» Un an après, l'Europe et l'Amérique du Nord font le point sur Éducation 2030
25.10.2016 - Education Sector

Un an après, l'Europe et l'Amérique du Nord font le point sur Éducation 2030

© UNESCO

Les représentants des pays d’Europe et d’Amérique du Nord se sont réunis au siège de l’UNESCO, à Paris, pour faire le point un an après l'adoption de l’Objectif de développement durable pour l'éducation (ODD4).

Se déroulant sur deux jours, la Consultation régionale Europe et Amérique du Nord sur l’ODD4-Education 2030 entre dans le cadre d'une série de réunions régionales organisées afin d’examiner les progrès accomplis et les défis que rencontrent les systèmes éducatifs nationaux vis-à-vis des engagements pour 2030. 

L'éducation des réfugiés, l’éducation des citoyens au changement climatique et les futures compétences requises pour prévenir l'extrémisme violent ont fait partie des thèmes discutés.

En ouverture de la réunion, M. Qian Tang, Directeur général adjoint pour l'Éducation de l’UNESCO, a déclaré : « L’objectif de cette réunion est d'aligner les plans nationaux pour l’éducation avec le programme Éducation 2030 et de définir des processus de coordination régionaux. L'équité et la qualité sont les problèmes les plus pertinents pour la région. Comment s’attaquer au chômage des jeunes en leur proposant des formations suffisamment souples, comment aider les laissés pour compte dans les pays moins développés, tels sont les défis déterminants pour cette région. »

Gabriela Ramos, Conseillère spéciale auprès du Secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques, a indiqué que même si les pays impliqués avaient tous un point de départ différent, ils avaient tous beaucoup de travail à accomplir. « Alors que les processus et les indicateurs continuent d’être affinés au niveau international, chaque pays doit sentir qu’il est urgent de mettre en place des politiques dès à présent » a-t-elle ajouté. 

Un programme unique, des défis différents

L’un des thèmes dominants a été l'éducation inclusive. Madame Anne-Marie Lepage, Sous-ministre adjointe au secteur des services aux anglophones, autochtones et diversité culturelle, Ministère de l'Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Québec, du Canada, a identifié comme étant l’une des priorités la nécessité de s’assurer que les enfants des Premières Nations reçoivent une éducation de qualité faisant la promotion de la culture et des langues autochtones. De son côté, Madame Monika Rybova, Département des écoles et professionnelles secondaires et des conservatoires, Division régionale de l’Éducation, Ministère de l'Education, des Sciences et des Sports, de Slovaquie, considère que l'inclusion des enfants rom dans l'éducation préscolaire est un défi clé.

Madame Florence Robine, Directrice générale des Écoles au Ministère français de l’éducation, a souligné la nécessité de mieux soutenir les populations immigrées confrontées à l’obstacle significatif de la langue. Elle a expliqué que la France avait mis en place un programme d’enseignement destinés aux enfants vulnérables, en particulier à ceux qui sont issus des communautés migrantes, dès l’âge de 2 ans. La Suède a montré que, dans la mesure où le pays avait accueilli en 2015 davantage d'immigrants par habitant que tout autre pays européen, de nombreux adultes avaient également besoin d’un soutien éducatif.

Cependant, Stanislav Štech, Vice-ministre de l'Education, de la Jeunesse et des Sports, de la République tchèque, a indiqué que toute extension des services éducatifs impliquait un changement des mentalités car « une société qui refuse ou n'est pas totalement ouverte à une éducation inclusive réduit la qualité de l’éducation. »

Au-delà de l'éducation de base

Le programme Éducation 2030 a des ambitions supérieures à celles des précédents agendas internationaux qui avaient mis l’accent sur l'éducation de base. Au niveau de l’éducation tertiaire, Veniamin Kaganov, Vice-Ministre de l'Education et de la Science, de la Fédération de Russie, a souligné la nécessité de « surmonter les obstacles au développement de l’innovation par une coopération internationale plus intensive et par le renforcement des liens entre l'industrie et les universités ».

Beth Button, membre du Comité exécutif de l’Union des étudiants d’Europe, a décrit le programme en ces termes : « une occasion unique pour les gouvernements nationaux de s’engager à coopérer pour traiter et surmonter les inégalités qui continuent d’empêcher l'accès des groupes sous-représentés, en particulier des étudiants en situation de handicap. »

Le programme 2030 englobe également le secteur non-formel et informel, notamment en matière d’éducation à la citoyenneté mondiale, comme cela a été souligné par de nombreux pays. M. Michael Zgurovsky, Recteur de l'université technique nationale d’Ukraine a insisté sur l'importance de l’éducation se déroulant en dehors du secteur de l’éducation pour accomplir des progrès économiques, environnementaux et sociaux, notamment par le biais de liens entre la science, l'environnement et l’éducation en vue du développement durable.

Le premier jour de la conférence a été consacré à la compréhension des différents problèmes auxquels les pays sont confrontés, tandis que le deuxième jour a donné lieu au partage des meilleures pratiques pour mesurer les avancées ; il s’est également concentré sur la manière dont l'Europe et l'Amérique du Nord pourraient s’acquitter de leur obligation d’aider les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire.

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