» Suivre l’évolution du développement durable à l’horizon 2030
12.02.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

Suivre l’évolution du développement durable à l’horizon 2030

En mars 2017, se basant sur les recommandations du Groupe interinstitutions et d’experts des Nations Unies sur les indicateurs relatifs aux Objectifs de développement durable (GIAE-ODD), la Commission de statistique des Nations Unies a approuvé un cadre mondial d’indicateurs pour suivre les progrès dans la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) et de leurs 169 cibles. Mais que sont ces indicateurs et en quoi peuvent-ils nous aider à construire un avenir durable ?

Quand les 195 Etats membres des Nations Unies ont unanimement adopté le Programme de développement durable à l'horizon 2030, « un plan d'action pour l'humanité, la planète et la prospérité », ils se sont aussi accordés sur le besoin d’un système efficace pour suivre et surveiller, année après année, la réalisation des ODD.

Le cadre d’indicateurs est un outil de gestion destiné à aider les pays à développer des stratégies de mise en œuvre, à répartir les ressources et à garantir la responsabilité de toutes les parties prenantes dans la poursuite des ODD. Pour la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, ce nouveau cadre constitue un point de référence essentiel pour aider ses Etats membres à élaborer des politiques concrètes pour mettre en œuvre l’ODD 14, qui appelle à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines ».

« Il y a potentiellement quatre niveaux de suivi différents, avec des indicateurs distincts mais qui se recoupent aussi. Le GIAE-ODD est en charge de développer le cadre mondial d’indicateurs, mais il peut exister des cadres régionaux et nationaux, ainsi qu’un cadre thématique, » explique Silvia Montoya, Directrice de l’Institut de statistique de l’UNESCO.


Illustration schématique des indicateurs pour un suivi national, régional, mondial et thématique (source)

« Les cadres sont développés de manière à ce qu’ils puissent être utilisés par tous, mais en particulier par les Etats et des organisations telles que l’ONU ayant pour mandat de suivre les ODD ou certains aspects des ODD, » a-t-elle poursuivi. « Les indicateurs sont conçus pour être comparables sur le plan international. Ils sont généralement basés sur des données nationales rapportées à l’organisme responsable de l’indicateur en question ; cependant, ils peuvent aussi être adaptés. »

La COI est actuellement l’agence chef de file pour deux indicateurs de l’ODD 14 : la cible 14.a, qui appelle les nations à « approfondir les connaissances scientifiques, renforcer les capacités de recherche et transférer les techniques marines (…) », et la cible 14.3, qui appelle à « réduire au maximum l’acidification des océans et lutter contre ses effets, notamment en renforçant la coopération scientifique à tous les niveaux ». La COI fournit aussi un soutien technique à ONU Environnement sur les cibles de l’ODD 14 relatives à la pollution marine et à la gestion écosystémique.

Tous les indicateurs sont classés par le GIAE-ODD en trois catégories en fonction de leur niveau de développement méthodologique (sont-ils prêts à l’emploi ou doivent-ils être peaufinés ?), et de la disponibilité des données au niveau mondial (ces données ont-elles déjà été collectées par le passé ; existe-t-il des ensembles de données ? Ou est-ce nouveau ?).

La COI de l’UNESCO a joué un rôle actif dans l’information des parties prenantes en charge de définir les indicateurs des ODD, ainsi que les normes de données associées pour les cibles dont elle a la responsabilité. En novembre dernier, le GIAE-ODD a reclassé l’indicateur 14.a.1 sur la « proportion du budget total de la recherche allouée à la recherche sur les techniques marines » de la catégorie 3 à la catégorie 2.

« Nous sommes très heureux à la COI que la communauté internationale ait reconnu la méthodologie développée et utilisée dans le Rapport mondial sur les sciences océaniques, ainsi que la collecte de données menée dans 25 pays sur leur investissement national dans ce domaine. J’espère que cette reconnaissance encouragera plus de pays à partager leurs données nationales pour la seconde édition du Rapport, attendue d’ici 2020 ou 2021. Cette version sera encore plus riche et présentera un état des lieux plus fiable de la coopération internationale dans le domaine de la conservation et de l’exploitation durable de notre océan, » a prôné le Secrétaire exécutif de la COI, Vladimir Ryabinin.

Pour les autres cibles et indicateurs pour lesquels elle joue le rôle d’« agence gardienne », la COI continuera de développer d’autres mécanismes pour s’assurer qu’ils sont opérationnels, évalués et communiqués régulièrement par les Etats membres.

En analysant l’évolution de chaque indicateur dans le temps et en la comparant avec celle de pays ou groupes de pays dans des situations similaires, les gouvernements devraient être en mesure de déterminer s’ils progressent suffisamment vers une cible donnée, et si ce n’est pas le cas, de prendre des mesures correctives. La première révision majeure du cadre de suivi et d’évaluation se déroulera en 2019 et sera soumise à la Commission de statistique de l’ONU en vue de son adoption en 2020. Une seconde révision sera faite 5 ans plus tard. Chaque année, les indicateurs des ODD qui sont opérationnels seront compilés et présentés dans le Rapport sur les ODD.

« Par ailleurs, il y aura une variété de rapports, y compris à différents niveaux de suivi et d’évaluation, qui présenteront des exemples de bonne pratique, identifieront les principaux facteurs empêchant d’atteindre une cible donnée et proposeront des solutions. Ils constitueront une riche source d’information pour les gouvernements, ce qui les aidera à faire face à des problématiques similaires auxquelles ils pourraient être confrontés, » a ajouté le Dr. Montoya.

Etant donné la diversité des contextes nationaux existants, les pays adopteront probablement une variété d’indicateurs. Dans le cas de l’ODD 14 – l’ODD sur l’océan – par exemple, les pays sans littoral ne rendront pas compte de nombreux indicateurs. Au contraire, pour de nombreux pays côtiers qui s’appuient énormément sur les activités maritimes et les ressources marines, ces indicateurs pourraient paraître comme insuffisants. C’est là que des indicateurs ou cadres additionnels entreraient en jeu.

« Un cadre ‘régional’ conçu pour tous les pays côtiers pourrait être développé par un organisme compétent ou un groupe de partenaires, ou prendre la forme d’un cadre thématique. Celui-ci pourrait alors contenir des indicateurs supplémentaires pertinents. Cependant, il est peu probable que le cadre mondial soit élargi pour couvrir tout l’éventail de situations qui pourraient exister dans le monde, » a conclu le Dr. Montoya.

Pour plus d’information sur les indicateurs cadres de suivi pour les ODD en lien avec la COI, veuillez contacter :

Julian Barbière (j.barbiere(at)unesco.org)




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