» Réduire les pertes humaines en améliorant les temps de réponse aux alertes aux tsunamis
14.02.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

Réduire les pertes humaines en améliorant les temps de réponse aux alertes aux tsunamis

© UNESCO/IOC - Les participants au Symposium sur les progrès des systèmes d’alerte en matière de renforcement des réponses communautaires, organisé par la COI de l’UNESCO (14 février 2018, Paris, France).

Source : UNISDR // Selon un ensemble d’experts internationaux qui se sont rencontrés cette semaine, davantage doit être fait pour réduire les temps de réponse aux alertes aux tsunamis et améliorer la mesure de la hauteur des vagues si l’on veut réduire le taux de mortalité dû aux tsunamis.

François Schindelé du Centre national d’alerte aux tsunamis français (CENALT) a déclaré au cours du Symposium sur les progrès des systèmes d’alerte en matière de renforcement des réponses communautaires, que « depuis la création du système d’alerte précoce aux tsunamis dans l’océan Indien en 2005, des progrès considérables ont été faits en termes de détection des tsunamis ainsi que dans les domaines des technologies, de la sensibilisation et de l’éducation. Mais il reste encore beaucoup à faire pour réduire le temps de réponse et améliorer la précision des messages communiqués aux agences de protection civile et aux équipes d’intervention d’urgence. Nous avons également besoin de mieux prédire la hauteur des vagues de tsunamis, ainsi que leur progression, et leur distance parcourue sur terre, pour sauver davantage de vies à l’avenir. »

Le symposium, accueilli par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, avait pour objectif d’aborder les derniers développements technologiques et de recherche en matière d’alerte aux tsunamis, afin de mieux protéger les millions de personnes exposées à ce risque de catastrophe.

Depuis 2000, plus de 11 millions de personnes ont été touchées par un tsunami et plus de 250 000 personnes ont perdu la vie.

Plus de 100 sismologues, chercheurs, représentants de la protection civile, de centres opérationnels, de services nationaux de surveillance et de prévention ont évalué les succès et limites des systèmes d’alerte actuels ; le rôle des réseaux sociaux et médias traditionnels dans l’alerte du public ; ainsi que le type d’information nécessaire à une réponse communautaire efficace.

Les participants ont souligné la nécessité d’établir une relation plus étroite entre les scientifiques d’un côté, et les intervenants d’urgence et les décideurs politiques de l’autre. Ils ont également mis en avant le caractère essentiel de l’éducation et de la sensibilisation du public pour mieux protéger les communautés côtières, notant que bon nombre d’entre elles seront encore plus exposées aux tsunamis et inondations en raison de l’élévation du niveau de la mer.

Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI, a ouvert le symposium et fait référence au Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes, adopté il y a trois ans par les Etats membres de l’ONU.

« Il nous reste encore beaucoup de chemin à faire pour d’atteindre l’Objectif G du Cadre de Sendai, qui vise à améliorer nettement, d’ici à 2030, la disponibilité des dispositifs d’alerte rapide multirisque et les politiques de réduction des risques de catastrophe, bien que de grands progrès soient déjà en train d’être faits, » a déclaré Mr. Ryabinin.

Il a souligné l’importance de repenser les systèmes d’alerte rapide dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030).

« Nous nous félicitons souvent de sauver des vies, ce qui est très important, mais sauver les infrastructures et réduire les pertes économique causées par de telles catastrophes est beaucoup plus compliqué. C’est là que la gestion des zones côtières peut être utile, nous permettant de déterminer précisément les zones à risques et d’élaborer des plans de développement préventifs, » a ajouté Mr. Ryabinin.

Comparé à 2004, lorsqu’il n’existait qu’un seul système d’alerte dans le Pacifique (Hawaii), la planète est aujourd’hui plus sûre. Le Système mondial d’alerte rapide comprend désormais quatre systèmes d’alerte majeurs dans l’océan Pacifique (1965), l’océan Indien (2005), les Caraïbes et régions adjacentes (2006), et la Méditerranée et l’Atlantique nord-est (2012), couvrant ainsi toutes les régions du monde.

Ces systèmes ont été déterminants dans la réduction des pertes humaines provoquées par des tsunamis au cours des dernières années.

« Peu importe que vous possédiez les technologies les plus avancées, ce dont les personnes ont besoin c’est d’avoir confiance dans le système et de comprendre, à leur niveau, ce qu’ils peuvent faire pour sauver leur vie, » a déclaré Laura Kong, Directrice du Centre international d’information sur les tsunamis de la COI-UNESCO basé à Honolulu, Hawaii.

Les participants ont reconnu le besoin de systèmes d’alerte encore plus rapides et précis que ceux présentement disponibles, ainsi que de procédures adéquates pour permettre des réponses communautaires et locales plus efficaces et inclusives. Les scientifiques ont également convenu que plus d’investissements et de recherche sont nécessaires dans les domaines qui restent pour le moment insuffisamment développés.

« A l’heure actuelle, nous sommes bien préparés pour lancer une alerte au tsunami causé par un tremblement de terre de magnitude 8 ou plus, mais plus de recherches doivent être faites pour les tsunamis causés par des séismes de magnitude 6 à 8, qui sont plus fréquents et peuvent avoir d’immenses conséquences pour les communautés locales, » a expliqué François Schindelé.

L’ensemble des panélistes a exprimé l’espoir que la Décennie des sciences océaniques pourrait être un point de ralliement des différents engagements nationaux et des investissements qui y sont liés pour combler les lacunes techniques et améliorer la prise de décision.

« Quand on parle d’alerte aux tsunamis, » a ajouté Rick Bailey, ancien Président du Groupe intergouvernemental de coordination du Système d'alerte aux tsunamis et de mitigation dans l'océan Indien, « il s’agit en fait de prendre beaucoup de décisions sur la base de très peu d’informations. »

La Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable est une initiative internationale de 10 ans proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour la période 2021-2030. Elle vise à assurer que les connaissances scientifiques et les technologies peuvent aider les pays à réaliser les objectifs d’accords internationaux tels que le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes et, plus généralement, le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

La Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, organisée par l’UNISDR, sera célébrée pour la troisième fois le 5 novembre.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Thorkild Aarup (t.aarup(at)unesco.org)




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