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13.02.2014 -

La première mission à Gao depuis la fin de l’occupation militaire du nord du Mali dresse un bilan des dommages causés au patrimoine culturel de la ville

© Thierry JoffroyDépart de la délégation par un avion de la Minusma (Mali)

L’UNESCO, des experts maliens et internationaux ont procédé le 11 février à une première évaluation des dommages causés au patrimoine culturel de Gao, qu’il soit matériel ou immatériel, suite à l’occupation de certaines parties du nord du Mali par des groupes armés.

« Des mesures urgentes sont nécessaires pour sauvegarder le Tombeau des Askia, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, avant la prochaine saison des pluies en juin », a déclaré Lazare Eloundou, Directeur du Bureau de l’UNESCO à Bamako, qui a pris part à la mission.

« Pour ce qui est du patrimoine de Gao, nous devons aussi prendre en compte le traumatisme culturel subi par la population locale après les actions violentes menées par les occupants armés pour tenter de détruire leur identité et leurs pratiques culturelles, notamment la musique traditionnelle. Nous devons panser ces plaies pour favoriser la réconciliation et une paix durable dans la région », a conclu Lazare Eloundou.

Parmi les autres participants à la mission qui s’est rendue à Gao figurent notamment Lassana Cissé, directeur national du patrimoine culturel malien ; Alain Crédeville, de l’Ambassade de France à Bamako et Sophie  Ravier, chef de l’unité culture et environnement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA)*, qui a facilité cette première mission en assurant le transport et la sécurité.

Au cours de la visite, les experts ont constaté que les habitants ont mené à bien les travaux de consolidation du Tombeau des Askia à leurs propres frais afin d’éviter que ce monument en terre du 15e siècle ne subisse d’autres dommages.  Des jeunes habitants de la ville ont aussi pris le risque de défendre le site pendant l’occupation, empêchant les extrémistes de commettre des dégâts analogues à ceux infligés aux sites du patrimoine mondial de Tombouctou.


© Marco Dormino

Les experts ont toutefois noté que les efforts de la population ont été temporaires et que les salles de prières de la mosquée nécessitent un important travail de conservation avant la prochaine saison des pluies.

Ils ont également observé que d’autres biens culturels ont été sérieusement mis à mal à Gao. Quatre-vingt-dix pourcent du site archéologique de Gao Saneye, qui date du 11e siècle après J.-C., a été pillé par les extrémistes. Les nouveaux locaux du Musée du Sahel, où les collections devaient être transférées en mars 2012, ont servi de résidence aux extrémistes pendant près d’un an. Ils ont été largement endommagés. Il faudra réhabiliter le bâtiment avant de transférer les collections.

Les collections se trouvant dans les anciens locaux du Musée, notamment les instruments à cordes utilisés pour la musique touarègue Imzad, récemment inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, ont été cachées par le conservateur du musée et le personnel.

Au cours des nombreuses consultations qu’ils ont eues avec des représentants de la population locale, les membres de la mission ont eu connaissance des difficultés auxquelles ont été confrontés les habitants, notamment les groupes culturels, les musiciens et les danseurs, dont les instruments ont été brûlés et les costumes et accessoires pillés et détruits. Le Takamba, une danse populaire Songhoy, et le Holey-Orey, la danse des possédés, ont été interdites. La Maison des artisans a été vandalisée et les artisans ont perdu leur source de revenus.

L’UNESCO et les autorités maliennes vont coopérer pour dresser une évaluation complète des besoins relatifs au patrimoine culturel de Gao et prendre des mesures afin de préserver ce patrimoine.

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*Ainsi que Youssouf Dembele, Secrétaire général de la Comminssion nationale de l’UNESCO pour le Mali ; Thierry Jeoffroy, Directeur de CRAterre-ENSAG ; Sébastien Diallo, expert de l’ICOMOS  et expert de l’ICOMOS, Samuel Sidibe, Directeur du Musée National  et Alpha Diop, architecte-conservateur.




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