» Des experts scientifiques de l'UNESCO explorent les droits des robots
15.09.2016 - Secteur des sciences sociales et humaines

Des experts scientifiques de l'UNESCO explorent les droits des robots

© Shutterstock.com / Willyam Bradberry

Un panel d'experts en éthique des sciences et des technologies a commencé à explorer la possibilité que les robots pourraient devenir des « machines morales » avec des droits légaux potentiels s’ils développent la capacité de ressentir des émotions et de distinguer entre le bien et le mal.

« En attendant d’éventuels progrès dans ce domaine de recherche, on ne peut exclure la possibilité que des robots futurs acquièrent une sensibilité, des sentiments et, par voie de conséquence, un statut moral, » a déclaré un groupe de travail sur les nouvelles technologies de la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST), un organe consultatif scientifique de l'UNESCO, dans un avant-projet de rapport publié ce mois-ci.

Depuis que les premiers robots industriels ont été utilisés dans l'industrie automobile dans les années 1950, ils sont devenus une réalité dans la vie moderne. Les robots sont utilisés dans les usines, les zones de guerre, au niveau de la médecine, des soins pour les personnes âgées et le traitement des enfants atteints d'autisme. Popularisé par les romans de science-fiction, des films et la télévision, de La guerre des étoiles à Terminator, les robots sont de plus en plus visibles. Les experts spéculent même sur la possibilité que les humains pourraient en tomber amoureux ou avoir des relations sexuelles avec des robots.

Le « Projet préliminaire de rapport de la COMEST sur la robotique éthique » examine les questions éthiques liées à l'utilisation de robots autonomes et la façon dont les humains interagissent avec eux. Le développement rapide de robots extrêmement intelligents et autonomes conduira sans doute à remettre en cause la classification actuelle des êtres en fonction de leur statut moral, d’une façon similaire – ou peut-être même plus profonde – à ce qui s’est produit dans le cas des animaux non humains sous l’effet du mouvement pour la défense des droits des animaux, selon le rapport.

Le comportement d'un robot – même si celui-ci est très complexe, intelligent et autonome – est déterminé par les humains. Cependant, en supposant que les robots futurs sont susceptibles de devenir encore plus sophistiqués (peut-être jusqu’à pouvoir apprendre de leurs expériences passées et de se programmer eux-mêmes), la nature de leurs algorithmes – un ensemble d'instructions précises sur la façon dont le robot doit fonctionner – est susceptible de devenir une question qui mérite « une sérieuse attention et réflexion éthique, » a déclaré le rapport.

Tout en notant que la plupart des chercheurs travaillant sur les « machines morales » conviennent que les robots sont encore loin d'être des « agents moraux » comme des êtres humains, il y a des spéculations que les robots de l’avenir pourront reproduire des caractéristiques humaines comme le sens de l'humour.

L'opinion dominante sur les robots – grâce à la science-fiction – est que ce sont des machines qui ressemblent, pensent et se comportent comme des êtres humains. Cependant, les robots ne prennent pas nécessairement la forme humaine. Ils peuvent être des machines intelligentes qui effectuent des tâches mécaniques de routine, répétitives et dangereuses.

« L’autonomie des robots va sans doute s’accroître jusqu’au point où une réglementation éthique deviendra nécessaire et où il faudra  inscrire dans leurs programmation des codes éthiques spécifiquement conçus afin de prévenir les comportements dangereux pour les  êtres humains et l’environnement, » a déclaré le rapport.

Compte tenu de la complexité des robots contemporains, la question se pose de savoir qui exactement est responsable sur le plan éthique et/ou juridique dans l’éventualité où le dysfonctionnement d’un  robot serait cause de dommages pour des êtres humains, selon le rapport. La robotique demeure sous-réglementée aussi bien sur le plan éthique que juridique, sans doute parce qu’il s’agit d’un domaine de recherche assez nouveau, qui évolue rapidement et dont l’impact sur le monde réel est souvent difficile à anticiper.

« Le dysfonctionnement de certains robots sophistiqués actuels pourrait sans doute infliger des dommages importants à un très grand nombre d’êtres humains (par exemple, les robots militaires armés ou les voitures robotiques autonomes en cas de perte de contrôle), » dit le rapport. « La question, par conséquent, n’est pas seulement de savoir si les roboticiens devraient respecter  certaines normes éthiques mais aussi de déterminer si certaines normes éthiques devraient être inscrites dans la programmation même des robots. »

L'UNESCO promeut l’éthique des sciences à l'échelle mondiale : des sciences qui partagent les avantages des progrès pour tous, qui protègent la planète d’un effondrement écologique et qui crée une base solide pour une coopération pacifique.

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E-mail: ibc(at)unesco.org / comest(at)nesco.org




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