» L’UNESCO soutient le Pacte de paix pour des élections non-violentes au Ghana
07.12.2012 - Secteur des sciences sociales et humaines

L’UNESCO soutient le Pacte de paix pour des élections non-violentes au Ghana

© UNESCO Office in Accra

Dans le cadre de son action en faveur de l’engagement civique et de la participation des jeunes aux processus démocratiques en Afrique, le Secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO a soutenu un évènement historique, au Ghana, pour que les élections présidentielles du 7 décembre 2012 se déroulent dans un climat de paix.

Réunis à Kumasi, au Ghana, le mardi 27 novembre 2012, les 8 candidats à la présidence du Ghana ont signé une déclaration commune s’engageant à la tenue d‘élections pacifiques et non-violentes pour les prochaines élections présidentielles, prévues le 7  décembre 2012.

Cet évènement singulier promet d’avoir de profondes répercussions pour la démocratie au Ghana et plus particulièrement pour les élections de 2012, qui sont les sixièmes à être organisées depuis que le pays est devenu une démocratie multipartite en 1992.

Alors que les enjeux demeurent très élevés et la compétition tout aussi intense, l’engagement des leaders politiques pour la paix et la non-violence de ces élections illustre le fait qu’aucun d’entre eux  n’est déterminé à « gagner à tout prix ». Une démarche exemplaire dans une région où  les élections demeurent encore trop souvent des évènements facteurs de division dans l’agenda politique.

Les candidats ayant participé à cet évènement de haut-niveau sont l’actuel Président et porte-drapeau du Congrès National Démocratique (NDC), John Dramani Mahama, ainsi que son principal adversaire, Nana Dankwa Akufo-Addo, chef du Nouveau Parti Patriotique (NPP).  Cette événementn prometteur  s’est tenu dans le Grand Hall de l’Université Kwame Nkrumah des Sciences et Technologies (KNUST), à Kumasi, en présence de Sa Majesté Otumfuo Osei Tutu II, également connue comme l’Asantehene, du Professeur Emmanuel Asante, Président du Conseil National de la Paix, du Professeur John S. Nabila, Président de la Chambre Nationale des Chefs, et des deux anciens Présidents du Ghana, Jerry John Rawlings et John Agyekum Kufuor.

Ce dernier concédait  n’avoir « jamais été témoin d’un évènement de cette nature », soulignant ainsi l’ampleur historique de cette importante étape vers la démocratie pour le Ghana.

La réunion de haut niveau tenue avec les candidats à la présidentielle de 2012 sous le thème,  « Promouvoir  des élections et une justice pacifiques : contre la violence électorale, l’impunité et l’injustice », a été organisée conjointement par le Palais Manhyia, résidence de l’Asantehene, et le Conseil National de la Paix, en collaboration avec l’Institut pour  la Gouvernance Démocratique (IDEG) et, entre autres soutien, l’appui à la fois financier et technique de l’UNESCO.

Le point culminant de cet événement fut donc la signature de la « Déclaration de Kumasi » par tous les candidats à la présidence qui se sont engagés à veiller à ce que les élections du 7 décembre se déroulent dans la paix et sans violence, lors d’une cérémonie présidée par le Juge en chef, l’Honorable Georgina  Woods, en présence de l’Asantehene, du Président du Conseil national de la Paix et du Président de la Chambre Nationale des Chefs.

Le soutien de l’UNESCO à cet événement  s’inscrit  dans le cadre de la Stratégie de l’Organisation pour la jeunesse africaine. Le lieu de la manifestation  un campus universitaire qui est le foyer de nombreux de jeunes qui participeront aux élections du 7 décembre -, n’avait ainsi pas été choisi au hasard. Cela n’a pas échappé au Vice-chancelier du KNUST, le Professeur William Otoo Ellis, qui a mis en lumière, dans son discours de bienvenue, le rôle crucial des jeunes Ghanéens dans les prochaines élections et souligné la nécessité pour les hommes politiques de montrer l’exemple.

En substance, bien que l’occasion en elle-même était destinée à offrir aux leaders politiques l’opportunité de s’adresser à un public plus large que les  jeunes - l’évènement ayant été diffusé en direct à la télévision et sur les ondes des radios de tout le pays -, il est évident que les principaux bénéficiaires étaient les jeunes Ghanéens, dont la plupart constituent ce segment vulnérable de la société qui pourrait facilement être manipulé par les politiciens pour s’engager dans une violence électorale, comme cela a récemment été le cas dans d’autres parties de l’Afrique.

L’engagement public des candidats à la présidence du Ghana pour des élections « pacifiques » et « non violentes », à travers la signature de la « Déclaration de Kumasi », est une nouvelle preuve de l’engagement du Gouvernement dans le renforcement de la démocratie, ce qui aura certainement des répercussions sur les autres parties du continent.

Dans une région où les élections multipartites deviennent la règle, le défi  reste de savoir comment éviter que le processus électoral ne soit entaché de violence avant, pendant, et après le scrutin. Le fait que les leaders politiques du Ghana aient pris l’initiative d’affirmer leur engagement pour un scrutin pacifique ne visait pas seulement à décourager les partisans excessivement zélés qui veulent s’engager dans la violence, mais surtout à renforcer la maturation démocratique du pays. Afin de s’en assurer, la Charte Africaine sur la Démocratie, les Élections et la Gouvernance, déjà signée par le Ghana, est clairement étayée par les principes de « coexistence pacifique » et de « non-violence » de la part des acteurs politiques.Les faits  démontrent cependant qu’atteindre ces principes demeure un défi considérable surtout lorsque des élections sont en jeu. La « Déclaration de Kumasi » pourrait très bien, à cet égard, inspirer d’autres pays dans la consolidation de leurs démocraties naissantes.

Pour finir, l’évènement illustre le pouvoir mobilisateur de la culture et de l’autorité traditionnelle dans le développement national. Avec l’Asanthene comme co-organisateur d’un évènement d’une telle importance qui a réuni  toute la direction traditionnelle du pays, à savoir  la Chambre Nationale des Chefs et les leaders religieux, ainsi que la direction de quasiment  toutes les institutions démocratiques de l’État, y compris le Juge en Chef et les forces de sécurité,  l’autorité traditionnelle a démontré sa capacité à contribuer constructivement au développement  démocratique d’un état moderne. Cela s’avérerait également être une bonne pratique dont les autres Etats d’Afrique pourraient s’inspirer à l’avenir.

De fait, l’impact de la « Déclaration de Kumasi » va bien au-delà de la seule question du Ghana, et montre comment, en pratique, la contribution de l’UNESCO au programme de paix mondiale peut engendrer des résultats importants à partir d’une intervention unique au niveau national.

En effet, il est à noter qu’en 2012, l’UNESCO a apporté un soutien similaire à des organisations de la société civile en Afrique,  travaillant ainsi à la promotion d’une participation pacifique et constructive de la jeunesse, en particulier dans les politiques électorales et la gouvernance démocratique.

A travers chaque programme d’intervention, dont la plupart ont d’importantes implications régionales, l’UNESCO poursuit ainsi son mandat originel énoncé dans le Préambule de la Constitution de l’Organisation : « Les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».

Abdul Rahman Lamin
Bureau de l’UNESCO à Accra




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