» Surveillance, la sensibilisation est recommandée pour éviter le pillage et la destruction d’épaves
23.09.2016 - Culture Sector

Surveillance, la sensibilisation est recommandée pour éviter le pillage et la destruction d’épaves

Plongeur transportant une amphore © A. Rosenfeld

Des recommandations exhortant à des lois plus sévères, à une réglementation en terme de d’accréditations et de surveillance, et à la formation des garde-côtes, des autorités portuaires et des forces de police afin de permettre une meilleure surveillance et un partage de l'information ont été adoptées par des experts internationaux et des représentants gouvernementaux pour la protection des sites et épaves archéologiques submergés.

La réunion internationale organisée à l'UNESCO les 22 et 23 septembre 2016 a souligné que, pour empêcher la destruction des épaves et sites archéologiques par les chasseurs de trésors intéressés par les bénéfices, ainsi que par des plongeurs amateurs mal informés, un effort renforcé et concerté était nécessaire. "Leur recherche de pièces de monnaie et autres artefacts résulte en la perte de données scientifiques et historiques qu’une réelle fouille archéologique aurait révélées, tandis que les objets récupérés sont vendus à des enchères ou collections privées, ne laissant que peu, voir rien, pour les musées nationaux», a déclaré S.E. M. Ahmad Jalali, délégué permanent de la République islamique d'Iran à l'UNESCO et vice-président de la Réunion des États parties à la Convention de 2001 à l'ouverture de la conférence.

La chasse au trésor provoque des dommages irréparables à des milliers de sites. L’archéologue sous-marin Michael Pateman du collectif des antiquités, monuments et musées des Bahamas (Bahamas Antiquities, Monuments and Museum Corporation) a rapporté que sur 71 permis pour de la récupération sur des épaves entre 1972 et 1999, la plupart n’ont donné lieu à aucun recouvrement et les objets de valeurs sauvés n’ont pas été équitablement partagés. "Le gouvernement n’a reçu qu’un seul paiement en espèces lié à l’opération la Nuestra Senora de las Maravillas, mais ils ont simultanément perdu l'un des sites archéologiques les plus importants de la région. La vente aux enchères Christies des biens retrouvés a outragé le gouvernement. Ils ont placé un moratoire sur la délivrance de licences en 1999 " a-t-il déclaré.

 «Les États sont perdants lorsqu’ils  font affaire avec des entreprises de sauvetage dont les méthodes sont contraire à l’éthique. La chasse au trésor est un très grand marché; nous parlons également d’effets secondaires comme les paradis fiscaux ou le  blanchiment d'argent», a déclaré Alexandre Monteiro, de la Nouvelle Université de Lisbonne (Portugal). Il a souligné que le renforcement des lois Nationales et la mise en œuvre de la Convention de l'UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique sont les seuls moyens efficaces pour lutter contre cela, mais les chasseurs de trésors élaborent des stratagèmes de plus en plus complexes et choisissent des cibles plus faciles, où la protection juridique et l'application des lois sont moins strictes.

« Certains des plus riches vestiges du patrimoine culturel de l’humanité reposent dans les profondeurs des océans du monde et ils sont menacés. Il est de la responsabilité de chacun de veiller à ce qu'ils soient protégés, étudiés et évalués. La Convention de l'UNESCO offre un cadre juridique international pour accomplir cela » a déclaré Michel L'Hour du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (France).

 

Le pillage du navire espagnol Nuestra Señora de las Mercedes, qui a coulé en 1804, fut l’un des  exemples cités. Les  tribunaux américains ont ordonné en 2012 que la société de chasse au trésor Odyssey restitue les 574.000 pièces d’or et d'argent à l’Espagne. « L'Espagne n'a pas porté plainte contre ce cas de pillage à cause de la valeur financière des pièces", a déclaré Elisa de Cabo, directrice adjointe pour le patrimoine (Espagne). "Il s’agit du patrimoine de l'humanité et ces objets doivent aller dans un musée. Nous avons besoin d'une prise de conscience bien plus conséquente sur  l'importance du patrimoine subaquatique en tant que sites archéologiques "a-t-elle ajouté.

 

James Delgado de la National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) a souligné que «les traités, accords, lois, règlements et jurisprudence jouent un rôle crucial dans la protection et la gestion du patrimoine culturel subaquatique." La ratification universelle et la mise en œuvre de la Convention de l'UNESCO de 2001 fait partie des recommandations puisqu’elle est à la fois un outil juridique et pratique. Elle invite par exemple les Parties à saisir des objets sur leur territoire qui ont été récupérés illégalement ou d’une manière non scientifique. Toujours dans le cadre de la Convention, Le Conseil consultatif scientifique et technique de l'UNESCO (STAB) peut être appelé dans des situations d'urgence pour aider les pays à entreprendre des enquêtes et des exercices de formation.

L’octroi d’accréditations, l’enquête et la saisie si nécessaire, ont été identifiés comme primordiaux dans la lutte pour empêcher les pillages et traduire leurs auteurs en justice. Des représentants d'INTERPOL, de l'OTAN et des Carabiniers italiens ont également souligné que la coopération avec la police, en particulier pour la surveillance et les bases de données, allait de pair avec les aspects judiciaires.

Manuel Angel Sanchez Corbi, Chef de l'Unité opérationnelle centrale de la Garde civile espagnole, a relaté des opérations de surveillance le long des côtes de l'Espagne qui incluent des patrouilles en mer, des drones et des hélicoptères par voie aérienne, l'imagerie électronique et les systèmes d'alerte fixes pour surveiller les épaves connues. Sebastiano Tusa de Sopra-Intendenza Sicile (Italie) a souligné que la protection exige la connaissance du public de ce qui se trouve dans les fonds marins et de l'implication des acteurs locaux. «Pour sauver nos sites nous les ouvrons au public. Le règlement est nécessaire, ainsi qu’une coopération entre la Garde côtière, les clubs de plongée, les industries de la pêche et du tourisme locaux et les écoles pour protéger et maintenir des sites sous-marins efficacement "a-t-il expliqué.

La sensibilisation peut faire une énorme différence pour les prochains sites à être explorés ou exploités. "L'immensité de la destruction en cours, le pillage et l'exploitation commerciale des sites du patrimoine culturel subaquatique passent largement inaperçu auprès du public" a déclaré Helena Barba Meinecke, Présidente de l'Organe consultatif de l'UNESCO à la Convention de 2001.

Les recommandations seront disponibles ici :

http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/underwater-cultural-heritage/




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