» Dix nouveaux sites rejoignent le Réseau mondial des géoparcs
09.09.2013 - UNESCOPRESS

Dix nouveaux sites rejoignent le Réseau mondial des géoparcs

© UNESCO/Jacques CharvetKarawanke/Karawanken Global Geopark (Slovenia/Austria)

Le Réseau mondial des géoparcs nationaux a admis neuf nouveaux membres situés en Autriche, en Chine, en Italie, au Japon, aux Pays-Bas, au Portugal, en Slovénie, en Turquie et en Uruguay. Le Réseau compte désormais 100 sites répartis dans 29 pays. Ils ont été admis par le Bureau du Réseau mondial des géoparcs nationaux, lors du 3ème Symposium Asie-Pacifique qui s’est déroulé du 7 au 13 septembre sur l’île de Jeju (République de Corée).

Le Réseau mondial des géoparcs nationaux regroupe des sites qui proposent un patrimoine géologique exceptionnel, du point de vue scientifique ou pour sa rareté ou sa beauté, et qui mettent ce patrimoine au service de la promotion du développement durable des communautés qui y vivent.

Le Réseau a été créé en 2004 avec l’appui de l’UNESCO afin d’encourager la coopération entre experts et praticiens du patrimoine géologique. Il vise également à mieux faire prendre en compte les risques géologiques et l’importance des stratégies permettant de réduire ces risques, à lutter contre les effets du changement climatique et  mieux gérer les ressources naturelles.

Les sites bénéficiant du label géoparc doivent disposer d’une structure de gestion efficace, de frontières clairement délimitées et d’une taille suffisante pour permettre un véritable développement économique durable, principalement à travers le tourisme. Instituée sur une base volontaire, cette appellation constitue un label de qualité et l’UNESCO se propose de soutenir les géoparcs d’une manière ad-hoc et à la demande de ses Etats membres.

Les nouveaux sites sont :

Géoparc Sennongjia, Chine

Le géoparc se situe dans une région montagneuse du nord-ouest de la province de Hubei. Son nom vient de Shennong, un héros de la mythologie chinoise censé avoir inventé la houe et l’araire mais aussi l’utilisation des plantes médicinales. La zone du parc, surnommée le « Toit de la Chine centrale », compte six montagnes de plus de 3 000 mètres, formées de roches plutoniques diabasiques. La géomorphologie de Sennongjia se caractérise par la présence de trois éléments principaux : pics, glaciers et formations karstiques. Son patrimoine géologique comprend des fossiles d’animaux préhistoriques, des formations géologiques très particulières, de superbes paysages liés à l’eau et des vestiges de cataclysmes passés. En 1995, des restes humains datant du Pléistocène ont été retrouvés dans une grotte proche de Hongping, à 2 100 m. d’altitude. Plus de mille pièces - céramique de grès et fossiles d’animaux comme des rhinocéros, des pandas et des éléphants – ont été découverts dans cette grotte très importante pour la recherche archéologique.

Géoparc Yanqing, Chine

Le géoparc se trouve au nord-ouest de Beijing, dans la partie occidentale des monts Yanshanian. Un processus typique d’orogénèse de l’ère mésozoïque a produit le magnifique paysage de Yanqing – qui a donné son nom au parc – en modelant sa géomorphologie spectaculaire : stratifications verticales, fissures, dômes énormes et vastes plis anticlinaux. Aucune zone montagneuse d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ne ressemble à celle du géoparc. Le patrimoine géologique exceptionnel du site comprend une forêt pétrifiée et des traces de dinosaures datant du Jurassique tardif qui témoignent de la présence de ces animaux préhistoriques au nord de la Chine. Les ustensiles de pierre et autres vestiges trouvés à Yanqing témoignent du riche passé culturel de cette zone où l’homme était déjà présent il y a quarante ou cinquante mille ans. Les roches plutoniques du site ont permis à ces premiers habitants de creuser dans le granit des grottes comme celles de Guyaju : 110 habitats troglodytes qui constituent le plus important établissement humain de ce genre jamais trouvé en Chine.

Géoparc Sesia –Val grande, Italie

Situé dans le nord-est du Piémont, ce géoparc comprend deux vallées alpines : Sesia et Val grande. On y trouve deux éléments du site Sacri Monti du Piémont et de Lombardi inscrit sur la Liste du patrimoine mondial : le Mont sacré de Varello et le Mont sacré de la Sainte Trinité de Ghiffa. La tectonique alpine de la région et ses affleurements rocheux permettent de réaliser une véritable « excursion dans la croute terrestre », et notamment de se promener dans les couches les plus profondes de celle-ci jusqu’à la caldera effondrée d’un volcan fossilisé qui offre un système de plomberie magmatique allant jusqu’à 25km de profondeur. Un des éléments les plus spectaculaires du géoparc tient à la présence de roches provenant de la partie inférieure de la croute terrestre et ayant affleuré à la suite d’un processus d’orogenèse. Deux roches revêtent un intérêt historique particulier : le marbre rose d’Ossola, utilisé au 14e siècle pour la cathédrale de Milan, et la stéatite (ou pierre à savon) aux multiples utilisations au cours des âges. Les villages de la vallée du Sesia sont liés à l’histoire des Walser, une communauté de langue allemande venue du canton du Valais (Wallis) en Suisse entre le 12 et  13e siècle.

Géoparc des îles Oki, Japon

Le géoparc des îles Oki est situé au large des côtes occidentales de la principale île du Japon, Honshu. Les îles reposent sur un fragment du continent eurasiatique qui a subsisté lors de la formation du bassin d’arrière-arc qui aurait abouti à la création des îles du Japon et qui a ensuite été modifié par une violente activité volcanique. Un tel processus et une telle combinaison d’activités sont particulièrement rares. Les gneiss qui forment le socle des îles Oki gardent des preuves de l’origine continentale et les roches volcaniques très basiques présentes ici se retrouvent très rarement dans le reste de l’arc japonais. L’érosion côtière des parois rocheuses a créé un décor surprenant où se trouvent de nombreuses grottes marines et un littoral de falaises. La flore et la faune caractéristiques du paysage naturel de ces îles sont vraiment particulières. La végétation de zone subarctique (subalpine), apparue durant l’époque la plus froide de la dernière période glaciaire, est encore visible, combinée avec une végétation de zone tempérée à chaude.

Géoparc de Hondsrug, Pays-Bas

Le premier géoparc hollandais se situe à l’est de la province de Drenthe. Il s’agit d’une chaîne de petites collines qui a subsisté dans un paysage raboté par la glace au point de former les plats « pays bas ». Vestige unique d’un alignement glaciaire de la fin de la glaciation du Saale, le Hondsrug est un complexe de grandes flutes couvertes d’une accumulation de débris de roches. Sous la couche de glace, l’eau déversée par les glaciers a modelé des reliefs et des vallées que l’on retrouve aujourd’hui dans le paysage. Ces structures géomorphologiques sont uniques en leur genre dans le paysage euro-asiatique du Pléistocène. On trouve d’innombrables rochers - allant du simple débris aux blocs de 40 tonnes – qui diffèrent tant en taille qu’en composition des roches propres à la région. Les glaciers ont charrié ces blocs depuis la Suède et la Finlande et les ont déposés au Hondsrug. Les plus gros rochers ont été utilisés il y a 5 500 ans par les habitants du lieu pour élever des mégalithes qui sont les plus vieux monuments des Pays-Bas.

Géoparc des Açores, Portugal

Le géoparc des Açores se situe à la rencontre de trois plaques tectoniques, la nord-américaine, l’africaine et l’eurasienne. La géomorphologie a été principalement façonnée par les forces tectoniques et volcaniques. Depuis l’occupation de ces îles par les Portugais au début du 15e siècle, on y a enregistré 26 éruptions volcaniques. Les îles reposent sur 16 volcans polygéniques,  principalement siliciques et dont certains présentent des restes de caldera. Neuf de ces volcans sont encore actifs. On y trouve aussi plus de 1 700 manifestations volcaniques monogéniques, soit dispersées sur les flancs ou au sommet des volcans polygéniques, soit intégrées dans onze systèmes de fissures basaltiques. Sont présents des dômes, des anneaux tuff et cônes de tuff,  des cratères de maars, des cônes de scories et des spatter cônes. Le patrimoine architectural propose des bâtiments édifiés en matériaux volcaniques, notamment des manoirs, monastères, églises et plusieurs forteresses qui témoignent des attaques de pirates aux 16e et 17e siècles. La pêche à la baleine, qui a été une importante activité des Açores, a également laissé un important patrimoine culturel.

Géoparc Idrija, Slovénie

Le géoparc Idrija se trouve dans la partie occidentale de la Slovénie, à 60 km de Ljubljana. La faille d’Idrija est une fracture très marquée de la croûte terrestre, l’une des plus prononcées des Alpes du sud. Depuis la Croatie, elle court sur 120 km de territoire slovène avant de se poursuivre en Italie. Des liquides riches en minéraux sont remontés des profondeurs par la faille et ont déposé près de la surface des ressources minérales qui ont été exploitées pendant plus de 500 ans. L’important passé minier d’Idrija et de ses environs est inséparablement lié à une mine de mercure qui a été inscrite en 2012 sur la Liste du patrimoine mondial en tant que Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija. L’identité de la zone, sa culture, son mode de vie, son éducation, son industrie, sa recherche, son état sanitaire et sa cuisine trouvent leurs racines dans ce gisement exceptionnel dont la découverte en 1490 a permis le développement de la ville.

Géoparc Karavanke / Karawanken, Slovénie et Autriche

Le géoparc Karavanke / Karawanken tire son nom d’une chaîne de montagnes alpines qui marque la frontière entre la Slovénie et l’Autriche. Il est marqué par le fait que la formation de la montagne se poursuit encore comme le prouve une récente activité sismique. Le patrimoine tectonique et géologique du géoparc est exceptionnel. Les phénomènes de surrection sont liés à la collision entre les continents africain et européen. Cela se traduit par la formation de toute une variété de roches métamorphiques. L’histoire géologique du site s’étend sur près de 500 millions d’années et elle se traduit par un riche patrimoine minier, notamment des mines de fer et de charbon. Les mines ont maintenant été reconverties pour le tourisme et attirent de nombreux visiteurs.

Géoparc volcanique du Kula, Turquie

Le premier géoparc de Turquie se situe dans la province de Manisa, en Anatolie occidentale, à 150 km à l’est de Smyrne. Des cônes volcaniques et des coulées de lave datant du Quaternaire dominent ce paysage où les dernières éruptions remontent à près de 12 000 ans. Dans certaines couches de cendre volcanique, on peut voir des empreintes fossilisées laissées par des hommes préhistoriques. Les basaltes de Kula - uniques exemples d’affleurement rapide de roches asthénosphériques dans la partie occidentale de l’Anatolie – se sont formés à cause du déplacement rapide vers le sud-ouest de la microplaque tectonique de l’Egée qui chevauche la plaque africaine. Les volcans de Kula comprennent plus de 80 cônes de cendre, des maars, des coulées de lave et des téphras. La ville de Kula, qui remonte au début de l’empire ottoman, a été, du fait de sa position géographique, un important centre marchand et de production de biens tels que les tapis, le cuir et les articles de métal.

Géoparc des Grottes du Palais, Uruguay

Le premier géoparc uruguayen se situe dans le nord du département de Flores. Le bouclier cristallin du craton du Rio de la Plata, présent sous pratiquement tout l’Uruguay, n’apparaît qu’au sud et à l’est du pays où il se traduit par un paysage de collines. Partout ailleurs, il est recouvert par des roches volcaniques ou sédimentaires plus récentes correspondant à de larges vallées fertiles. Les roches apparentes dans le géoparc sont très anciennes (précambrien) mais toutes les autres périodes sont représentées par différents types de roches ou de sédiments. Dans la partie nord, des roches sédimentaires du Permien (grès, siltites, rhytmites) sont à découvert. Des sols latéritiques plus récents, caractérisés par la dominante rouge, sont présents aux grottes du Palais qui représente un système de grottes très pittoresque. Ces grottes constituent une formation géologique très particulière : une centaine de colonnes hautes de plus de deux mètres.

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Contact médias : Agnès Bardon, tél. + 33 (0)1 45 68 17 64 / a.bardon(at)unesco.org

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