» Intégration de projets de l'UNESCO au nouveau plan d'intervention de l'ONU face aux inondations au Pakistan
21.09.2010 - UNESCOPRESS

Intégration de projets de l'UNESCO au nouveau plan d'intervention de l'ONU face aux inondations au Pakistan

Huit projets proposés par l'UNESCO ont été intégrés au nouveau plan d'intervention de l'ONU face aux inondations au Pakistan lancé le 17 septembre à New York pour aider le pays ravagé par les inondations à se relever.

Ces initiatives ont été présentées par la Directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova lors d'une réunion d'information organisée le 16 septembre à Paris. Ces projets, qui seront mis en place pendant la phase de relèvement précoce qui aura lieu dans les douze prochains mois pour un coût de 11,2 millions de dollars, concernent aussi bien la mise à jour du système d'alerte rapide aux inondations du Pakistan que la localisation de sources d'eau potable salubre, la reprise de l'éducation dans les régions dévastées par les inondations, la création d'emplois liés à la conservation des sites du patrimoine et la mise en place de radios communautaires mobiles destinées aux communautés déplacées.

            « Ces activités prioritaires, qui nécessitent désormais une mobilisation de fonds, sont le fruit d'un engagement extrêmement constructif et étroit entre l'UNESCO et le gouvernement pakistanais, la société civile, l'équipe de pays des Nations Unies, la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique et d'autres partenaires », a expliqué Irina Bokova.

            La Directrice générale a ajouté que ces activités « [représentaient] l'étendue des mandats et des compétences de l'UNESCO dans les domaines de la gestion de post-crise et de la lutte contre les risques de catastrophes en matière d'éducation, de science, de culture et de communication. L'approbation de ces projets par le Bureau de la coordination pour les affaires humanitaires montre clairement que l'UNESCO peut apporter une contribution unique dans ce domaine. »

            Les projets de l'UNESCO « renforceront les capacités du Pakistan à prévoir et atténuer les risques de catastrophes naturelles à l'avenir. Nous pensons qu'il s'agit d'un aspect extrêmement important de notre activité », a souligné Mme Bokova, rappelant qu'elle avait été témoin de l'ampleur de la dévastation lors de sa mission au Pakistan le 31 août.

            Alors que le système éducatif pakistanais a été durement touché avec la destruction de plus de 10 000 écoles, la proposition de 5,7 millions de dollars faite par l'UNESCO permettra d'engager une stratégie de reconstruction holistique et intégratrice. Cette proposition, qui se fonde sur des programmes déjà en place, comprend l’enseignement informel et secondaire, qui s'adresse particulièrement aux femmes et aux jeunes filles, ainsi que la planification et la gestion de l'éducation d'urgence. Pour promouvoir l'alphabétisation, les aptitudes à la vie quotidienne et la génération de revenus, l'UNESCO a déjà renforcé 100 centres de formation et d'alphabétisation pour adultes dans les régions touchées par les inondations, de la province de Sindh au sud du pays à la province de Khyber Pakhtunkhwa (KP) au nord.

            Le secteur des sciences de l'UNESCO a été mis à contribution dès les premières étapes d'intervention. Suite à la visite d'une mission scientifique multidisciplinaire fin août, une stratégie globale a été développée avec les principales autorités scientifiques pakistanaises. Elle portera sur quatre grands domaines : la prévention et la gestion des risques d'inondations, la cartographie et l'évaluation des risques géographiques (les glissements de terrain, par exemple), la cartographie, le développement et la protection des ressources d'eau souterraine pouvant être utilisées dans les situations d'urgence et enfin l'éducation, notamment la formation technique et la sensibilisation des communautés et des décideurs. L'UNESCO a intégré au nouveau plan trois propositions, d’un total de 3,6 millions d'euros, qui concernent la rénovation des systèmes d'alerte précoce aux inondations endommagés, l'identification des risques de glissements de terrain dans les zones de déplacement et la localisation de ressources d'eau potable salubre.

            Début octobre, le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO enverra une mission d'experts au Pakistan et travaillera en étroite collaboration avec une équipe du secteur des sciences afin de coordonner la préservation des sites du patrimoine mondial de Moenjodaro et Thatta. Un autre projet a également été lancé. Il vise à fournir aux victimes des inondations, en particulier aux femmes, de nouvelles sources de revenu pour compenser l'interruption des activités agricoles, en s'appuyant sur la formation en artisanat traditionnel et préservation du patrimoine.

            Enfin, l'UNESCO met en place des radios communautaires mobiles destinées à fournir des informations permettant de sauver des vies à une population estimée à 8,6 millions de personnes dans douze provinces touchées par les inondations. L'UNESCO produira des programmes spéciaux, notamment des émissions à ligne ouverte et des mini-feuilletons, afin de promouvoir le bien-être psychologique et la reconstruction des moyens de subsistance dans 20 districts. Outre la recréation de liens au sein des communautés déplacées, les projets de radio mobile offriront des opportunités de formation aux jeunes.

            La réduction du risque de catastrophe est généralement, et malheureusement, un domaine qui souffre d'un manque de financement, a souligné Irina Bokova. « Les dépenses internationales allouées à la préparation aux catastrophes naturelles sont actuellement estimées à environ 4 % des 11 milliards de dollars mobilisés chaque année pour l'aide humanitaire au sein de l'ONU et de la communauté internationale en réaction à de telles situations de catastrophes naturelles, a-t-elle déclaré. A chaque fois que les donateurs et les gouvernements ont financé des mesures de réduction du risque de catastrophe, nous avons constaté que ces investissements pouvaient sauver bien plus de vies et réduire de manière considérable les dommages. Il n'est pas exagéré d'affirmer que chaque dollar dépensé dans la prévention peut permettre une économie de dix dollars sur les efforts de relèvement. »

            « Nous avons réagi rapidement. Nous avons mobilisé notre expertise. Nous sommes désormais prêts à agir », a conclu Irina Bokova.

 

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