» La motivation est essentielle, explique un formateur d’enseignants auprès de réfugiés
03.10.2016 - Education Sector

La motivation est essentielle, explique un formateur d’enseignants auprès de réfugiés

© UNESCO

Le Dr Yosa Wawa, professeur d’histoire au College of Education de l’Université de Djouba, au Soudan du Sud, est intervenu à l’UNESCO à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants 2016 pour parler de la motivation dans les conditions d’enseignement extrêmes.

« Dans le cadre de mon expérience dans les camps de réfugiés en Ouganda et dans les écoles au Soudan du Sud, j’ai pu constater que les meilleurs enseignants, ceux qui sont les plus motivés, sont ceux qui ont vraiment l’impression de rendre service à leur communauté. Ces enseignants se trouvent particulièrement parmi ceux qui ont bénéficié de bourses et d’un enseignement de qualité », a expliqué le Dr Wawa, enseignant et formateur d’enseignants qui a consacré une grande partie de sa vie à promouvoir la sécurité et la protection des écoles au Soudan du Sud et en Ouganda.

« Nous ne devons jamais oublier que les réfugiés peuvent être aussi bien des enseignants ou des étudiants et que la plupart ont été forcés à se déplacer à cause de la violence, et qu’ils peuvent avoir souffert personnellement de la violence. Ces conséquences doivent être prises en considération à la fois dans la formation des enseignants et dans le processus d’apprentissage des élèves ».

« Les enfants posent des difficultés particulières car ils peuvent être orphelins et si traumatisés par cette situation ou par d’autres situations de violence, qu’ils peuvent être incapables d’apprendre sans soutien. Souvent, lorsqu’ils ont été victimes de violences, ils peuvent aussi avoir eux-mêmes des comportements violents. Les enseignants formés et motivés de manière adéquate savent gérer rapidement ces situations et jouer le rôle de conseillers ».

Le Dr Wawa, qui est membre du Comité du curriculum de la République du Soudan du Sud, a expliqué que les enseignants étaient motivés par de nombreuses raisons et de diverses manières.

« Pour certains, la motivation sera la récompense financière, pour d’autres ce sera la volonté d’aider leur propre communauté ou de provoquer de grands changements sociaux », a-t-il dit.

Un autre facteur peut être l’implication et l’engagement des parents dans la scolarité de leurs enfants.

L’éducation comme facteur de libération

« Lorsque les réfugiés arrivent en Ouganda, la plupart sont des éleveurs qui sont obligés d’aller à l’école pour la première fois. Pour eux, et en particulier pour les femmes, l’éducation est un facteur de libération extrêmement important. Les enseignants doivent également avoir conscience de l’impact de l’éducation sur la vie des femmes. J’ai moi-même eu l’occasion de travailler avec des parents qui voulaient marier leur fille trop tôt. Ils avaient peur de perdre leur seule richesse, leur bétail. Je leur ai dit que s’ils laissaient leur fille finir ses études, ils pourraient acheter des vaches tous les ans ».

Le Dr Wawa a été invité à donner une présentation lors de la récente Conférence internationale de l’UNESCO sur la prévention de l’extrémisme violent par l’éducation organisée conjointement avec l’Institut Mahatma Gandhi d'éducation pour la paix et le développement durable à New Delhi, les 19 et 20 septembre 2016, où il a évoqué le rôle des enseignants dans la lutte contre l’extrémisme violent.

Il a indiqué que, dans le cas du Soudan du Sud, pays relativement jeune, les conflits violents étaient souvent tribaux.

« Dans ces situations, les enseignants doivent disposer de programmes leur permettant de traiter des sujets potentiellement controversés tels que l’histoire ou la géographie, en mettant l’accent sur la citoyenneté, qui est supérieure à l’identité tribale. Les élèves doivent apprendre qu’au lieu de dire « je suis de cette tribu. C’est mon pays », ils peuvent dire « Nous sommes tous de ce pays ».

La Journée mondiale des enseignants sera célébrée le 5 octobre au Siège de l’UNESCO, à Paris, et dans le monde entier, sur le thème « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel » et marquera le 50e anniversaire de l’adoption de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant (1966).

La manifestation à Paris donnera lieu à des tables rondes, à une exposition d’affiches et à la cérémonie de remise du Prix UNESCO-Hamdan bin Rashid Al Maktoum de l'excellence éducative, attribué cette année à See Beyond Borders (Cambodge) et à l’Université de Malaya (Malaisie).

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