» Deux enfants africains sur trois privés d’enseignement secondaire
25.10.2011 - UNESCOPRESS

Deux enfants africains sur trois privés d’enseignement secondaire

Des collégiens soudanais à l'école secondaire Supiri à Juba, Sud Soudan. ©UNESCO/B. Desrus -

Les gouvernements se battent pour répondre à la demande croissante d’enseignement secondaire, en particulier en Afrique sub-saharienne où les établissements ne peuvent accueillir que 36% des enfants en âge de fréquenter ce cycle. Ce sont les filles qui rencontrent le plus d’obstacles et l’écart entre les sexes s’accroît dans la région selon l’édition 2011 du Recueil de données mondiales sur l’éducation, publié par l’Institut de statistique de l’UNESCO.

Au plan mondial, les écoles secondaires ont accueilli environ 100 millions d’élèves supplémentaires chaque décennie. Le nombre d’élèves a augmenté de 60% entre 1990 et 2009. Mais la demande de places dans l’enseignement secondaire a augmenté de façon exponentielle du fait du nombre toujours plus grand d’enfants fréquentant et terminant l’enseignement primaire.

Selon le Recueil de données mondiales sur l’éducation, 88% des enfants parvenaient à la fin de ce cycle en 2009 contre seulement 81% en 1999. Dans 20 pays de la planète – presque tous en Afrique sub-saharienne -, un enfant parvenu à la fin du primaire n’a au mieux que 75% de chances d’intégrer le secondaire.

« On ne pourra échapper à la pauvreté qu’en développant largement l’enseignement secondaire. C’est le minimum nécessaire si l’on veut fournir aux jeunes les connaissances et les compétences qui pourront leur assurer des moyens d’existence décents dans notre monde d’aujourd’hui. Il faudra à la fois de l’ambition et de l’engagement pour relever ce défi. Mais c’est la seule voie pour atteindre la prospérité », a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. « Une population instruite constitue la plus grande richesse d’un pays. Les inégalités signalées par ce rapport, notamment l’exclusion des filles du secondaire dans de nombreux pays, ont des implications énormes pour la réalisation de tous les objectifs de développement fixés par la communauté internationale, de la santé des mères et des enfants à la prévention du VIH/sida, en passant par la sécurité environnementale ».

Le Recueil, publié par l’Institut de statistique de l’UNESCO, présente toute une série d’indicateurs permettant de mesurer à quel point garçons et filles sont pris en charge par le secondaire et terminent ce cycle. Il fournit aussi de quoi nourrir les débats en examinant les ressources humaines et financières consacrées à cette formation des élèves. Par exemple, le nombre total de professeurs du secondaire a augmenté de 50% depuis 1990 mais des pénuries subsistent, en particulier en Afrique sub-saharienne.

En termes de scolarisation, l’Afrique sub-saharienne est la région qui enregistre la plus forte progression avec des taux bruts de scolarisation qui sont passés entre 1999 et 2009 de 28% à 43% pour le premier cycle du secondaire et de 20% à 27% pour le cycle suivant. Pourtant, dans cette région, plus de 21,6 millions d’enfants en âge de fréquenter les premières classes du secondaire sont encore exclus de l’éducation et beaucoup ne passeront jamais un seul jour à l’école.

Les filles sont les premières à pâtir de cette inégalité selon le rapport. En Afrique sub-saharienne, le ratio d’inscription des filles dans le premier cycle du secondaire est de 39% contre 48% pour les garçons. De plus, dans de nombreux pays de la région, elles ont moins de chance de terminer ce cycle que les garçons.

L’Afrique sub-saharienne est la seule région du monde où les inégalités entre les sexes ont empiré dans le cycle supérieur du secondaire ; d’après le recueil, 8 millions de garçons y sont inscrits contre seulement 6 millions de filles. Entre 1999 et 2009, le taux brut de scolarisation des garçons a progressé de 9 points (de 22% à 31%) alors que celui des filles n’a gagné que 6 points (18% à 24%).

Malgré des progrès, les filles rencontrent également des obstacles en Asie du sud et en Asie de l’ouest. Près de 35 millions de filles étaient inscrites dans le premier cycle du secondaire en 2009, ce qui donne un taux de scolarisation de 69% au lieu des 53% de 1999. Mais l’analyse des données recueillies auprès des ménages révèle des inégalités encore accrues en fonction de la localisation géographique et des moyens financiers des familles. Par exemple, au Pakistan, un garçon de 10-12 ans issu d’une famille urbaine aisée a trois fois plus de chance d’aller à l’école qu’une fille de famille pauvre vivant dans une zone rurale.

Les perspectives pour les filles se sont améliorées dans d’autres régions, comme l’Asie orientale et le Pacifique. Le taux brut de scolarisation des filles dans le premier cycle du secondaire y est passé de 75% à 91% entre 1999 et 2009.

Des progrès significatifs ont également été enregistrés dans les pays arabes, avec un taux brut de scolarisation des filles dans le premier cycle du secondaire passant de 67% à 82% au cours de la même période. Dans cette région, les filles ont aussi plus de chance que les garçons de terminer ce cycle dans les trois quart des pays disposant de données. Des défis demeurent pourtant dans le second cycle du secondaire : selon le Recueil, les établissements ne peuvent accueillir que 47% des filles et 49% des garçons ayant l’âge d’y être inscrits. Ce fossé s’élargit encore quand on prend en compte les revenus des familles. En Egypte, les ménages pauvres sont plus susceptibles d’envoyer leurs garçons que leurs filles à l’école. On ne retrouve pas cette inégalité des sexes dans les secteurs plus aisés de la société. Chez les pauvres, 37% seulement des filles de 15 à 17 ans fréquentent l’école contre près de 90% des garçons et 87% des filles dans les familles aisées.

« Toutes ces données soulignent un message central : l’enseignement secondaire est le prochain grand défi », déclare Hendrik van der Pol, directeur de l’Institut de statistique de l’UNESCO. « Selon le Recueil, près du tiers des enfants de la planète vivent dans des pays où le premier cycle du secondaire est théoriquement obligatoire mais où cette obligation n’est pas respectée. Nous devons faire de cet engagement une réalité ».

Cela demandera d’énormes ressources humaines et financières supplémentaires. Comme le souligne le Recueil, l’enseignement secondaire coûte davantage que le primaire, principalement à cause du besoin de professeurs formés à enseigner dans des domaines spécifiques. Dans de nombreux pays en développement, les familles des élèves assument souvent la charge de ces coûts plus élevés.

Les familles de l’Afrique sub-saharienne investissent de façon importante dans l’éducation de leurs enfants. Elles contribuent à l’équivalent de respectivement 49% et 44% des dépenses globales du premier et du deuxième cycle du secondaire. En Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu’en Asie orientale et dans le Pacifique, la contribution des ménages à ces deux cycles du secondaire représente en moyenne 25% et 41%. Par contre, selon le Recueil, les familles des élèves d’Amérique du nord et d’Europe occidentale ne fournissent que 7% des dépenses totales de l’enseignement secondaire.

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Le Rapport  est disponible pour les journalistes à : ftp://ftp.uis.unesco.org/GEDembargo/GED2011.zip

Mot de passe : digest2011

Un site interactif présentant les données est disponible à : www.guardian.co.uk/global-development

L’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) est la principale source de données sur l’éducation permettant de suivre les progrès vers les objectifs nationaux et internationaux.

Consultez la banque de données ainsi que les publications à www.uis.unesco.org

Les spécialistes suivants sont disponibles pour des interviews :

A l’Institut de statistique de l’UNESCO à Montréal (Canada)

Albert Motivans: Chef des statistiques Education (en anglais)
Tel: +1 514 294 7629

Said Voffal: statisticien de l’éducation (en arabe et français)
Tel: +1 514 343 7752

Friedrich Huebler: statisticien de l’éducation (en anglais et allemand)
Tel: +1 514 343 7599

À Santiago du Chili

Juan Cruz Perusia: statisticien de l’éducation (en espagnol et anglais)
Tel: +56 2 472 4600

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