» La famille de l’océan de l’ONU ouvre la voie à une plus grande collaboration
29.03.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

La famille de l’océan de l’ONU ouvre la voie à une plus grande collaboration

© UNESCO/COI - Les participants à la dix-septième réunion d'ONU-Océans (26-28 mars 2018, Paris, France)

L'océan ne connaît pas de frontières nationales et confronte souvent les décisionnaires à des questions complexes, transversales et multinationales, de la sécurité alimentaire en passant par la conservation de la biodiversité. Pour le système des Nations Unies, en particulier, la conservation et la gestion durable de l'océan et de ses ressources constituent un objectif commun et exigent de ce fait un dialogue et une coopération de plus en plus forts entre les vingt-quatre organes des Nations Unies travaillant sur les questions liées à l’océan.

Du 26 au 28 mars 2018, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO a accueilli la dix-septième réunion d’ONU-Océans, mécanisme de coordination impliquant toutes les agences des Nations Unies travaillant sur les problématiques liées à l’océan, afin d’examiner leurs contributions et collaborations éventuelles dans le cadre de l’Agenda 2030 et de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030).

La réunion d'ONU-Océans a cherché à identifier des domaines de collaboration et de synergie entre les activités en cours et futures de chacune des agences, notamment en fournissant des informations sur les événements prévus pour la Journée mondiale de l’océan 2018 sur le Portail web de la Journée mondiale de l’océan des Nations Unies, et en mettant à jour le site web d'ONU-Océans dans le but d’améliorer la visibilité du mécanisme global et de ses membres.

Les discussions ont également porté sur les mesures visant à renforcer et à promouvoir la coordination et la cohérence des activités du système de l’ONU relatives aux zones océaniques et côtières, par exemple en collaborant à la Décennie des sciences océaniques et en contribuant à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 de l’ONU et de l’Objectif de développement durable 14 sur l’océan.

Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI, a invité les agences partenaires à s'engager dans le processus de planification de la Décennie : « C'est votre décennie, une occasion unique de fournir un travail incroyablement significatif dans le but de sauver notre océan. »

Sandor Mulsow, Directeur du Bureau de la gestion de l’environnement et des ressources minérales de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), a donné un exemple de la façon dont les agences de l’ONU pourraient travailler ensemble pour mener vers l'océan dont nous avons besoin pour l'avenir que nous voulons. « L'AIFM peut fournir toutes les informations qu’elle a recueillies au cours des dernières décennies, en particulier concernant les grands fonds situés en eaux internationales où peu de pays ont la capacité d’effectuer des recherches scientifiques. Nous prélevons des échantillons sur 1,3 million de kilomètres carrés chaque année, de sorte que nous pourrons soutenir les activités scientifiques de la Décennie, » a-t-il expliqué.

Les membres d'ONU-Océans ont appelé à un échange continu et simplifié d'informations entre les organisations, tout en partageant des études de cas sur leurs expériences, meilleures pratiques, outils, méthodologies et leçons apprises, comme sur la plateforme LME:LEARN. Le projet LME:LEARN rassemble plusieurs agences de l’ONU ainsi qu’une douzaine d'autres partenaires pour améliorer la gouvernance écosystémique mondiale des écosystèmes côtiers et des Grands écosystèmes marins (GEM). Les GEM sont des zones océaniques relativement étendues (au moins 200 000 km2) avec une productivité marine et des interactions au sein de la chaîne alimentaire sans pareilles.

Peter Thomson, Envoyé spécial de l’ONU pour l'océan a affirmé : « Selon moi, la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable est absolument essentielle pour inverser le déclin qu’a connu l'océan au cours des dernières décennies. Nous devons l’inverser pour le bien de nos enfants et de nos petits-enfants, mais pour ce faire, nous devons avoir des connaissances scientifiques solides sur lesquelles appuyer nos décisions. Nous ne pouvons jouer aux devinettes. Nous avons besoin de données, d’une banque de données, ce n’est qu’ensuite que nous pourrons procéder à l'analyse qui nous permettra de prendre les bonnes décisions. (...) C'est une tâche considérable mais je suis sûr qu’en 2030, nous aurons amélioré le sort de l’humanité au regard de nos connaissances sur l'océan et nos décisions n’en seront que meilleures.»

Tout en mettant l’accent sur l’impérative nécessité d’établir des partenariats pour le succès d'ONU-Océans et de la Décennie, Wenjian Zhang, Sous-Secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), a ajouté que « ce n'est que de cette manière que nous pourrons convaincre les gouvernements d’être doublement attentifs à l’investissement dans le domaine de la recherche et des observations. Nous disons souvent à l'OMM qu'avec un investissement d'un dollar dans les observations et les services météorologiques, la société peut obtenir un retour sur investissement quarante fois plus élevé grâce au développement socio-économique national. »

Le dispositif interinstitutionnel d'ONU-Océans travaille de façon transversale au sein de l’Organisation des Nations Unies et de l'Autorité internationale des fonds marins pour renforcer la coordination, la cohérence et l'efficacité des organisations compétentes, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Les compétences des organisations participantes, ainsi que les mandats et priorités, sont approuvés par leurs organes directeurs respectifs.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Julian Barbière (j.barbiere(at)unesco.org)




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