» La science, la technologie, l’innovation et la culture en première ligne du débat de haut niveau de l’ECOSOC
03.07.2013 -

La science, la technologie, l’innovation et la culture en première ligne du débat de haut niveau de l’ECOSOC

© Magali De Vrin

Les 1er et 2 juillet, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a participé au débat de haut niveau de la session de fond du Conseil économique et social (ECOSOC), dont le thème cette année était « La science, la technologie et l’innovation ainsi que les perspectives ouvertes par la culture au service de la promotion du développement durable et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ».

Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a ouvert la session en envoyant un message fort : « la science, la technologie et la culture sont des éléments indispensables à tout agenda du développement post-2015 ».

Dans son discours inaugural, la Directrice générale a rappelé combien il était important de réaliser les OMD afin d’être crédible s’agissant d’établir un nouvel agenda pour la suite et a déclaré : « nous nous rencontrons à un moment charnière, alors qu’il reste exactement deux ans et demi avant l’échéance fixée pour les Objectifs du Millénaire pour le développement. Le soutien à l’innovation ne peut être dissocié de la promotion de la culture et de la diversité culturelle. Il ne saurait y avoir d’innovation en l’absence d’un environnement culturel vivace ». Après quoi Mme Bokova a souligné le rôle de la créativité et de la culture comme accélérateurs de l’innovation.

Dans le cadre du débat de haut niveau de l’ECOSOC, la Directrice générale a présidé une table ronde ministérielle de l’UNESCO sur le thème : « La culture et l’innovation dans l’agenda pour le développement post-2015 », le 2 juillet*. La table ronde a réuni des Ministres de la culture, de la science et de la technologie, des représentants permanents des États membres auprès des Nations Unies, des institutions du système des Nations Unies – dont le PNUD, la Banque mondiale, la CNUCED et l’OMPI –, et la société civile. 

La Directrice générale a demandé le soutien des Ministres à l’élaboration « de références explicites en vue de mettre au point des stratégies permettant d’exploiter le potentiel de la créativité et des industries culturelles – en tant que vecteurs de développement durable, en tant que source d’identité et d’innovation et en tant que force d’inclusion sociale et d’éradication de la pauvreté ». Mme Bokova a également souligné le besoin de « nouveaux types de preuves démontrant quels sont les facteurs déterminants pour que les économies créatives locales prospèrent et mènent à un développement économique et social durable » et elle a ajouté que ces éléments figureront dans la prochaine édition spéciale du rapport mondial sur l’économie créative qui sera publié par l’UNESCO et le PNUD en septembre 2013.

Au cours du débat, les participants ont cité des exemples de la façon dont les industries créatives favorisent l’essor du commerce, créent des emplois notamment pour les jeunes, ont un effet catalyseur sur l’inclusion sociale et sont le moteur d’une « nouvelle économie » également fondée sur la technologie et l’innovation, et de la façon dont l’investissement dans la créativité peut transformer les sociétés, construire la stabilité et la paix et constituer ainsi un investissement dans un développement durable et inclusif. Les participants ont également appelé à multiplier les partenariats dans les initiatives de développement en y faisant participer la société civile et des acteurs du secteur privé ainsi qu’à produire des données et des indicateurs plus nombreux et de meilleure qualité pour rendre compte de l’impact de la culture sur le développement durable.

Évoquant la situation de son pays, S. E. Mme Maria Teixeira, Ministre angolaise de la science et de la technologie, a déclaré : « après trente ans de guerre civile, nous enseignons à nos jeunes le respect des nombreuses cultures présentes en Angola pour construire la paix et avancer comme un seul et même peuple ».

« La cohésion sociale et l’innovation sont nécessaires au développement durable et toutes deux dépendent de la culture », a affirmé S. E. Mme Rola Dashti, Ministre koweïtienne du plan et du développement, en ajoutant : « la culture ne doit pas être considérée comme une question à part, mais être au contraire un pilier de l’agenda du développement post-2015 ».

Parlant de la puissance de l’industrie cinématographique nigériane en tant que force économique créatrice d’emploi, instrument de cohésion sociale et vecteur de diffusion de messages sur la santé et l’éducation, Mme Precious K. Gbeneol, Assistante spéciale principale du Président du Nigéria sur les OMD, a souligné « que la culture ne doit pas être sous-estimée si nous tenons à réaliser les OMD et nous devons l’inscrire dans l’agenda du développement post-2015 ».

« La culture, l’éducation et la technologie sont des catalyseurs qui se conjuguent pour que personne ne soit laissé pour compte », a résumé M. Mahmoud Mohieldin, Envoyé spécial pour les OMD et le développement financier du Président de la Banque mondiale.

Lors de la manifestation parallèle organisée par l’UNESCO, le CERN, l’Union internationale des télécommunications (UIT) et la Fédération internationale des femmes diplômées des universités (FIFDU), sur le rôle des femmes dans la science, la Directrice générale, dans son discours inaugural, a souligné la part cruciale des femmes dans le progrès scientifique et le besoin de femmes scientifiques dans une nouvelle ère des limites – en termes de ressources et de frontières de la planète. « Nous devons libérer toute la puissance de l’innovation, développer de nouvelles solutions qui soient inclusives, justes et durables », a-t-elle déclaré. « Voilà pourquoi l’égalité des genres est si essentielle. »

La Directrice générale a également participé au lancement de l’Indice mondial de l’innovation (GII), auquel l’UNESCO a activement contribué en tant que membre de son Comité consultatif.

Enfin, Mme Bokova a profité de sa visite pour tenir des réunions bilatérales avec des chefs de secrétariat d’institutions spécialisées des Nations Unies établis à Genève.

*   Une deuxième table ronde ministérielle sur le thème : « Science, technologie et innovation au service de la durabilité mondiale » se tiendra le 3 juillet.

 




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