» Les ressources en eau souterraine souffrent d’une gouvernance insuffisante, selon les experts
31.05.2012 - UNESCO / FAO

Les ressources en eau souterraine souffrent d’une gouvernance insuffisante, selon les experts

Gouvernance des eaux souterraines: un cadre global pour des actions locales

2,5 milliards de personnes dépendent uniquement des ressources en eaux souterraines pour satisfaire leurs besoins quotidiens en eau, et des centaines de millions d'agriculteurs dépendent des eaux souterraines pour assurer leurs moyens de subsistance et contribuer à la sécurité alimentaire d’un plus grand nombre. Pourtant, selon les experts, la plupart – sinon l’ensemble - des aquifères, ne sont pas gérés de façon durable ni équitable en vue de conserver et de protéger ces ressources en eau douce essentielles.

L'absence d'une gouvernance efficace est citée comme l'une des causes principales de l'épuisement de l'eau souterraine, la pollution des aquifères et même de leur répartition inéquitable. Des experts internationaux et les parties prenantes se réunissent à Nairobi pour la 2e Consultation régionale du Projet de Gouvernance des eaux souterraines afin d’inverser cette tendance préoccupante et de combler les lacunes de la gouvernance. Ils y discuteront des priorités et des besoins régionaux, et contribueront à un « Diagnostic Global de la Gouvernance » des eaux souterraines. Ce diagnostic servira de base à un cadre d'action global destiné à promouvoir les bonnes pratiques de gouvernance des eaux souterraines.

S'exprimant au cours de la cérémonie d'ouverture de la réunion, Alice Aureli, spécialiste principale de programme au sein du Programme hydrologique international de l'UNESCO, a noté que la formulation de bonnes stratégies de gouvernance de l'eau est nécessaire pour assurer la survie de la planète.
« Nous sommes actuellement confrontés à des défis environnementaux et mondiaux sans précédent, tels que la croissance démographique. La population mondiale pourrait atteindre les 9 milliards de personnes dans les 40 prochaines années, exigeant de multiplier la production alimentaire par deux sur trente ans, ainsi que plus énergie pour les besoins fondamentaux. A ces facteurs mondiaux s’ajoutent risques accrus par le changement climatique, la perte de biodiversité et les limites des ressources naturelles. Ces risques comprennent les événements hydrologiques extrêmes qui peuvent provoquer des inondations et des sécheresses graves. Dans les deux cas, la formulation de bonnes stratégies de gouvernance de l'eau est essentielle pour assurer la survie de la planète », a déclaré le Dr Aureli.

L'eau souterraine fournit près de la moitié de l'eau potable du monde et environ 43% de toute l'eau effectivement utilisée pour l'irrigation. En outre, les aquifères constituent une réserve essentielle pour les populations des régions arides, en fournissant une source fiable d'eau, même pendant de longues périodes sans précipitations. Par ailleurs, les eaux souterraines contribuent au maintien de nombreux types d'écosystèmes dont dépendent souvent les populations.

Toutefois, la gouvernance des ressources mondiales en eau souterraine en est encore à ses balbutiements. Les processus de décision concernant leur gestion et leur utilisation ne s’appuient pas toujours sur des études suffisantes, conduisant à des schémas d'utilisation qui ne peuvent pas être appliqués à long terme. La gouvernance des eaux souterraines est encore plus complexe lorsque les ressources font l’objet d’un partage transfrontalier. En Afrique seulement, plus de 40 aquifères transfrontaliers ont été répertoriés*.

Le Gouvernement du Kenya, qui accueille la réunion, a déclaré que bien que le pays soit encore considéré comme un pays pauvre en eau, puisque chaque habitant ne dispose que d’environ 647m3 par an, les études montrent que le pays possède jusqu'à 60 milliards de mètres cubes de potentiel en eau souterraine, qui doivent être localisés avec précision.

« Les avantages des eaux souterraines sont nombreux - leur présence dans de nombreux endroits, la vitesse à laquelle leur exploitation peut être entreprise, le coût relativement faible de leur exploitation, leur résilience à la sécheresse et leur capacité à s’adapter aux besoins de la demande - en font un élément essentiel dans l'approvisionnement en eau en milieu rural et des petites agglomérations, ainsi que pour les utilisations domestiques de l'eau, l'irrigation et les utilisations industrielles et commerciales » a déclaré le Ministre adjoint du Kenya du Ministère de l'eau et de l'irrigation, l'Hon. Ferdinand Waititu.

« Nous ne devons plus considérer les eaux souterraines seulement dans les situations d'urgence et comme une ressource de dernier recours. Il s'agit d'un point de vue étroit qui doit être abordé et inversé afin d'appliquer pleinement les principes de la GIRE. La région subsaharienne est confrontée à plusieurs défis, y compris la mauvaise compréhension des régimes des eaux souterraines et l’insuffisance et inadéquation des données et de l'information. J'espère que cette très importante réunion régionale fournira un aperçu des possibles solutions pratiques qui permettraient de relever les défis spécifiques liées aux eaux souterraines de notre région », a déclaré l’Ing. David Stower, Secrétaire permanent du Ministère de l'Eau et de l'Irrigation du Kenya.

La consultation régionale pour l’Afrique subsaharienne est la deuxième sur les cinq prévues par le projet de « Gouvernance des eaux souterraines ». Elle se déroule à Nairobi, au Kenya, du 29 au 31 mai 2012. A cette occasion, plus d'une centaine d'éminents experts africains et les principaux intervenants locaux se réuniront pour identifier les spécificités, les priorités, les visions, les lacunes et les défis de la région, afin de contribuer à un « Diagnostic Global de la Gouvernance » des eaux souterraines.

Le Diagnostic est la première étape dans l'élaboration d'un « Cadre global d'action ». Il fournira la base technique indispensable pour dégager une vision commune, en compilant les meilleures connaissances scientifiques disponibles et récentes sur les eaux souterraines et leur gouvernance.
Les consultations régionales offrent l’opportunité d’un dialogue interdisciplinaire sans précédent entre les décideurs locaux et toutes les parties prenantes, qui permet des échanges sur les priorités régionales en matière de gouvernance des eaux souterraines.

Le projet « Gouvernance des eaux souterraines: un cadre global pour des actions locales » a été initié par l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l'Organisation des Nations Unies (FAO), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la Banque mondiale, et l’Association Internationale des Hydrogéologues (AIH) pour répondre aux nouveaux enjeux mondiaux sur la gestion des ressources des eaux souterraines. Il s'agit d'une initiative de 3 ans, financée par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM/GEF). L’objectif général du projet est de renforcer la sensibilisation concernant l’importance capitale d’une bonne gestion des ressources des eaux souterraines pour faire face à la crise globale de l’eau.
Comme résultat final, l'ensemble du projet vise l’élaboration d’un Cadre d'action , comprenant un ensemble d'outils de gouvernance efficaces (politiques, lois, règlements et pratiques coutumières) pour les décideurs et les parties prenantes.

Liens connexes:

* source: www.isarm.org




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