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11.10.2016 - Education Sector

Le lauréat d’un prix UNESCO d'éducation apporte un changement durable dans les zones les plus reculées du Cameroun

© CCREAD

Une organisation qui se consacre à l’éducation en vue du développement durable et qui œuvre pour communiquer avec les populations marginalisées des zones les plus reculées du Cameroun est l’un des lauréats 2016 du Prix UNESCO-Japon d’éducation en vue du développement durable (EDD).

Le Centre pour la régénération et le développement communautaire (CCREAD) est une organisation de développement conduite par des jeunes qui permet aux enfants, aux jeunes, aux femmes et aux populations autochtones de gérer des projets respectueux de l’environnement qui atténuent la pauvreté.

Le Directeur exécutif Hilary Ngide a déclaré : “Nous travaillons dans des zones très reculées, loin des grandes villes, et nous sommes confrontés à de multiples défis. Beaucoup de personnes avec qui nous travaillons sont analphabètes et ne recevront aucune éducation, ou alors la plus fondamentale. Ce sont des chasseurs qui vivent dans des communautés forestières et qui, du fait de l’absence d’emplois, sont amenés à exploiter la nature et tuer des animaux sans discrimination.

« Les personnes avec qui nous travaillons sont pour la plupart des paysans. Ils sont organisés en systèmes traditionnels de gouvernance et notre premier défi consiste souvent à trouver un point d'entrée. Nous essayons de vivre avec ces communautés, d’avoir une présence et d’engager le dialogue avec les gens pour progresser ensuite. Pour aller plus loin, il faut que les chefs de groupe soient issus de ces communautés et nous devons travailler dans le cadre de structures traditionnelles pour mobiliser les gens. »

Concrètement, le CCREAD s’emploie à élargir les sources d'emploi et de nutrition et à garantir qu’elles ne soient pas préjudiciables à l'environnement.

« Nous faisons la promotion d’une agriculture et d’une agroforesterie durables. Nous essayons de les détacher de la forêt pour les attirer vers d'autres moyens de subsistance durables tels que l’élevage de bovins, de porcs et de volailles. »

Donner la voix aux femmes

Le projet prend soin d'inclure les femmes dans tous les aspects de son travail.

« Dans la plupart des communautés que nous visitons, les femmes n'ont pas voix au chapitre. Selon la coutume et la tradition, elles ne bénéficient pas de chances égales ; elles n'ont pas le droit de s’associer ou de prendre la parole pendant les réunions. Nous nous efforçons de faire en sorte, artificiellement, de les rendre autonomes afin qu’elles n’aient pas d’autres solutions que d’être mises en avant. »

M. Ngide a indiqué que le prix allait leur permettre d’atténuer l’un de leurs défis logistiques les plus importants, qui a été d’atteindre initialement ces communautés.

« Déjà pour arriver là où nous voulions, il a été nécessaire de résoudre le problème du transport. Il était très difficile pour nos bénévoles d'accéder aux écoles et aux populations. Heureusement, c'est un défi qui est maintenant derrière nous. »

Le prix va aussi les aider à consolider leurs activités et à partager leur expérience avec d'autres régions du pays et du monde.

« Comme nous travaillons dans des régions si éloignées, beaucoup de gens ne savent rien de notre travail. Nous ne sommes pas suffisamment représentés. Avec un peu de chance, ce prix nous fera mieux connaître. »

L'organisation attribue une part de son succès au fait qu'elle est gérée en grande partie par des jeunes.

« Il y a au Cameroun une population jeune très dynamique, mais qui pâtit de l'insécurité économique et sociale et qui, bien souvent, n’a pas la chance de pouvoir évoluer. Par exemple, ceux qui ont des idées d’entreprises se trouvent confrontés à d’énormes défis pour les mettre en œuvre. Nous travaillons dans dix régions avec des jeunes qui essaient d’avoir un impact maximum avec peu de ressources. »

Financé par le gouvernement du Japon, le Prix se compose d’une récompense annuelle de 50 000 dollars E-U remis à chacun des trois lauréats pour honorer des projets reconnaissant le rôle de l’éducation dans le rapprochement des dimensions du développement durable : sociale, économique, culturelle et environnementale.

Outre le CCREAD, les prix ont été attribués cette année à l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni pour son projet Green Impact et à la Commission Okayama pour la promotion de l’EDD. La Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova remettra ces prix aux lauréats lors d’une cérémonie qui se tiendra le 11 octobre 2016 au Siège de l’UNESCO à Paris.

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