» Prévenir l’extrémisme violent par les compétences, l’éducation et le dialogue
20.09.2016 - ODG

Prévenir l’extrémisme violent par les compétences, l’éducation et le dialogue

© UNESCO/Bob Krasner

« Les compétences, l’emploi, la liberté d’expression, plus de culture et d’histoire, voilà les réponses à cultiver face à l’extrémisme violent qui menace notre humanité commune », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, lors d’une manifestation organisée par l’Albanie, la Jordanie et le Saint-Siège, en marge de la 71e session de l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 septembre 2016.‎

Au nombre des participants de haut niveau figuraient S. E. M. Ditmir Bushati, Ministre des affaires étrangères de l’Albanie‎, ‎ Son Éminence le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège‎, S. E. Mme Dina Kawar, Ambassadrice extraordinaire du Royaume Hachémite de Jordanie auprès des États-Unis d’Amérique, M. David Saperstein, Ambassadeur chargé de mission des États-Unis pour la liberté religieuse internationale, et M. Abbadi Ahmed, Secrétaire général de la Rabita Mohammadia des oulémas. Le débat était animé par M. David L. Philips de l’Université de Columbia. 

« Lutter contre cette menace est une lourde responsabilité, dont l’UNESCO est profondément consciente, et c’est pourquoi nous agissons dans tous les domaines », a précisé Irina Bokova.

« Nous touchons là au cœur de l’Acte constitutif de l’UNESCO qui vise à élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes en commençant par l’éducation, en commençant par l’apprentissage et son pouvoir de persuasion, par le dialogue interculturel sur la base de valeurs communes », a-t-elle poursuivi.

La manifestation intitulée « Combattre et prévenir l’extrémisme violent par l’éducation » avait pour objectif de promouvoir des campagnes de sensibilisation aux discours de haine et à la discrimination et à garantir l’inclusion sociale des enfants et des jeunes à risque par des programmes d’éducation, de formation et de déradicalisation.

Le Ministre albanais des affaires étrangères a déclaré que l’éducation était « le moyen d’action le plus complet à long terme » pour prévenir l’extrémisme violent.

La Directrice générale a félicité le Gouvernement albanais, en rappelant que l’UNESCO aidait ce pays à élaborer un nouveau module de son programme scolaire d’éducation à la citoyenneté démocratique sur le dialogue interculturel et interreligieux, dans le cadre plus large de l’action engagée par le gouvernement pour prévenir l’extrémisme violent.

Le Cardinal Parolin a appelé à agir « sur les multiples dimensions de la radicalisation », notamment par l’éducation et le dialogue interreligieux‎.

« L’ignorance nourrit la haine et l’extrémisme », a-t-il déclaré. Nous avons besoin d’un dialogue authentique pour prévenir la radicalisation et la marginalisation ainsi qu’une plus grande coopération à tous les niveaux, international, régional, national et local.

S. E. Mme Dina Kawar a souligné l’importance des valeurs dans l’éducation, pour renforcer la citoyenneté et la tolérance. Elle a souligné le besoin impératif de fournir une éducation aux réfugiés et a remercié l’UNESCO pour son soutien à la Jordanie.

« La région ne peut pas se permettre de perdre une génération », a-t-elle affirmé.

L’ambassadeur Saperstein a appelé à agir dans tous les domaines « pour autonomiser les apprenants, les enseignants, les responsables d’établissement, les familles et les communautés », en s’attachant plus particulièrement à intégrer les filles.

Il a cité le Guide de l’UNESCO sur la prévention de l’extrémisme violent par l’éducation comme un exemple de « bonne pratique et comme un modèle de référence ».

M. Abbadi Ahmed a rappelé que prévenir l’extrémisme violent était une tâche complexe et qu’« il n’existait pas de solution magique », puis il a souligné l’importance de l’éducation dans ce « combat par le pouvoir de persuasion ».

« Les extrémistes violents prêchent l’exclusion et le racisme. Nous devons enseigner les droits humains et la tolérance », a déclaré Irina Bokova. « Les jeunes apprennent à haïr. Nous devons leur enseigner la paix en renforçant l’éducation à la paix, la formation des enseignants et la réforme des programmes scolaires. »

À cet égard, elle a cité l’exemple éloquent de la Malaisie, dont le plan novateur pour l’éducation 2013-2025, soutenu par l’UNESCO, vise à renforcer l’inclusion et l’éducation à la paix.

« Ce plan encourage la prévention, la consolidation des fondements de la paix et de la non-violence, et c’est un excellent exemple pour de nombreux autres pays », a-t-elle déclaré en évoquant également le réseau YESPeace (réseau de jeunes pour l’éducation, le développement durable et la paix) qu’elle a lancé en Malaisie en 2015, pour favoriser la participation des jeunes et l’éduction à la paix, avec l’Institut Mahatma Gandhi d'éducation pour la paix et le développement durable, établi en Inde.




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