01.07.2014 - UNESCOPRESS

Reconstruction du patrimoine culturel malien

© Photo ONU / Devra Berkowitz – Conférence de presse à l’ONU

La valeur de reconstruction de Tombouctou, une capitale intellectuelle et spirituelle unique riche en trésors culturels, est inestimable aussi bien pour la reconstruction post-conflit du Mali que pour l’importance de son patrimoine mondial. Toutefois 8 millions de dollars sont toujours nécessaires pour les frais de restauration réels, selon Lazare Eloundou Assomo, Représentant de l'UNESCO au Mali et expert mondial sur le site emblématique du patrimoine mondial.

« C'est une tâche longue et complexe, » a déclaré Eloundou, lors d'une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York le 30 juin. Il a annoncé que la première étape de réhabilitation du patrimoine culturel de Tombouctou, lancée le 14 mars, a été complétée. Cependant, à ce jour, seuls 3 millions de dollars du montant total estimé à 11 millions de dollars pour la réalisation du projet ont été soulevés.

« Nous voulons que les communautés participent à la reconstruction de leur propre patrimoine. Il ne s’agit pas uniquement de reconstruction de pierres. Il faut aussi sauvegarder la signification culturelle et maintenir la fonction que le mausolée avait dans la structuration de la vie communautaire, » a déclaré Eloundou.

L'UNESCO, en partenariat avec la Suisse, l'Union européenne et d'autres bailleurs de fonds, s’est engagée dans le projet ambitieux d'appuyer le travail du gouvernement du Mali dans la réhabilitation du patrimoine culturel et la sauvegarde des manuscrits, dans et autour de Tombouctou, qui ont été gravement endommagés lors du conflit qui a eu lieu dans le pays entre 2012 et 2013. 

« A l'UNESCO, nous savons que le patrimoine culturel d'une communauté reflète sa vie, son histoire et son identité. Sa préservation aide à reconstruire les communautés brisées, à restaurer leur identité, et relier leur passé leur présent et leur avenir, » a déclaré Vibeke Jensen, Directeur du Bureau de l'UNESCO à New York, ajoutant : « En endommageant et en détruisant le patrimoine culturel d'une communauté, on détruit en effet non seulement son passé mais bien son avenir. »

Quatorze des 16 mausolées de Tombouctou inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ont été détruits par des groupes armées au cours du conflit. Les manuscrits du Mali constituent un fonds documentaire unique qui témoigne de l’histoire de l’Afrique et de l’humanité toute entière. Certains d’entre eux remontent au 13e siècle. Au cours du conflit, plus de 4 000 des 40 000 manuscrits gardés à l’Institut Ahmed Baba ont été perdus. Certains ont été brûlés ou volés, tandis que la condition de plus de 10 000 d’entre eux reste critique. Les communautés locales ont secrètement transféré plus de 300 000 manuscrits à Bamako. Ils ne sont toutefois pas conservés dans des conditions optimales. Le programme de reconstruction du patrimoine sera mené en coopération avec le Ministère malien de la culture, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

© UNESCO – La Grande Mosquée (Masjid) Djingareyber à Tombouctou (Mali)

L’UNESCO a entrepris la reconstruction des mausolées détruits, la réhabilitation des mosquées et des bibliothèques privées, ainsi que des projets de conservation de manuscrits anciens. L’UNESCO assurera également la participation des communautés concernées. Du personnel local est actuellement formé pour garantir une préservation durable. Cette restauration a bénéficié de dons de la Suisse, de l’Union européenne, de la Norvège, des Pays-Bas, du Bahreïn, de la Croatie, de l’Ile Maurice, et d’Andorre.

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a annoncé que ce travail « permettra au peuple du Mali de se réapproprier un patrimoine si essentiel à leur identité et que cela contribuera à la réconciliation. Ceci est vital au Mali et ceci est important pour le reste du monde parce que le patrimoine mondial nous est commun à tous. »




<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page