» L’acidification des océans s’effectue à un rythme sans précédent
18.11.2013 - UNESCOPRESS

L’acidification des océans s’effectue à un rythme sans précédent

Le phénomène d’acidification des océans, qui s’effectue à un rythme inédit, est l’un des effets les plus préoccupants du changement climatique. De fait, réduire les émissions de CO2 de façon significative est la seule manière de minimiser les risques. C’est ce qui ressort des conclusions du Troisième symposium sur l’acidification des océans* qui étaient présentées aujourd’hui en marge de la Conférence sur les changements climatiques qui se tient à Varsovie (Pologne) du 11 au 22 novembre.

Préparé par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, le Comité scientifique pour la recherche océanique (SCOR) et le Programme international de géosphère-biosphère (IGBP), ce document résume les conclusions de 540 experts de 37 pays et dresse un état des lieux de la recherche sur le sujet.

Premier constat : les océans, qui absorbent près d’un quart des émissions de dioxyde de carbone rejetées par l’homme dans l’atmosphère, ont vu leur taux d’acidité augmenter de 26% depuis le début de l’ère industrielle. Chaque jour, ce sont 24 millions de tonnes de CO<sub>2 </sub>qui sont ainsi absorbées par les eaux marines. De fait, si les émissions de CO<sub>2</sub> restent inchangées, ce taux devrait augmenter de 170% d’ici 2100 par rapport aux niveaux antérieurs à l’ère industrielle.

Or, à mesure que l’acidité s’accentue, la capacité des océans à traiter le dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère se réduit, diminuant du même coup le rôle d’atténuation que jouent les océans dans le changement climatique. Ces phénomènes sont d’autant plus préoccupants qu’ils se conjuguent avec d’autres menaces pour les écosystèmes marins tels que le réchauffement des eaux, la surpêche et la pollution.

Si certains organismes, comme les herbiers marins et certains phytoplanctons semblent pouvoir résister à des taux d’acidité plus élevés, d’autres, comme les coraux et les crustacés risquent d’être durement affectés. Cela devrait se traduire par des modifications substantielles des écosystèmes marins et des conséquences socioéconomiques importantes. D’ici 2100, les experts prévoient en effet que, si les émissions de CO<sub>2 </sub>restent au niveau actuel,  le secteur de la pêche des coquillages pourrait connaître des pertes estimées à 130 milliards de dollars par an.

            Bien que la connaissance des effets du CO<sub>2 </sub>sur le monde marin ait progressé, la science ne peut à ce jour fournir des projections fiables sur son impact environnemental. De nombreuses questions restent aujourd’hui sans réponse: quelles seront les conséquences sur les écosystèmes marins ? Par quoi les espèces qui disparaîtront seront-elles remplacées ? Certaines espèces seront-elles capables de s’adapter ? 

            C’est la raison pour laquelle les scientifiques plaident pour la mise en place d’initiatives qui permettent de développer les connaissances sur l’acidification, tels le Réseau sur l’acidification des océans cofondé par la COI ou encore le Projet international de coordination sur le carbone et l’océan  mis en place par la COI et le SCOR.

Ils appellent également de leurs vœux la mise ne place de mécanismes internationaux capables de traiter spécifiquement de la question de l’acidification des océans afin que cette question ne reste pas en marge des négociations sur le changement climatique.

* Le Troisième symposium sur les océans dans un monde à fort taux de CO<sub>2 </sub>s’est tenu à Monterey (Etats-Unis) en septembre 2012

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Contact médias : Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO. Tel : +33 (0) 1 45 68 17 64, a.bardon(at)unesco.org




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