05.10.2012 - Communication & Information Sector

Définir les objectifs de la Mémoire du monde

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« Ce patrimoine est fragile ; ensemble, nous devons le protéger. » Tel a été le message de la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, adressé aux participants de la conférence internationale « Mémoire du monde à l’ère numérique : numérisation et préservation », qui s’est terminée vendredi 28 septembre. Plus de 500 experts, issus de 110 pays et représentant toutes les régions du monde, se sont rassemblés à Vancouver (Canada) pour débattre sur les questions relatives à la numérisation du patrimoine documentaire, à la préservation à long terme de celui-ci et à la création d’un environnement favorable à l’accomplissement de ces missions.

Le principal défi est de lutter contre l’amnésie numérique, d’assurer que l’humanité pourra toujours, à l’avenir, accéder aux données et aux documents créés aujourd’hui. Aussi, la conférence a permis l’adoption de la Déclaration UNESCO/UBC de Vancouver (texte en anglais), qui souligne, d’une part, que comme inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, chaque individu doit avoir un accès garanti à l'information, notamment sous forme numérique ; et d’autre part, que des politiques nationales doivent être mises en œuvre pour promouvoir le droit à l’information et le droit à des données et à un gouvernement ouverts. La Déclaration encourage la création de modèles de préservation numérique qui comblent les lacunes existantes des cadres réglementaires institutionnels ; contrebalancent l’accès au patrimoine avec la vie privée et la prise en compte appropriée de la propriété et du contrôle des documents et des traditions indigènes ; accordent une importance suffisante à la formation des professionnels de l’information sur le sujet de la préservation numérique.

Des recommandations spécifiques ont été formulées à l’attention des principales parties prenantes. Il a été demandé à l’Organisation, d’une part, qu’elle poursuive son travail de sensibilisation pour que les cadres et les pratiques de la préservation numérique se concrétisent ; et d’autre part, qu’elle élabore et mette en œuvre des « objectifs en matière numérique » sous l’égide du Programme Mémoire du monde pour assurer que les gouvernements, ainsi que les principaux organismes de recherche et de financement, investissent pour mieux gérer les informations numériques fiables.

Dans le cadre de la conférence, les États membres de l’UNESCO ont également été encouragés à élaborer des politiques publiques permettant la préservation du patrimoine numérique dans un environnement numérique en constante évolution, telles que des lois sur le dépôt légal électronique.

La conférence a permis de mettre en évidence l’importance du secteur privé dans la numérisation et la préservation numérique. Un appel a été adressé aux professionnels pour assurer une accessibilité à long terme des informations enregistrées sur des supports traditionnels. Les associations professionnelles ont été encouragées à renforcer davantage encore leur collaboration avec le secteur privé pour définir les paramètres de systèmes qui incorporent le souci de la préservation et participent à l’élaboration d’une vision cohésive et pratique de la marche à suivre pour gérer et préserver les informations enregistrées sous toutes leurs formes dans l’environnement numérique.

Les résultats de la conférence de Vancouver seront finalisés au cours des dix jours à venir pour être présentés au cours de la 191e réunion du Conseil exécutif de l’UNESCO et ainsi permettre l’étude et la prise en compte des questions de préservation au sein du programme de travail de l’Organisation.

Envoyez vos commentaires/observations sur la Déclaration de Vancouver à mowvancouver(at)unesco.org, jusqu’au 19 octobre 2012.




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