» La Directrice générale participe au deuxième sommet « Youth and Leaders » organisé à Sciences Po Paris
16.01.2017 - ODG

La Directrice générale participe au deuxième sommet « Youth and Leaders » organisé à Sciences Po Paris

Le 16 janvier 2017, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a participé au deuxième sommet « Youth and Leaders » organisé par l’école des affaires internationales (PSIA) de Sciences Po Paris, à l’initiative de son doyen, Enrico Letta, ancien président du Conseil des ministres italiens. Le thème de cette édition 2017 portait sur la crise migratoire.

La Directrice générale a pris part à cette journée de débats à l’occasion de la séance, « la crise migratoire : Défis humanitaires ». Le panel était introduit par un étudiant de la PSIA qui mis en lumière les différents enjeux du sujet – la relation qu’entretient les migrations avec l’extrême pauvreté et la faim ; la dimension d’exclusion existante dans la plupart des discours sur les migrations, la nécessité du respect des droits de l’Homme – avant de s’interroger sur « la manière dont les migrants sont devenus les nouveaux visages de la discrimination admise ».

Modéré par Maryline Baumard, journaliste au Monde, ce panel débuta par une courte intervention de chaque intervenant : Christine Beerli, Vice-Présidente du comité international de la Croix-Rouge; Emma Bonino, ex-Ministre des Affaires étrangères italien; et Bruno Stagno-Ugarte, directeur exécutif adjoint de Human Rights Watch, ex-Ministre des Affaires étrangères du Costa Rica.

Dans son introduction, Irina Bokova a salué la PSIA pour l’organisation d’un événement à point nommé sur une question d’importance capitale.

La Directrice générale a déclaré que « nous oublions bien trop souvent que les crises humanitaires ont principalement lieu dans les pays en développement. A cet égard, ce n’est que très récemment que la communauté internationale en a pris conscience » avant d’ajouter « qu’auparavant une aide d’urgence était apportée sans prendre en compte cette dimension de développement ». Irina Bokova insista sur la nécessité d’assurer un lien fort entre l’intervention humanitaire en tant que telle et tous les aspects de l’effort au développement engagé à long terme – notamment à travers l’éducation, l’autonomisation des femmes et la protection de droits de l’Homme fondamentaux.

Une part de l’action de l’UNESCO est justement dédiée « à ce lien entre l’action humanitaire et le développement mis en avant durant le Sommet mondial pour l’Aide humanitaire tenu à Istanbul en mai 2016, sous l’initiative des Nations Unies et l’impulsion de l’UNESCO. »

« L’éducation doit être considéré comme un élément central » a-t-elle souligné en s’appuyant sur le rapport mondial de suivi de « l’éducation en situation d’urgence » de 2011, et les efforts menés conjointement par l’UNESCO avec la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui.

« Seul 3% de l’aide humanitaire est actuellement dédiée à l’éducation. Nous savons que l’Union Européenne s’est engagée à renforcer cette aide à hauteur de 6% mais nos experts ont déclaré que pour avoir un impact sur le moyen et long terme, ce chiffre devait s’élever à 10% » a déclaré Mme Bokova.

« Lorsque nous parlons de la crise actuelle, nous ne pouvons oublier les politiques de développement dans tous leurs aspects, sans quoi nous risquons de voir se répandre dans différentes régions l’extrémisme violent » a ajouté la Directrice générale. « C’est là que l’éducation est vitale, et c’est là que l’UNESCO est actif à travers le soutient des professeurs, la construction de programmes scolaires, l’avancement dans la reconnaissance de certains diplômes, et dans bien d’autres domaines » a-t-elle déclaré.

« L’éducation doit devenir, avec les acteurs politiques, la clé pour résoudre les défis actuels et garantir notre bien-être commun » a-t-elle conclu.

De son côté, la vice-présidente du comité international pour la Croix Rouge, Christine Beerli, a déclaré que la crise migratoire actuelle était de son point de vue, une crise de l’Union Européenne à répondre efficacement aux défis humanitaires liés aux migrations. Cette polémique n’est pas nouvelle puisque l’Europe a, bien avant 2015, déjà rencontrer des problèmes migratoires, a ajouté Mme Beerli. L’accent devrait être mis sur l’accueil des réfugiés en prenant en compte la part importante de déplacés internes.

Emma Bonino, ancienne Ministre des Affaires étrangères italien a insisté sur l’importance de « l’intégration » et les défis entourant la lutte contre les stéréotypes lorsqu’on aborde la crise migratoire.

« Il est faux de dire que nous sommes en présence de la première crise migratoire majeure. La mobilité mondiale remonte au propre de l’Homme » a-t-elle ajouté. « Entre les deux Guerres mondiales, 20 million d’italiens ont quitté leurs pays. Ce phénomène est aussi vieux que l’humanité, nous devrions arrêter d’être surpris et surtout nous devrions arrêter de prendre des décisions sous l’effet de l’émotion. Nous devons revenir à la réalité des faits » a indiqué Emma Bonino.

« Le problème de lier l’aide humanitaire à l’obtention de fonds est le risque de ne pas tenir compte des droits de l’Homme fondamentaux des réfugiés » a déclaré Bruno Stagno-Ugarte, directeur exécutif adjoint de Human Rights Watch et ancien Ministre des Affaires étrangères du Costa Rica. « Nous avons besoin d’une forte solidarité politique pour faire face aux migrations et aux réfugiés ; les droits de l’Homme doivent être au cœur de notre action » a-t-il ajouté.

Les pénalistes ont ensuite répondu à une série de questions posées par le public. L’importance de la prévention et de l’anticipation de crises similaires ont été mentionné, au même titre que la nécessité d’un soutien politique à long terme. A la suite d’une question portant sur le rôle concret de la culture dans la lutte contre les clichés en société, à la lumière de la crise migratoire actuelle et du rejet de « l’Autre », Mme Bokova a souligné l’importance du redoublements d’efforts dans la protection du patrimoine lors d’interventions humanitaires.

« Toutes attaques délibérées contre le patrimoine culturel dans le monde est une attaque contre notre identité et nos valeurs communes. La culture, au sens large, avec l’éducation, doit être placée au premier plan des opérations de maintien de la paix et doit toujours y figurer au même titre que la sécurité, la politique et la question militaire. Face à l’extrémisme violent, la radicalisation, la haine, particulièrement contre les migrants et les réfugiés - dont les droits et la dignité sont souvent bafoués – l’UNESCO milite inlassablement pour l’éducation à la compréhension mutuelle des peuples et encourage à l’apprentissage des us et coutumes de chacun » a affirmé la Directrice générale mentionnant également le succès de la campagne mondiale « UnisPourLePatrimoine ».

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Fondée en 2010, l’Ecole d’Affaires Internationales (PSIA) de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) offre aux leaders de demain une formation novatrice et complète en matière d’affaires internationales.

Lancé en Janvier 2016 par l’Ecole d’Affaires Internationales de Sciences Po, sous l’impulsion de son doyen, Enrico Letta, le Youth and Leaders Summit a pour but d’alimenter un débat entre les leaders de notre monde et les étudiants de la PSIA sur des sujets internationaux complexes.




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