» Vers des écoles sensibles à la dimension du genre pour améliorer la santé et le bien-être
31.05.2017 - Education Sector

Vers des écoles sensibles à la dimension du genre pour améliorer la santé et le bien-être

[Translate to francais:] @ UNESCO/J. Herat

Des élèves en bonne santé apprennent mieux et des élèves mieux instruits sont en meilleure santé. Toutefois, il ressort d’observations récentes que cette maxime ne peut se vérifier que si les écoles sont sensibles à la dimension du genre et reconnaissent les besoins particuliers et les obstacles qui s’opposent aux garçons et aux filles dans la réalisation de leur droit à la santé et à l'éducation.

Il n’en demeure pas moins que ce problème reste insuffisamment pris en compte dans la plupart des pays et il a été au cœur des discussions de l'Équipe de travail interinstitutions sur l’éducation et la santé scolaire récemment convoquée par l’UNESCO à Lusaka, en Zambie.

Pourquoi avons-nous besoin d’une éducation sensible à la dimension du genre ?

Bien que des pas importants aient été faits dans la réalisation de la parité des sexes dans l'éducation, les apprenants continuent de rencontrer des obstacles pour rester à l'école et achever leur éducation et, dans de nombreux cas, ces obstacles touchent les filles plus que les garçons. L’insécurité des environnements d'apprentissage, le manque d'accès à des installations sanitaires convenables, les grossesses précoces et des approches pédagogiques biaisées en faveur d’un genre contribuent à l’abandon scolaire précoce ou à des résultats plus faibles pour certains apprenants.

Ainsi que cela a été souligné par le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEMR) 2016, la santé sexuelle et reproductive, l'égalité des sexes et les droits de l'homme sont étroitement liés. Le rapport note également que l'éducation sexuelle complète joue un rôle essentiel dans la promotion de la santé, du bien-être et du développement des jeunes. En outre, une étude du Population Council 2015 a constaté que les programmes d’éducation à la sexualité et au VIH qui abordent le genre et le jeu de pouvoir dans les relations ont cinq fois plus de probabilités d’être efficaces pour réduire les infections sexuellement transmissibles et/ou les grossesses non désirées que ceux qui n’en parlent pas.

Cependant, selon l’Etude mondiale sur l'éducation sexuelle complète (CSE), les questions de genre et de droits sont presque systématiquement absentes ou insuffisamment couvertes par les programmes d’enseignement actuels dans toutes les régions du globe.

La fourniture d’une éducation de haute qualité et sensible à la dimension du genre exige la prise de conscience des lacunes et des opportunités dans la mise en œuvre des programmes

Mettre en évidence le lien existant entre l'éducation et la santé et le bien-être des jeunes, tel est le mandat de l'Équipe de travail interinstitutions (IATT) de l’ONUSIDA sur l'éducation et la santé scolaire. Le Symposium annuel et l’assemblée des membres ont eu lieu du 10 au 12 mai 2017 à Lusaka, en Zambie.

Le symposium a réuni plus de 100 représentants de gouvernements, de la société civile et des communautés du développement, issus de différents domaines de l’éducation. Les participants se sont réunis pour explorer les lacunes et les opportunités des programmes sensibles à la dimension du genre dans le cadre d’initiatives d’éducation au VIH et à la santé déjà en cours d’exécution, tant au niveau local que dans la région.

Au cours de la réunion ont eu lieu des présentations et des discussions sur un éventail de problèmes interdépendants, notamment : grossesses précoces et non désirées, violence sexuelle en milieu scolaire, l'éducation sexuelle complète, les besoins des orphelins et des enfants vulnérables et la gestion de l’hygiène menstruelle à l’école. L’accent mis sur la mise en œuvre d'approches de santé scolaire a été illustré par une discussion avec six parties prenantes du Ministère de l’Education de Zambie, qui ont évoqué l’interdépendance de l’élaboration des programmes d’enseignement, de la formation des enseignants, des examens et des évaluations nécessaires pour parvenir à une approche holistique.

L’éducation sexuelle complète, élément clé de la mise en œuvre des programmes de développement durable dans les pays africains

L’un des principaux objectifs du symposium a été d'identifier les besoins et les priorités pour soutenir les gouvernements dans leurs efforts d’intégration d’approches sensibles à la dimension du genre dans l'éducation sexuelle complète (CSE) et dans les autres programmes d’éducation au VIH et à la santé. Des exemples de programmes et les leçons à tirer de leur mise en œuvre ont été discutés pendant le symposium, l’accent étant mis en particulier, mais non exclusivement, sur l'Afrique et sur le pays hôte, la Zambie.

Le Coordinateur résident de Nations Unies pour la Zambie, Mme Janet Rogan, a déclaré : « La Zambie possède actuellement la population de jeunes la plus forte de son histoire, avec 82 % de jeunes de 35 ans et moins et 35 % âgés de 15 à 35 ans. La montée de cette population jeune en Zambie offre la possibilité d’encourager une croissance socio-économique durable par un déclin rapide de la fécondité et par des investissements soutenus dans l'éducation, le développement des compétences, la santé, la création d'emplois et une gouvernance améliorée pour les jeunes ».

Les conclusions de cette réunion démontrent une fois de plus les liens étroits entre la santé, l'éducation et le développement durable et elles montrent que la promotion d’une éducation sexuelle complète est un facteur clé dans la construction d’un monde équitable pour les filles et les garçons.

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