19.06.2017 - Secteur des sciences sociales et humaines

L’histoire derrière le visage des migrants et réfugiés

Irina Bokova © UNESCO / C. Alix

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, et David Malone, Recteur de l'Université des Nations Unies et Président du Groupe mondial des migrations (GMG) en 2017, ont ouvert la Conférence sur « Le visage humain de la migration : perspectives historiques, témoignages et politiques » au Siège de l'UNESCO à Paris, le 15 juin 2017.

Dans son discours d’ouverture, Irina Bokova a souligné la centralité de la mobilité humaine dans les débats politiques et a mis en garde contre la haine des “autres” et la peur de la diversité dans les sociétés. À cause de la stigmatisation, les hommes et les femmes ne sont plus considérés comme des individus mais perçus comme faisant partie d'un « flot » déstabilisant. Il y a une histoire individuelle derrière le visage de chaque migrant et réfugié, et dans de nombreux cas des histoires de tragédie et de détresse, qui devraient être transformées en histoires d’espoir.

« En quittant leur pays d'origine, de nombreux migrants et réfugiés ont laissé leurs droits en tant que citoyens nationaux en suspens -- mais ils n'ont pas laissé leurs droits en tant qu'êtres humains, leur dignité inhérente. C'est pourquoi la crise actuelle des migrants et des réfugiés doit être considérée comme une occasion de renforcer l'humanité que nous partageons tous et la dignité à laquelle nous aspirons tous, » a-t-elle dit.

David Malone a souligné l'importance de renforcer les bases factuelles sur la migration en tant que condition sine qua non pour un solide pacte mondial pour des migrations sans encombre, ordonnées et régulières, et il a réitéré le rôle du GMG pour pouvoir combler cette lacune. Il a noté que l'UNESCO a un rôle unique à jouer dans la promotion des valeurs de l’éducation et a remercié Mme Bokova pour son leadership à cet égard.

L'Ambassadeur Daniel Rondeau, représentant de l'Université des Nations Unies (UNU) auprès de l'UNESCO, et S.E. Eleonora Mitrofanova, Ambassadrice itinérante de la Fédération de Russie, ont souligné l'importance de créer un espace approprié pour une réflexion ouverte et un dialogue réunissant tous les acteurs concernés - décideurs, militants, travailleurs humanitaires et artistes. Les politiques d'État doivent être remaniées en s'appuyant sur des données de migration précises et des cadres de gouvernance renforcés si nous voulons débloquer le potentiel des migrations.

Marianna V. Vardinoyannis, Ambassadrice de bonne volonté pour l'UNESCO, a souligné l'importance des villes et des institutions locales qui gèrent la diversité et élaborent des politiques et des programmes capables de défendre les droits des réfugiés et des migrants. Elle a présenté l'initiative conjointement lancée avec l'UNESCO intitulée Villes accueillantes pour les réfugiés et les migrants. Susan Asche, Responsable des affaires culturelles dans la ville de Karlsruhe (membre de la Coalition européenne des villes contre le racisme de l'UNESCO) a présenté des pratiques réussies utilisant la culture et des arts afin de favoriser l'inclusion et la compréhension mutuelle (par exemple dans le cadre de visites de musées, de bibliothèques et d'autres manifestations culturelles).

Les principales leçons qui peuvent être tirées d'une analyse plus précise de l'histoire des migrations au cours des siècles ont été le message clé des interventions du Dr David Abulafia, professeur à l'Université de Cambridge, et Gilles Pecout, Recteur de Paris.

Cette analyse a été enrichie par des témoignages du Père Najeeb Michael, lui-même réfugié, engagé dans le travail humanitaire au nord de l'Irak, Docteur Pietro Bartolo, médecin et travailleur humanitaire à Lampedusa, et Mme Albina du Boisrouvray, fondatrice de l'Association François-Xavier Bagnoud (FXB), actuellement présent dans 13 pays à travers le monde.

La réunion a été clôturée par un appel à l'action de Yann Arthus-Bertrand, photographe, cinéaste et président de la Fondation GoodPlanet, accompagné par un clip émouvant de son dernier film, Human.

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C'est dans cet esprit de coopération et de solidarité que l'UNESCO, la Fondation Marianna V. Vardinoyannis et la Coalition européenne des villes contre le racisme (ECCAR) − l'une des sept coalitions régionales et nationales de la Coalition internationale des villes inclusives et durables de l'UNESCO − ICCAR – ont joint leurs forces au sein du partenariat pour l'initiative Villes accueillantes pour les réfugiés et les migrants : promouvoir l'inclusion et la protection des droits.

Cette initiative a été lancée au Siège de l'UNESCO en 2016. La publication de l'UNESCO intitulée Cities Welcoming Refugees and Migrants (Villes accueillant les réfugiés et les migrants) est la première production tangible du partenariat.

Contact : Konstantinos Tararas, SHS.inclusion-rights(at)unesco.org




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