» Tsunamis : « le vrai danger vient de l’excès de confiance »
17.10.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

Tsunamis : « le vrai danger vient de l’excès de confiance »

© UNESCO/COI - Table ronde de haut niveau sur la réduction des pertes humaines et économiques liées aux tsunamis, Siège de l'UNESCO, Paris (16 octobre 2018).

PARIS, 17 octobre 2018 – Une réunion de sensibilisation aux tsunamis s’est ouverte hier avec une minute de silence en mémoire des 2 000 morts et 680 disparus du tsunami et du séisme qui ont frappé l’Indonésie le 28 septembre.

La double catastrophe laisse derrière elle près de 70 000 personnes sans abri et 11 000 blessés dans les villes indonésiennes de Palu et Donggala, dans le Sulawesi Central.

Les pertes économiques sont estimées à 530 millions de dollars et plus de 65 000 maisons et 2 700 écoles ont été détruites, a déclaré l’ambassadeur d’Indonésie en France, M. Hotmangaradja Pandjaitan, lors d’une table ronde de haut niveau organisée au Siège de l’UNESCO sur la réduction des pertes humaines et économiques liées aux tsunamis.

La table ronde était organisée conjointement par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNISDR) et la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO à l’approche de la Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, célébrée chaque 5 novembre.

« Le monde est plus sûr aujourd’hui face aux tsunamis. De nombreux systèmes d’alerte précoce ont été mis en place depuis le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, non seulement dans l’océan Indien, mais aussi dans les Caraïbes, l’Atlantique Nord-Est et en Méditerranée, » a déclaré Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI, dans son discours d’introduction.

« Cependant, nous continuons à faire face à des défis très importants : le manque d’entretien des systèmes existants, les tsunamis qui surviennent très proche des côtes et qui restent difficiles à prédire, comme nous avons pu le constater récemment en Indonésie, ou encore les tsunamis qui ne sont pas provoqués par des séismes mais par des glissements de terrain ou des météorites et qui sont donc bien plus difficiles à mesurer, » a-t-il ajouté.

M. Hugh Riley, Secrétaire général de l’Organisation du tourisme des Caraïbes, a expliqué : « Nous avons subi onze tsunamis dans le passé et nous prenons le risque de tsunami au sérieux. Le tourisme est le principal moteur économique de la région – il représente 80% du PIB régional et plus d’un million d’emplois. Nous ne pouvons donc ignorer le risque de tsunami. Le vrai danger vient de l’excès de confiance. »

« Nous avons presque disparu de la surface de la terre pendant quelques secondes en 2004 ; nous travaillons dur pour mettre en place un système d’alerte précoce commun. Nous élaborons également des mesures d’atténuation qui permettront de construire des îles plus sûres et d’aider à l’évacuation et à la sécurité des personnes qui y vivent toute l’année, et non seulement des touristes, » a déclaré M. Ahmed Shiian, ambassadeur des Maldives en Belgique et chef de mission auprès de l’Union européenne.

L’un de ces projets est la construction de la ville « City of Hope » sur une île artificielle appelée Hulhumale, près de la capitale Male, qui pourra accueillir environ 130 000 personnes avec des écoles, des hôpitaux et des zones commerciales.

Le séisme et le tsunami de Tohoku en 2011 a été « l’un des plus coûteux en termes de pertes économiques. Il a coûté plus de 315 millions de dollars et a touché de nombreux secteurs, dont le tourisme, » a affirmé M. Teru Fukui, membre de la Chambre des représentants du Japon.

« Nous sommes le premier département en France à avoir un plan contre les tsunamis et nous espérons que de nombreux autres départements nous suivront : nous avons déjà subi des tsunamis dans le passé et de nombreux biens sont aujourd’hui situés en zone inondable dangereuse, dont des infrastructures critiques, » a déclaré M. Christos Sabanis, Chef du Service interministériel régional des affaires civiles et économiques de défense et de protection civile, dans les Bouches-du-Rhône, en France.

Mme Kirsi Madi, directrice de l’UNISDR, a conclu : « L’éducation reste la principale mesure préventive permettant de sauver davantage de vies afin de ne laisser personne de côté à l’avenir. »

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En savoir plus sur la Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis (5 novembre)

Regardez le débat de haut niveau

Version originale | Interprétation en anglais

Pour plus d’information, veuillez contacter:

Thorkild Aarup (t.aarup(at)unesco.org)

Note : Ceci est une réimpression d’un article initialement publié par UNISDR sur https://www.unisdr.org/archive/61296




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