22.01.2010 -

Préserver la biodiversité : un impératif vital

Il est urgent d’enrayer le recul sans précédent de la biodiversité et de sensibiliser l’opinion à la nécessité de modifier nos comportements. Tel est le constat unanime dressé par les participants de l’Evénement de haut niveau réunis au Siège de l’UNESCO les 21 et 22 janvier.

Dans un message vidéo diffusé à l’ouverture de la réunion, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a déclaré qu’il convenait de « ne pas se laisser décourager » par l’issue de la Conférence sur le changement climatique en décembre dernier à Copenhague. Evoquant la destruction des habitats naturels et la diminution accélérée de la diversité biologique, elle a souligné que « nous nous devons d’enrayer ce processus ». Selon elle, « l’UNESCO a un rôle déterminant à jouer » à cet égard. « L’avenir que nous voulons pour notre planète est entre nos mains », a-t-elle rappelé.

Pour sa part, le Président de la Conférence générale de l’UNESCO, Davidson Hepburn, a rappelé que « nous faisions face à la perte des bienfaits même dont dépendent les moyens de subsistance » de nombre de populations, un constat particulièrement net dans le cas des petits Etats insulaires. « Les sociétés doivent faire le maximum pour un usage plus durable des ressources naturelles, ainsi que pour une réduction des pertes d’habitat et du changement climatique, y compris dans leurs dimensions sociale et culturelle. Ceci nous permettra de sauvegarder les bienfaits dont nous dépendons – les bienfaits de la biodiversité », a-t-il ajouté.

Parmi les participants à cette réunion, organisée par l’UNESCO avec le soutien du Muséum français d’histoire naturelle, figurent notamment Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique, Henri Djombo, ministre du Développement durable, de l’Economie forestière et de l’Environnement du Congo ; Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie (France) ; Jochen Flasbarth, Président du bureau de la 9e Conférence des parties (COP-9) à la Convention sur la diversité biologique ; Monique Barbut, Directrice générale et Présidente du Fonds pour l’environnement mondial ou encore Angela Cropper, Directrice exécutive adjointe du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

« Le monde a échoué dans la réalisation de l’objectif adopté par 110 chefs d’Etats visant à réduire le taux de perte de biodiversité d’ici 2010 », a déclaré Ahmed Djoghlaf au cours de cette réunion. Il a rappelé que l’on constatait une perte de la diversité biologique à un « rythme sans précédent ». « Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas eu des succès partiels ou localisés », a-t-il ajouté. « Nous devons identifier ces succès importants et en tirer profit alors que nous préparons le nouveau plan stratégique de la Convention ».

Ces succès seront mis en relief dans le troisième bilan intitulé « Perspectives mondiales sur la diversité biologique » qui doit être rendu public en mai prochain. On sait d’ores et déjà que ce document fait apparaître une diminution de 74% de la déforestation amazonienne et de 45% du taux annuel de disparition des mangroves. Il met également en lumière une augmentation de 26% de la proportion des grands habitats d’oiseaux. Environ 12% des terres bénéficient désormais d’une protection sous une forme ou sous une autre.

Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants que les pauvres sont ceux qui risquent d’en ressentir les impacts de manière plus rapide et plus sévère. Dans le même temps, ce rapport définira les avenues susceptibles de mener à une issue plus positive. Grâce à une action urgente et concertée, celles-ci pourraient permettre d’éviter les conséquences les plus périlleuses de la perte de diversité biologique.

Inspirée par la Convention sur la diversité biologique, en partenariat avec l’UNESCO, cette Année internationale vise à attirer l’attention sur la nécessité de protéger la vie sur Terre. L’objectif est aussi de combler le fossé entre scientifiques et décideurs politiques sur cette question. En octobre prochain, à Nagoya au Japon, les Etats membres devront se mettre d’accord sur un nouveau plan stratégique qui devra définir de nouveaux objectifs en matière de diversité biologique.

Le prochain événement prévu dans le cadre de l’Année de la biodiversité aura lieu dès la semaine prochaine à l’UNESCO. Il s’agit d’une conférence intitulée « Science et politiques sur la biodiversité » qui se tiendra du 25 au 29 janvier. L’objectif est d’apporter un éclairage scientifique au processus politique qui aura lieu au cours de cette année.


Au sujet de l’UNESCO

L’UNESCO est la seule agence des Nations Unies spécialisée qui dispose d’un mandat spécifique pour promouvoir la science. Aujourd’hui, la section des sciences naturelles est chargée de mettre en œuvre de grands programmes internationaux dans les sciences touchant à l’eau, aux océans, à l’écologie - avec un accent particulier sur les forêts tropicales - à la Terre, tout en travaillant à l’avancement des sciences sur les plans nationaux et régionaux. Sont aussi concernés les politiques dans les domaines technologiques et de renforcement des capacités dans les sciences, l’ingénierie et les énergies renouvelables. L’accent est mis sur les pays en développement, en Afrique en particulier, ainsi que sur la prévention des catastrophes naturelles. Les programmes visent à répondre aux objectifs et défis en matière de changement climatique, d’égalité des sexes, d’éradication de la pauvreté et de développement durable, en particulier dans les petits Etats insulaires en développement.

La Convention sur la diversité biologique (CDB)

Signée lors du Sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro au Brésil, la Convention sur la diversité biologique (CDB) est un traité international en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité et du partage équitable des bénéfices de l’utilisation des ressources génétiques. Avec 193 Etats ou institutions parties, la CDB jouit de l’adhésion presque universelle des pays qui se sont engagés à protéger la vie. La Convention a pour objectif de répondre à toutes les menaces affectant la diversité biologique et les bienfaits prodigués par les écosystèmes, y compris les menaces en matière de changement climatique. Cette réponse se fait au travers d’études scientifiques, de la mise au point d’outils, d’incitations et de processus, de transferts de technologies et de bonnes pratiques. Elle se fait aussi par l’implication active des parties intéressées – communautés locales et autochtones, jeunes, organisations non gouvernementales (ONG), femmes et entrepreneurs. Le siège du secrétariat de la Convention est situé à Montréal (Canada).





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