» La migration est une chance pas une menace pour le développement durable
12.07.2016 - Communication & Information Sector

La migration est une chance pas une menace pour le développement durable

© Procyk Radek / Shutterstock.com

Les nombreux réfugiés et personnes déplacées dans le monde soulèvent un grand nombre de débats dans beaucoup de pays. La situation est exacerbée par des questions d’intégration sociale et par les récits médiatiques, qui requièrent des solutions concrètes pour éviter les divisions au sein de la population.

Dans ce contexte, l’UNESCO a organisé mercredi 6 juillet une grande conférence intitulée « Migration pour le développement durable : les transformations sociales, les récits médiatiques et l’éducation ». Des experts issus d’horizons divers se sont réunis pour discuter de comment la société civile et les médias peuvent contribuer à une meilleure compréhension et une tolérance accrue dans les sociétés confrontées aux défis soulevés par la migration.

Frank La Rue, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la communication et l’information, a ouvert l’événement en demandant aux gens de comprendre que « nous ne devons pas voir les migrants comme des victimes et encore moins comme une menace. Les migrants sont des personnes avec une identité et des droits comme tout le monde ».

Son Excellence Mme Eleonora Mitrofanova, ambassadrice et déléguée permanente de la Fédération de Russie auprès de l’UNESCO, a fait part de son inquiétude face aux réactions violentes qui se produisent dans de nombreux pays. « Nous assistons à un accroissement des violations des droits humains des migrants, des politiques anti-immigrants, de la discrimination et de la xénophobie » a déclaré Mme Mitrofanova. Elle a également insisté sur une croissante « féminisation » de la migration, avec une majorité de femmes dans de nombreux groupes de migrants et de réfugiés.

Alexander Boroda du Centre de recherche et de méthodologie de la Fédération de Russie pour la tolérance, la psychologie et l’éducation a partagé les expériences de l’organisation, qui a eu une influence positive en Russie sur le débat autour de la question de la migration. « L’idée est d’aider les gens à mieux apprécier et respecter les autres et leur avis » a expliqué M. Boroda.

Le premier panel portait sur l’amélioration de l’image publique des réfugiés à travers des récits médiatiques plus nuancés, la formation et l’éducation.

« Il y a beaucoup de main-d’œuvre qualifiée dans la communauté de réfugiés : des médecins, des ouvriers, des journalistes » a déclaré Arman Niamat Ullah, journaliste à Refugee.tv, un média qui n’emploie pratiquement que des réfugiés. M. Ullah est arrivé lui-même en Europe par la Grèce en tant que réfugié il y a trois ans et il est retourné dans son pays pour documenter les histoires personnelles des réfugiés ayant le même parcours. « Nous avons 55 journalistes, dont 50 sont d’anciens réfugiés. Les médias généralistes doivent proposer une plate-forme et de la formation pour ce type de personnes. »

Lisa Söderlindh de l’Agence de migration suédoise a fait écho aux propos de M. Ullah en demandant à ce que les réfugiés ayant des compétences et de l’expérience soient identifiés, formés et mis en relation avec des opportunités d’emploi. « Le plus important est de faire en sorte que les réfugiés et les demandeurs d’asile ayant une formation au journalisme se retrouvent derrière un bureau de rédaction » a-t-elle déclaré.

Le deuxième panel traitait des moteurs de la migration et du recours aux sciences sociales pour informer les décisions politiques.

Le panel avait pour modérateur le professeur Mehmet Akif Kireçci, de l’Université Bilkent et vice-président du conseil intergouvernemental du programme MOST, qui a insisté sur la priorité accordée à la migration par MOST.

Dina Ionesco de l’Organisation internationale pour les migrations a traité de la migration, soulignant son caractère environnemental. Elle a insisté sur les causes multiples de la migration. Elle a noté en particulier que « des événements climatiques soudains, comme des inondations et des épidémies, peuvent conduire à la migration forcée, tandis qu’une lente dégradation rend la vie difficile pour les populations qui doivent aussi se déplacer, mais c’est beaucoup plus difficile à gérer ».

Mernard Mumpasi Lututala, directeur du Centre de l’UNESCO sur les femmes, le genre et la construction de la paix dans la région des Grands lacs, a abordé les tensions en Afrique entre les identités tribales et nationales. Il a insisté sur le développement rapide des villes africaines et la pression sur les infrastructures. Il a souligné la complexité croissante des flux migratoires, en particulier en Afrique où beaucoup de migrants sont « écartelés, ils ne se sentent pas bien dans leur pays d’accueil ni dans leur pays d’origine ».

Arno Tanner du Service d’immigration finlandais a parlé des facteurs attirants et répulsifs qui poussent la migration vers l’Europe du Nord, tels que la persécution, l’insécurité, les causes sociales, la contrebande, le travail et de plus grandes opportunités et une combinaison de ces facteurs. Il a cité comme autres moteurs de la migration la croissance de la population, les taux élevés du chômage des jeunes, les causes environnementales et l’augmentation du prix des denrées alimentaires.

Pour finir, Adebayo Clement Akomolafe a fait le lien entre la migration et des questions plus larges d’identité. Selon lui « l’identité d’une chose dépend des conditions qui la créent ». Il a encouragé le public à oublier les méthodologies stériles utilisées dans la recherche sur les migrants pour s’ouvrir aux récits des migrants et avoir une image plus complète de la situation.

Cet événement était une initiative intersectorielle organisée par les Secteurs des sciences sociales et humaines (SHS) et de la communication et de l’information (CI) de l’UNESCO, avec le soutien du Centre de recherche et de méthodologie de la Fédération de Russie pour la tolérance, la psychologie et l’éducation. Il s’appuyait sur des travaux menés par l’UNESCO sur le sujet, en particulier un grand débat organisé en mars sur les médias et la migration, et sur le programme pour la Gestion des transformations sociales (MOST).

La première table ronde accueillait Andreas Wolter, maire adjoint de Cologne (Allemagne) ; Mme Lisa Söderlindh de l’Agence de migration suédoise ; Alla Semyonysheva de l’Agence des affaires ethniques de la Fédération de Russie ; Arman Niamat Ullah de Refugee.tv ; Emmanuel Boutterin, président de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) ; et le journaliste syrien Iyad Kallas.

Le modérateur de la deuxième table ronde était Mehmet Akif Kireçci, professeur d’histoire à l’Université Bilkent et vice-président du conseil intergouvernemental du programme MOST. Les intervenants étaient Dina Ionesco de l’Organisation internationales pour les migrations ; Bernard Mumpasi Lututala du Centre de l’UNESCO sur les femmes, le genre et la construction de la paix dans la région des Grands lacs ; Arno Tanner du Service d’immigration finlandais ; et Adebayo Clement Akomalafe de l’Alliance internationale pour la localisation en Inde.




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