durabilité, sur l'océan, et sur l'importance des technologies de l’information et de la communication. Le Secrétaire-Général des Nations Unies a demandé à l'UNESCO et à sa Directrice-Générale de mener les travaux de son nouveau Comité de Conseil Scientifique, qui peut être une étape majeure pour la réflexion sur el développement durable.

« Aucun engagement fort n'a été pris », a expliqué la Directrice-Générale, « mais des idées fortes ont été fermement inscrites dans les plans nationaux, partout dans le monde ».

Elle a souligné l'importance stratégique de l'accord de Rio sur la définition d'un ensemble d'Objectifs Concrets pour le Développement Durable, qui doit être intégré au programme de développement mondial post-2015. Dans ce contexte, la Directrice-Générale a partagé ses réflexions avec les Pays Membres sur le processus en cours visant à définir la stratégie à moyen terme de l'UNESCO.

Ce processus se construit sur les consultations régionales, sur les questionnaires – pour lesquels un niveau historique de 113 réponses à été atteint – sur le "Leaders Forum" organisé pendant la dernière Conférence Générale, ainsi que sur les Débats Thématiques de la Directrice générale avec les Délégations permanentes, en 2011 et 2012.        

La Directrice-Générale a souligné que le prochain C/4 doit apporter des réponses claires en période de changement et d'incertitudes, ajoutant que « Nous devons calibrer le C/4 à l'aune des attentes des Etats dans ce contexte général et pas seulement à l'aune de ce que nous pensons déjà bien faire. l'UNESCO ne doit pas être un lieu fragmenté avec quelques forces de "niche" – elle doit être une Organisation unique dont les efforts convergent pour offrir une réponse cohérente »

La Directrice-Générale a souligné trois directions stratégiques pour l'Organisation : Apprendre à vivre ensemble dans une ère de diversité ; apprendre à développer durablement dans une ère de limites ; et innover pour construire la paix, en particulier dans les états fragiles.

Avant d'ouvrir le débat, la Directrice a rappelé aux Etats Membres l’objectif qui les unit – renforcer l'UNESCO comme leader mondial face défis du 21ème siècle.

« Les circonstances sont difficiles, et les contraintes sont fortes – mais ces dernières doivent nous pousser à l'action, et c’est exactement ce que nous faisons. »




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